France : 102 lycéens en garde à vue, convoqués devant les tribunaux ou le juge pour enfant !

logo POID JRCommuniqué – 25 mai 2018

picto pdf petit102 lycéens arrêtés – dont des dizaines de mineurs –, placés en garde à vue prolongée pendant quarante-huit heures, sans que leurs parents sachent où ils se trouvaient. Ils sont aujourd’hui convoqués devant les tribunaux (et devant le juge pour enfants pour les mineurs) et menacés de lourdes amendes et de peines de travaux d’intérêt général.

De quel pays parlons-nous ?

De la France de Monsieur Macron.

C’est en haut-lieu que tout a été décidé. Le ministre de l’Intérieur, Collomb, s’est justifié ainsi : « parmi les gens qui commettent des actes violents, vous avez aussi des mineurs, donc à partir de là les forces de police font respecter la loi ». A l’inverse du ministre, indique l’une des lycéennes gardées à vue, « même les policiers étaient étonnés que l’on soit placés en garde à vue, et encore plus que l’on soit mis en examen ».

Mais quel « crime » ont-ils donc commis, ces jeunes de 15, 16 ou 18 ans ?

Le « crime » dont on les accuse, c’est d’avoir tenté d’occuper le lycée Arago à Paris le 22 mai.

Le « crime » dont on les accuse, c’est d’avoir protesté, comme des centaines de milliers de lycéens, de parents et d’enseignants dans tout le pays, contre le scandale « Parcoursup ».

C’est-à-dire le dispositif de sélection à l’entrée à l’université découlant de la loi « Orientation et réussite des étudiants » (ORE), qui prive aujourd’hui des centaines de milliers d’élèves de terminale du droit à l’inscription dans l’université, la formation et la filière de leur choix.

Le Parti ouvrier indépendant démocratique (POID) et Jeunesse Révolution (JR) condamnent avec la plus grande fermeté l’arrestation, la mise en garde à vue et les poursuites contre les 102 lycéens.

« On a voulu faire de nous un exemple », disent les lycéens arrêtés. Ils ont raison. Utilisant une loi adoptée par le gouvernement Sarkozy-Fillon en 2010, sur l’intrusion des « bandes » dans les établissements, ne respectant pas les droits légaux des gardés à vue – y compris des mineurs – de pouvoir prévenir leurs proches, les autorités cherchent à terroriser la jeunesse pour imposer la sélection.

Macron et son gouvernement piétinent les libertés démocratiques les plus élémentaires. Ils cassent un à un tous les droits ouvriers et démocratiques arrachés par nos anciens et veulent livrer la jeunesse au désespoir et à la misère.

C’est tout le mouvement ouvrier qui est concerné !

Il y a urgence !

Le POID et JR appellent à l’unité des jeunes, des travailleurs et de toutes les organisations ouvrières et démocratiques pour imposer

  • l’abandon de toutes les poursuites contre les jeunes
  • l’abrogation de Parcoursup-ORE
  • la libre inscription de chaque bachelier dans l’université, la formation et la filière de son choix !

Pour tout contact :

poidemocratique@orange.fr ;  jeunesserevolution2016@gmail.com

Résultats de Parcoursup : plus de la moitié des lycéens sans affectation !

logo POID carré 38x38logo JR

picto pdf petit

Communiqué

Résultats de Parcoursup :

un véritable scandale !

Les résultats de Parcoursup sont tombés le 22 mai, au soir. Plus de la moitié des lycéens (400000 à 500000) n’ont pas d’affectation. Leurs demandes sont soit refusées, soit « en attente ».

Alors que ces lycéens s’apprêtent à passer les épreuves du bac, tout est fait pour les décourager et les désespérer.

Des lycéens témoignent :

Libération publie le témoignage de Salem, 17 ans, en terminale ES au lycée Jean-Dautet, à La Rochelle :
« Sur dix vœux, j’ai sept refus et on m’a mis sur liste d’attente pour les trois autres vœux dans des universités. J’avais demandé des DUT d’informatique et de techniques de commercialisation. Et l’université, en droit et en informatique.

Être sur liste d’attente pour des facs, c’est quand même affolant. Je ne suis pas un élève très mauvais, ni très bon, je suis un élève moyen qui donne de lui-même, ma moyenne générale tourne autour de 10-12. J’ai de bonnes notes en maths et mes appréciations sont bonnes. J’ai juste raté un trimestre sur deux ans (…).

Je m’étais dit que j’allais être accepté au moins dans une université sans difficulté. J’espérais même avoir une chance d’être sur liste d’attente pour les DUT, même si je ne suis pas prioritaire pour ces formations. Là, c’est un “non” catégorique (…).

Je n’ai pas encore annoncé la nouvelle à mes parents. Ils vont percevoir ça comme un échec scolaire et j’ai peur qu’ils soient déçus. On se projette dans le futur, et quand on n’a rien, le retour à la réalité est plutôt désagréable. Je garde l’espoir de remonter dans la liste d’attente et d’être accepté dans une des universités.

Beaucoup ont demandé des facs en roue de secours, donc des places vont se libérer, mais ça m’énerve de savoir que, même si je suis accepté, c’est par défaut. J’ai vu qu’on pouvait voir sa place sur les listes d’attente. Pour la fac de droit, je suis 598e sur 1 040 (pour 300 places), pour celle d’informatique 355e sur 532 (pour 140 places disponibles) et la troisième en informatique à Pau 236e sur 251 (pour 30 places disponibles).

Cela donne une idée, mais finalement, ça m’inquiète encore plus. Le système est d’autant plus pervers que les réponses arrivent avant le bac. J’ai déjà un ami qui m’a dit que ça le décourageait. Ceux qui ont été acceptés, ça les motive, bien sûr, à décrocher le diplôme, mais quand on essuie des refus, qu’on est en attente, c’est plutôt l’inverse. Ça perturbe également nos révisions. Je trouve ça complètement ridicule de regarder sans cesse sur Parcoursup pour voir si on a gagné des places ou non. Certains ont envie de réviser, de se débarrasser de ça et d’avoir l’esprit tranquille. En plus, c’est contraignant, si on est accepté, mais qu’on n’a pas validé notre choix [dans les 7 jours, ndlr], on peut se retrouver sans rien. Du coup, on va être obligé de regarder tous les jours.

Le plus angoissant est de se dire : “Si je n’ai rien à la fin de la semaine, qu’est-ce que je fais l’an prochain ?” Je sais qu’on peut avoir des réponses jusqu’en septembre, mais c’est angoissant. J’aimerais passer un été tranquille. »


Témoignage d’une élève de terminale S dans un lycée parisien :

« Ce soir, en plein milieu d’une semaine pendant laquelle se déroulent des épreuves du bac ; ce soir, à 18 heures, lorsque le lycée est fermé, des résultats de Parcoursup sont publiés ; je suis seule chez moi, face à mon téléphone, et je vois le terme “refusée” pour cinq de mes vœux. Immense déception. Je ne vais être prise nulle part. Je ne suis même pas acceptée dans la classe préparatoire classée avant-dernière de Paris.

Je commence à recevoir des messages de mes copains de classe. Même chose : de très nombreux refus, même chez les quatre élèves qui me précèdent dans le classement de tête. Et des incompréhensions monumentales : refusée dans une classe préparatoire très mal classée, je suis en attente, donc susceptible d’être prise dans une classe préparatoire mieux classée !!!

Et puis, j’apprends ensuite, par des copains, que l’on peut connaître son classement. Alors le fou rire ironique s’installe dans la famille : j’apprends que je suis classée 3601e sur 11 203, sur la liste d’attente. Et je peux consulter pour chacun des vœux où je suis en attente mon classement.

J’échange des SMS avec mes copains. On ne comprend rien, et les résultats apparaissent très injustes et aléatoires, dans toutes les filières, même dans les filières sélectives.
Par quoi a-t-on remplacé le tirage au sort, qui a eu lieu une année ? Par un algorithme encore plus absurde ?

Après la déception, l’ironie, viennent les pleurs. Je ne vais être prise nulle part. Je voulais faire médecine, et je ne vais pas être prise. Mes choix ciblaient trois secteurs. Dans l’un, j’ai déjà toutes mes réponses : que des refus. Dans le deuxième, des attentes en étant mal placée. Dans le troisième, un peu pareil.

Je pleure. Je ne vais être prise nulle part. Je suis pourtant classée entre 1re et 5e dans toutes les matières de ma terminale S. Même chose pour tous mes copains, y compris les meilleurs. Après une année, des années de travail acharné, je me sens trahie et en colère. Et ce qui s’annonce m’apparaît encore pire et révoltant. Abasourdie et impuissante face à un système inhumain. »

Inacceptable !
Dans l’unité, lycéens, enseignants, parents et organisations

exigeons le retrait de Parcoursup et de la loi ORE
et l’affectation de tous les lycéens
dans l’université et la filière de leur choix !

Pour tout contact :
POID – poidemocratique@orange.fr JR – jeunesserevolution2016@gmail.com

pdf