Tous accusent le gouvernement !

Lors du rassemblement du 3 octobre à Bobigny après le suicide de Christine Renon, directrice d’école.

Plus de 60 % des instituteurs de Seine-Saint-Denis ont répondu à l’appel des syndicats à la grève, à la suite du suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin (Seine-Saint-Denis), le 21 septembre dernier. Dans sa lettre, elle met en cause les responsables de cette situation, ceux qui, depuis des décennies, mettent en œuvre une politique de démantèlement de l’école publique. 

Le 3 octobre, ils étaient plus de 3 000, dans une forêt de drapeaux syndicaux, rassemblés devant la direction des services départementaux de l’Education à Bobigny, pour faire part de leur émotion mais aussi crier leur colère et leur indignation, accusant les gouvernements successifs qui saccagent l’école avec leurs contre-réformes.

Dans la nuit du 25 au 26 septembre, un incendie détruit l’usine chimique Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime). L’entreprise est classée « Seveso seuil haut » (risques d’accident à forte dangerosité). Un immense nuage de suie se répand, en souillant tous les alentours. Pour la population, c’est l’angoisse et la colère.

Les habitants accusent les gouvernements successifs qui ont déréglementé le droit environnemental. En 2009, l’État a réduit les règles de contrôle sur les installations classées en créant le régime de « l’enregistrement », qui n’oblige plus les entreprises à conduire des études d’impact avant le lancement de certaines activités. Un décret du 13 avril 2010 a fait augmenter de 50 000 à 300 000 m3 le seuil en dessous duquel les entrepôts ne sont pas soumis à autorisation. Puis, Macron et sa loi de simplification administrative ont permis aux sites Seveso d’étendre leurs capacités de stockage.

A propos de la réforme des retraites, Macron a déclaré, le 3 octobre à Rodez (Aveyron) : « Le régime doit toujours être équilibré (…) » ; « Ça veut dire que, si le conseil d’orientation des retraites (COR) nous dit : il manque 8-10 milliards, on devra dire : il faut travailler un peu plus longtemps, ça, c’est tout à fait vrai. » 

Le versement de la pension ne découlerait plus de droits acquis, mais d’une enveloppe financière déterminée par le gouvernement en fonction de la « règle d’or d’équilibre du système ». Cette « règle d’or » est définie par l’article 3 du traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), qui stipule que « la situation budgétaire des administrations publiques doit être en équilibre ou en excédent ». Elle est à l’origine de toutes les mesures d’austérité. Pour Macron et Delevoye, l’enveloppe ne devrait pas dépasser 14 % du produit intérieur brut (PIB).

Les travailleurs accusent les gouvernements successifs qui n’ont cessé de remettre en cause le système de retraite par répartition. 

Seule une grève générale bloquant l’économie du pays contraindra le pouvoir à reculer. L’enjeu, c’est le retrait du plan Macron-Delevoye sur les retraites, mais aussi le retrait de toutes les contre-réformes anti-ouvrières et antidémocratiques qui frappent la classe ouvrière, la jeunesse et la démocratie. 

Lire les informations concernant toutes ces questions dans La Tribune des travailleurs.

Réforme des retraites Ils abattent leurs cartes

A la une de la Tribune des travailleurs du 25 septembre 2019

Depuis des mois, le gouvernement Macron-Philippe-Delevoye concocte sa réforme des retraites.

Il s’agit d’en finir avec les 42 régimes spéciaux et de mettre en place un système « universel » par points pour remettre en cause l’ensemble des droits collectifs.

Chaque jour, de nouvelles annonces montrent à quel point ce nouveau système est une entre- prise de liquidation de tout ce qui existe actuellement :

• La pension de réversion versée au conjoint survivant jusqu’à présent à partir de 55 ans ne serait plus versée qu’à partir de 62 ans (L’Opinion, 17 septembre 2019).

• Alors que Delevoye assure que 10 euros cotisés donneront un point qui rapportera 0,55 euros de retraite, des experts prouvent, chiffres à l’appui, que le rendement réel sera de 4,95 % et non de 5,5 % (groupe d’experts de l’Institut de la protection sociale, IPS).

• Il faudra allonger de deux ans l’âge moyen de départ à la retraite, qui devra passer de 63 à 65 ans, soit par relèvement de l’âge minimum, soit par l’instau- ration d’un âge pivot, soit par un allongement de la durée de cotisation (Jean Peyrelevade, ancien directeur de cabinet ministériel, Les Echos, 11 septembre).

C’est contre ces mesures et contre l’ensemble de la réforme des retraites du gouvernement que se mobilisent des centaines de milliers de travailleurs, en faisant grève et manifestant, les 13, 16, 19, 21 et 24 septembre.

Au centre de toutes les discussions, dans les entreprises, dans les manifestations : « Comment y arriver ? Il faut s’y mettre tous ensemble. On y travaille. »

Tel est l’objectif de la rencontre nationale des comités pour l’unité pour le retrait de la réforme des retraites du 12 octobre : combattre pour l’unité à tous les niveaux pour la grève générale pour le retrait de la réforme Macron-Delevoye, salariés du public ou du privé, syndiqués, non syndiqués.

Grève des urgences « Réponse » de Buzyn : dehors, les malades !

Depuis des mois, les personnels des services des urgences – et avec eux de nombreux autres services des hôpitaux – font grève pour obtenir des postes et des moyens.

Ils veulent pouvoir accueillir les malades dans de bonnes conditions et les soigner.

Le 2 septembre, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a rendu publiques ses propositions. 

Concernant les urgences, elle a trouvé la solution pour résoudre le manque de lits et de personnels : restreindre l’accès des patients à l’hôpital pour « désengorger les urgences ».

Comment ?

En filtrant l’accès aux urgences

Il serait imposé aux médecins urgentistes affectés aux centres d’appel des secours (le 15) de diriger un grand nombre de patients vers un cabinet de ville ou une maison de santé (secteur privé). 

En organisant des consultations par vidéo des personnes âgées et en les excluant des urgences

Un système de « vidéo-assistance », relié au centre de régulation médicale des Samu, serait installé dans tous les Ehpad. Si une personne âgée est victime d’un grave problème de santé, les médecins régulateurs devront décider à distance, par vidéo, si la personne devra être hospitalisée ou non. 

De plus, les personnes âgées ne seraient plus dirigées vers les urgences, mais vers les services hospitaliers dédiés à leur prise en charge. Quand on sait que la majorité des hôpitaux ne disposent pas de tels services, cela signifie que ce gouvernement fait le choix de priver des milliers de personnes âgées de soins. 

En remettant en cause les responsabilités médicales

Il s’agit de transférer aux infirmier(e)s un nombre de plus en plus important de pratiques médicales qui relevaient jusqu’à présent des compétences des médecins. Face à la pénurie de médecins de toutes spécialités, méticuleusement organisée depuis les années 1970 par tous les gouvernements, la ministre entend développer le transfert des compétences des médecins aux infirmier(e)s. 

Transférer aux infirmier(e)s une partie de ces fonctions, c’est leur faire prendre de lourdes responsabilités et mettre en danger les patients. 

Ces mesures sont inacceptables !

Le plan Buzyn doit être retiré !

Lisez toutes les informations concernant le plan Buzyn dans La Tribune des travailleurs.

Prenez contact avec le POID.

Il n’y a rien à négocier ! Le projet Macron-Delevoye
 de retraite par points doit être retiré ! – un tract du POID

Le 3 septembre, Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire chargé du dossier de la réforme des retraites, a annoncé son entrée au gouvernement.

Le ministre Jean-Paul Delevoye veut supprimer les 42 régimes de retraite actuels pour le remplacer par un régime universel par points.

Son projet de réforme va bien au-delà de toutes les attaques précédentes. Il s’agit d’effacer toute référence à des droits collectifs.

Comment ?

  • En supprimant les droits liés au statut
  • En supprimant la garantie du montant de la pension
  • En baissant brutalement le montant de la pension
  • En supprimant les trimestres supplémentaires et les majorations pour enfants
  • En supprimant le départ anticipé pour les métiers pénibles 
  • En diminuant le montant des pensions de réversion

Vous voulez en savoir plus ?

Vous voulez comprendre le contenu de ces mesures et leurs conséquences ?

Vous voulez connaître les propositions faites pour vous y opposer ?

Retrouvez toutes les informations à ce sujet
dans le 4-pages Spécial retraites publié dans La Tribune des travailleurs n° 204.

RENTRÉE SCOLAIRE Le ministre Blanquer veut mettre l’école en miettes

Blanquer vient de le confirmer : à la rentrée, il met en œuvre toutes ses contre-réformes, contre la volonté des enseignants et des lycéens et contre tout ce qui fonde l’école républicaine. Le droit pour la jeune génération, et en particulier les jeunes issus de la classe ouvrière, d’accéder à une instruction basée sur des programmes, des disciplines et des horaires nationaux,est piétiné. Ces mesures s’inscrivent dans le droit fil des attaques engagées par le gouvernement contre l’ensemble des droits des travailleurs.

Réforme du bac

Jusqu’ici, le bac était un examen national, de même valeur, qui conférait les mêmes droits à tous.

A la fin de l’année de terminale, le même jour, à la même heure, tous les élèves composaient sur les mêmes sujets. Ensuite, les copies, rendues anonymes, étaient mélangées entre différents lycées puis remises à des professeurs, eux-mêmes issus de plusieurs lycées, qui les corrigeaient selon un barème national.

La réforme supprime le caractère national des épreuves du bac. L’élève sera désormais évalué tout au long de l’année par ses professeurs habituels, et sur des sujets choisis par son établissement.

« Avoir le bac » n’aura plus la même valeur suivant que l’on vient d’un lycée de Paris ou d’une banlieue populaire.

Réforme du lycée

Jusqu’ici, la voie générale comportait trois séries : L (littéraire), ES (économique et social), et S (scientifique). Au sein d’une même classe, tous les élèves étaient de la même série, avec les mêmes matières, le même emploi du temps, les mêmes professeurs.

Désormais, les séries L, ES, S n’existent plus : les élèves suivent un même enseignement appelé « tronc commun » : français, histoire-géo, deux langues et EPS.

En outre, l’élève choisit trois autres matières (des « spécialités ») parmi douze. A lui de composer son « menu ». La notion de « groupe classe », si importante, disparaît de fait, tout comme la notion de conseil de classe.

En instaurant ce système de menus de trois spécialités à choisir parmi douze, la réforme crée un nombre quasiment infini de parcours possibles, rendant impossible leur évaluation sous forme d’épreuves nationales en fin de terminale.

Cette réforme sert donc à introduire le contrôle continu, à détruire le bac national, le même pour tous.

Pour mettre en œuvre ses réformes, le ministre prétend mettre en place des comités de suivi avec les organisations syndicales. Mais quel sens aurait la participation à de tels comités de suivi ? Amener les syndicats à mettre en œuvre les réformes, contre les élèves, les parents et les enseignants ?

Le seul mot d’ordre qui permette d’organiser la mobilisation, dans l’unité, est celui de retrait.

Retrait de la réforme du bac,
retrait de la réforme du lycée !

Pénurie de médicaments À qui profite le crime ?


En 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait recensé 868 ruptures d’approvisionnement. C’est trente fois plus qu’il y a dix ans. Plus de 1 200 traitements ou vaccins sont concernés : corticoïdes, anticancéreux, médicaments du système nerveux…

Et, à nouveau en 2019, la pénurie de médicaments, qui en met en danger des dizaines de milliers de patients (voir les témoignages ci-dessous), est de retour.

Selon le magazine économique américain Forbes, le marché du médicament est aujourd’hui le secteur le plus rentable au monde. En vingt ans, de 1999 à 2017, les 11 plus grandes multinationales pharmaceutiques ont enregistré 1 029 milliards d’euros de dividendes dont elles ont reversé 90 % (soit 925 milliards) à leurs actionnaires. 

Les causes de la pénurie de médicaments sont parfaitement identifiées : les multinationales utilisent tous les moyens possibles pour dégager le maximum de profits sur les médicaments. 

Elles délocalisent dans les pays à bas coût sans se soucier des conditions d’approvisionnement ou de la qualité des médicaments produits. Elles abandonnent la production de médicaments peu rentables et se concentrent sur ceux qui rapportent le plus. 

Cette pénurie est donc la conséquence d’une logique effroyable : à un bout de la chaîne, la pénurie de médicaments, à l’autre bout des profits monstrueux. 

Une logique du profit en contradiction avec ce qui a toujours été la logique de la recherche médicale : la volonté de faire reculer la maladie. 

Il faut en finir avec cette logique qui menace le droit aux soins ; et donc avec le système capitaliste qui ne vit que de cette soif de profits.

Et pour cela, il est urgent de rompre avec l’Union européenne et les gouvernements successifs qui se font les relais des exigences des marchés financiers. 

Témoignages

. Cancer : « A 62 ans, mon cancer de la vessie vient de récidiver. Je pensais redémarrer au plus vite la chimio mais cela a été plus compliqué. L’urologue a fini par lâcher : « Je n’ai pas d’Amécityne, je ne peux pas vous soigner. » (1)
. Maladie de Parkinson :  en septembre dernier, un laboratoire décidait de suspendre pour neuf mois la production d’un médicament pourtant officiellement classé d’un intérêt thérapeutique majeur, le Sinemet. Le mari d’une patiente s’indigne : « C’est insupportable. J’ai fait la tournée des pharmacies jusqu’à 35 kilomètres pour en trouver. Il ne nous reste plus que 5 semaines de stocks… après, c’est le flou. » (2)
. Epilepsie : le Di Hydan, médicament contre cette maladie est régulièrement indisponible. Les parents d’un jeune polyhandicapé racontent leur calvaire : « On vit dans la peur d’une pénurie de médicament pour notre fils épileptique. On a failli le perdre deux fois… » (3)

  1. Le JJD, le 18 août 2019.
  2. Le Parisien, 17 janvier 2019.
  3. Ibidem.

Prenez contact avec le POID

Macron-Delevoye veulent faire disparaître tous nos régimes de retraite


Macron-Delevoye veulent faire disparaître tous nos régimes de retraite

Jugez vous-mêmes !

Le 18 juillet, Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites, a remis son rapport au gouvernement. Il prévoit de faire voler en éclats tout notre système de retraite par répartition et de supprimer chacun des 42 régimes de retraite actuels.

Travailler toujours plus longtemps…

L’« âge du taux plein » serait allongé à 64 ans, et jusqu’à 66 ans et 3 mois pour les générations 1980 et 1990. Quant à « l’âge légal », il restera certes à 62 ans, mais soumis à une décote amputant lourdement la pension versée. 

…pour une retraite de plus en plus basse

Leur nouveau système universel par points supprimerait par exemple le calcul des pensions sur les 25 meilleures années dans le privé, ou les 6 derniers mois dans la fonction publique hospitalière. Fin des droits collectifs, mais un compte individuel de points acquis « chaque jour travaillé ». Qui fixera la valeur du point ? Le gouvernement lui-même, chaque année, en soumettant son financement à « une règle d’or d’équilibre du système », celle-là même imposée par les traités européens.

Le grand chambardement

Tous les acquis qui existaient encore sont attaqués en même temps : trimestres attribués aux mères de famille dénoncés comme « inutiles » par Delevoye, bonifications parentales remises en cause, pensions de réversion baissées, fin du départ anticipé pour les métiers les plus pénibles (infirmières, égoutiers…). Le gouvernement en profite même pour programmer un nouvel impôt de 3% des revenus des salariés.

Vous voulez en savoir plus ? Prenez connaissance de l’analyse de ce projet publié dans La Tribune des travailleurs.

Le gouvernement veut aller vite. Il veut passer son plan au Conseil des ministres à l’automne. Il voudrait intégrer les syndicats à sa rédaction.

Impossible de les laisser faire L’unité de tous, travailleurs du public et du privé, actifs et retraités, chômeurs, jeunes, doit se forger, avec les organisations, sur l’exigence commune : 

Retrait du plan Macron-Delevoye !