Le POID condamne les agressions contre la CGT et ses militants, le 1er mai à Paris

Le Parti ouvrier indépendant démocratique (POID) condamne les agressions survenues samedi 1er mai 2021 à Paris, lors de la dispersion de la manifestation à l’appel des organisations syndicales, contre la CGT et ses militants, dont 21 ont été blessés (4 dans un état grave).

Les faits sont connus. Comme l’indique le communiqué de la CGT : « Si, sur le parcours, une fois encore, le cortège a dû faire face à plusieurs interventions des forces de l’ordre totalement injustifiées, la manifestation a pu, tout de même, arriver à son terme. C’est à ce moment qu’un important groupe d’individus dont certains se revendiquant gilets jaunes, ont fait usage d’une extrême violence à l’encontre des manifestants. Insultes homophobes, sexistes, racistes, ont précédé des actes de vandalisation des véhicules des organisations, et, bien plus grave, la haine s’est exprimée par un déchainement de coups et de jets de projectiles. »

Le POID exprime sa solidarité avec la CGT, ses militants, et en particulier ceux qui ont été blessés par les attaques de nervis.

Le POID affirme qu’aujourd’hui comme hier, ceux qui s’en prennent au mouvement ouvrier sont les ennemis de la démocratie et les fourriers des pires régimes totalitaires.

Montreuil, le 3 mai 2021

Le manifeste du 1er-Mai du Parti ouvrier indépendant démocratique

1er mai drapeau POID

Camarades,

En ce 1er mai 2021, nous saluons les camarades du monde entier qui commémorent le sacrifice des travailleurs de Haymarket à Chicago, le 1er mai 1886.

Salut à vous, camarades d’Inde et d’Afrique du Sud, du Brésil et d’Allemagne, de Turquie, d’Algérie, de Chine et du monde entier. Salut à vous, nos frères et nos sœurs frappés depuis quinze mois non seulement par le virus du Covid-19, mais aussi (et surtout) par les gouvernements dont les politiques soumises à la loi du profit transforment la crise sanitaire en une dévastation sacrifiant des millions de vie.

Salut à vous, nos camarades qui, ces derniers mois, face à la pandémie et en dépit d’elle, êtes descendus dans les rues par millions de Bombay à Alger, de Beyrouth à Minneapolis.

Salut à vous qui, sans relâche, combattez pour la justice sociale.

En ce 1er-Mai, Journée internationale de lutte de la classe ouvrière, nous l’affirmons avec force : les travailleurs forment dans le monde entier une seule classe, femmes et hommes, quelles que soient les nationalités, les couleurs de peau, les cultures, les croyances, tous frappés par un régime capitaliste sans pitié, mais aussi tous unis dans un combat classe contre classe pour la démocratie et les droits, pour la loi de la majorité.
[Lire la suite sur le site de La Tribune des travailleurs, en cliquant ici.]

Communiqué commun de ENSEMBLE!, GDS, Generations, La France insoumise, NPA,PEPS, POiD, UCL.

7 avril 2021 (site FI)

Face aux mesures liberticides et à l’extrême droite, construisons un front des libertés le plus large possible

Il souffle un vent mauvais sur la France. L’idéologie de l’extrême droite, son vocabulaire, ses attaques discriminatoires et racistes, son obsession identitaire sont toujours plus relayés par le gouvernement et la droite. Le cours suivi par le gouvernement établit un climat dangereux, dans lequel certains groupes d’extrême droite se pensent autorisés à agir en toute impunité.

Cela se fait au moyen de lois liberticides et discriminatoires qui organisent une société de surveillance généralisée, de privation de liberté d’informer, de restrictions des libertés associatives.

À ces lois s’ajoutent des campagnes odieuses. C’est le cas de la chasse aux sorcières déclenchée par la ministre Frédérique Vidal dans les universités au nom d’un soi-disant islamo-gauchisme.

C’est pour réagir à ces attaques qu’en mars, nous avions lancé un premier appel.

Depuis, la situation n’a pas cessé de s’aggraver. Le syndicat UNEF a notamment été attaqué par plusieurs ministres au prétexte de groupes de paroles internes. La droite a réclamé sa dissolution sans que le gouvernement n’y trouve vraiment à redire.

Comme on pouvait s’y attendre, la majorité de droite du Sénat s’est engouffrée dans la brèche ouverte en durcissant encore les lois « sécurité globale » et « séparatisme ».

Dans ce climat, des groupuscules violents d’extrême droite transforment ces paroles en actes : des identitaires néonazis ont attaqué la librairie « La plume noire » à Lyon ; des militants d’Action Française ont pénétré dans l’hémicycle du Conseil régional d’Occitanie pour s’en prendre à des élus de gauche avec une banderole « islamo-gauchistes, traîtres à la France ».

Dans ce contexte, aucune organisation ne peut se croire à l’abri.

C’est la raison pour laquelle nous avions lancé un nouvel appel ce soir à toutes les organisations de gauche et écologiques afin de réagir et agir dans l’unité.

Malgré les invitations, EELV, le PCF et le PS n’ont pas voulu participer à ces échanges unitaires. Cette absence n’est pas à la hauteur de la situation.

Pour autant, notre objectif reste plus que jamais d’aider à la construction d’un front des libertés le plus large possible, pour la levée de toutes les mesures liberticides prises par le gouvernement. Nous appelons à toutes les initiatives proposées sur ce terrain par les associations et syndicats, dont le rassemblement ce jeudi de 12h à 14h devant le Sénat et les préfectures.

En conclusion, nous avons décidé de proposer de rencontrer ces associations, syndicats, collectifs dans le but d’une réunion large avant le mois de mai et en vue d’un printemps des libertés qui est toujours plus nécessaire.

Communiqué POiD A-t’on encore le droit de manifester dans ce pays ?

Ce 7 avril, le Collectif « Libérons Mumia ! » qui regroupe de nombreuses organisations politiques et syndicales, avait déposé une demande d’autorisation à la Préfecture de police de Paris, pour un rassemblement aux abords de l’ambassade des Etats-Unis à Paris (comme le collectif en organise un chaque mois depuis plus de vingt ans) car la vie de Mumia Abu-Jamal, militant noir américain emprisonné depuis 1982 et récemment contaminé au Covid, est en danger.

La veille au soir, le Collectif a été informé par la Préfecture que ce rassemblement « était interdit par décision du Préfet en raison de l’état d’urgence et des pouvoirs qui lui sont conférés », contraignant le Collectif à devoir annuler le rassemblement, auquel le POID avait appelé ses adhérents et sympathisants à participer.

Quelques jours auparavant, la Préfecture du Rhône avait interdit la manifestation convoquée le samedi 3 avril à Lyon, suite à l’agression de la librairie anarchiste La Plume noire par un commando d’extrême-droite le 20 mars dernier. La Préfecture invoquant cette fois « le contexte sanitaire » et « des risques de troubles graves et avérés à l’ordre public ».

Dans les deux cas, l’invocation du « contexte sanitaire » ne peut tromper personne, s’agissant de rassemblements sur la voie publique, alors que le gouvernement ne voit rien à redire au fait que chaque jour, des millions de salariés s’entassent dans les transports en commun bondés. L’Etat d’urgence sanitaire, promulgué le 23 mars 2020 et prolongé depuis, n’a rien à voir avec les mesures sanitaires indispensables que le gouvernement Macron a refusé de prendre, à commencer par l’ouverture massive de lits de réanimation sans déprogrammations.

A-t-on encore le droit de manifester dans ce pays? Quels seront les prochains rassemblements et manifestations interdits ? Le Parti ouvrier indépendant démocratique alerte : ces interdictions en annoncent d’autres. Quand les libertés démocratiques sont menacées, quel qu’en soit le prétexte, il revient au mouvement ouvrier et démocratique de faire front, dans l’unité la plus large, pour les faire respecter.

Montreuil, 7 avril 2021



POID, 67 avenue Faidherbe, 93 100 Montreuil poidemocratique@orange.fr

AU CHAOS ORGANISÉ PAR LE GOUVERNEMENT, OPPOSONS UNE POLITIQUE OUVRIÈRE !

Invitation au meeting organisé le 7 novembre 2020 par le Parti ouvrier indépendant démocratique

La classe ouvrière est une, sans distinction d’origine, de couleur de peau, de croyance religieuse ou de non-croyance. Nous, Parti ouvrier indépendant démocratique, reconnaissons comme principale ligne de clivage dans la société celle qui oppose les classes sociales aux intérêts contradictoires.

Ainsi, depuis huit mois, avec l’épidémie du Covid, le gouvernement a accordé 560 milliards d’euros aux capitalistes qui multiplient les plans de licenciements et dont les profits battent des records. À l’autre bout de la société, l’absence criante de lits dans les hôpitaux, de services de réanimation, de personnels soignants va de pair avec le refus de tout plan de rattrapage scolaire pour les jeunes et la généralisation du chômage partiel et des licenciements, conduisant à un appauvrissement considérable des travailleurs et de leurs familles.

De tous temps, la classe des exploiteurs et ses gouvernements ont cherché à camoufler la réalité de cette société divisée en classes, en y opposant :
– l’union nationale qui prétend que toute la nation partagerait les mêmes intérêts sans distinction de classes ;
– la division entre communautés (de religion, d’origine…).

À l’union nationale et à la division communautariste nous opposons l’unité de la classe ouvrière sans distinction d’origine, de religion et de non-religion, de couleur de peau. Pour le POID, la religion doit rester affaire privée.

À Conflans-Sainte-Honorine, la barbarie s’est déchaînée avec l’assassinat d’un enseignant et, à travers lui, la volonté d’instaurer la terreur contre l’instruction publique, la laïcité et la République fondée sur l’égalité des droits des citoyens. Qu’une idéologie totalitaire revendiquant une motivation religieuse inspire un acte barbare, ce n’est malheureusement pas la première fois – l’histoire en témoigne – que la religion sert de prétexte à des massacres et à la barbarie, et cela quelle que soit la religion, à commencer par celle qui est majoritaire en France depuis plus de quinze siècles.

Le bureau national approuve le communiqué publié samedi 17 octobre, dans lequel « Le Parti ouvrier indépendant démocratique condamne l’ignoble assassinat de Conflans-Sainte-Honorine ». A la barbarie nous opposons l’unité de la classe ouvrière, l’égalité des droits des citoyens dans la république laïque.

D’aucune manière les travailleurs ne peuvent défendre ces principes et leurs droits en se rangeant derrière Macron et son gouvernement, qui, comme tous leurs prédécesseurs, s’attaquent à la laïcité et aux droits des travailleurs et de la jeunesse. D’aucune manière les travailleurs ne peuvent se ranger derrière ceux qui, sous couvert de lutte contre « l’islamisme radical » veulent stigmatiser une partie du peuple travailleur et de la jeunesse en fonction de son appartenance réelle ou supposée à une religion.

La classe ouvrière doit unir ses rangs indépendamment des opinions religieuses ou non religieuses des uns et des autres. Pas question de suivre Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure et les autres dirigeants « de gauche » qui mardi dernier, à l’Assemblée nationale se sont prononcés pour l’union nationale derrière Macron, comme ils l’avaient déjà fait le 19 mars en votant les 343 milliards donnés aux capitalistes pour les renflouer.

Non, l’heure n’est pas à se ranger derrière Macron. Face à la barbarie, il n’est de meilleur rempart que le mouvement ouvrier indépendant, uni dans la défense des intérêts des travailleurs et de la démocratie. L’heure est à rompre avec Macron, dont chaque discours attise les tensions en stigmatisant une partie de la population. L’urgence c’est une politique de rupture ouvrière : ce ne sont pas les profits qu’il faut sauver, mais les emplois, la santé, l’instruction publique. C’est à cela qu’il faut consacrer les immenses moyens financiers dégagés depuis huit mois.

Cette politique ouvrière, nous en rendrons compte dans le meeting du Parti ouvrier indépendant démocratique le 7 novembre prochain.

Toutes et tous au meeting
le samedi 7 novembre 14h30 !

Espace Charenton, 327 rue de Charenton, 75012 Paris

Montreuil, le 24 octobre 2020

Le bureau national du POID

Le Parti ouvrier indépendant démocratique condamne l’ignoble assassinat de Conflans-Sainte-Honorine

Le Parti ouvrier indépendant démocratique condamne l’ignoble assassinat de Conflans-Sainte-Honorine.

Il salue la mémoire de l’enseignant mort pour avoir exercé sa mission d’instruction. Il adresse à sa famille et à ses proches ses sincères condoléances et les assure de sa solidarité.

Rien ne saurait justifier qu’un enseignant paie de sa vie la liberté pédagogique qui est la sienne d’enseigner les matières dont il a la responsabilité.

Ce nouveau pas franchi dans l’escalade de barbarie qui, depuis plusieurs années, frappe notre pays, suscite une large et légitime indignation. Des rassemblements spontanés ont eu lieu ce samedi 17 octobre. D’autres sont convoqués dans toute la France dimanche 18.

Les adhérents du Parti ouvrier indépendant démocratique participeront à ces rassemblements, répondant en particulier à l’appel de leurs organisations syndicales, conscients que le meilleur rempart de défense de la démocratie et des libertés, aujourd’hui comme hier, est celui dressé par le mouvement ouvrier.

Les adhérents du POID y participeront avec leurs collègues, travailleurs de toutes tendances et de toutes origines, avec les enseignants et les parents unis dans la défense des libertés et de la démocratie, unis contre la barbarie.

Ils n’y participeront pas aux côtés de Macron, Castex, Blanquer et autre Darmanin qui prétendent s’associer à cet hommage. Aucune union sacrée n’est possible avec Macron, dont le discours prononcé il y a une dizaine de jours à quelques kilomètres de Conflans Sainte Honorine, annonçait un projet de loi contre le prétendu séparatisme islamiste. Discours qui a contribué à attiser le climat de tension et de stigmatisation contre une partie de la population en fonction de ses origines et/ou de sa religion.

Aucune union sacrée avec Macron et Blanquer dont les contre-réformes et la politique de destruction des diplômes – dans la continuité des gouvernements précédents – ne cessent de saper l’unité de l’école publique et laïque, l’égalité des droits de la jeunesse devant l’instruction ! Aucune union sacrée avec Macron, Blanquer et autre Castex qui, s’appuyant sur le vote unanime du 19 mars à l’Assemblée nationale, déversent 560 milliards aux capitalistes qui licencient à tour de bras ; tandis que le pays s’apprête à subir une deuxième vague d’une pandémie catastrophique sans moyens supplémentaires et même avec moins de lits et de services de réanimation, puisque le gouvernement s’acharne à détruire les hôpitaux.

La défense de la démocratie, de la république et de la laïcité est inséparable de la reconquête d’une école et d’une république laïques garantissant des droits égaux à tous, et en particulier l’accès au diplôme et à la qualification pour tous les jeunes, quel que soit le quartier où ils vivent et quelle que soit leur origine. C’est la condition pour défendre réellement toutes les libertés : d’expression, d’enseignement, de croire ou de ne pas croire, de presse, d’organisation, de manifestation, d’action et de mobilisation.

Cela impose de combattre dans tous les domaines ceux qui portent une responsabilité écrasante dans la marche à la dislocation politique, sociale et économique du pays : Macron et son gouvernement.

Solidarité avec Danièle Obono !

(Communiqué) Le Parti ouvrier indépendant démocratique dénonce la provocation raciste contre Danièle Obono, députée de La France insoumise, mise en scène sous les traits d’une esclave à l’époque de la traite négrière par le magazine d’extrême droite Valeur actuelles.

Que, propriété du milliardaire Iskandar Safa, et titrant récemment : « Comment les syndicats sabotent l’économie ? », Valeurs actuelles vomisse sa haine raciste et anti-ouvrière n’étonnera personne.

Comme il ne fait nul doute que cette nouvelle provocation s’inscrit dans une campagne visant à couvrir les crimes racistes dans le monde entier.

Le POID, comme il l’a fait par le passé, exprime à Danièle Obono sa pleine solidarité contre ces attaques racistes.

Montreuil, le 31 août 2020


Appel du POID

En annonçant le début du déconfinement partiel le 11 mai prochain – en particulier la réouverture scolaire dans ces conditions –, Macron n’a pu dissimuler ses véritables motivations. Ce n’est pas l’amélioration de la situation sanitaire de la population qui guide cette décision mais l’exigence répétée du Medef et de la classe capitaliste : les profits ne peuvent attendre davantage, il faut rouvrir les entreprises, quels qu’en soient les risques pour les salariés, les enseignants, les enfants. 

Dans la nuit du 17 au 18 avril, Macron a fait voter, sa deuxième loi de finances rectificative : 410 milliards d’euros dont plus de 400 milliards destinés aux banques et aux entreprises. À quoi s’ajoute une fraction importante des 540 milliards d’euros d’aide aux banquiers et aux capitalistes votés la veille par le Parlement européen en accord avec la Banque centrale européenne (BCE). 

Après les ordonnances qui instaurent la possibilité de la semaine de 60heures de travail, les mesures se multiplient qui confisquent RTT et congés payés et condamnent un nombre croissant de travailleurs au chômage partiel, tandis que les licenciements se multiplient, et que la faim sévit dans les familles populaires et dans la jeunesse. 

Dans la nuit du 17 au 18avril, l’Assemblée nationale a donc adopté la loi des 410 milliards. Les députés de l’extrême droite de Mme Le Pen, Les Républicains, les macronistes et les députés du Parti socialiste ont à nouveau voté ensemble pour adopter cette loi. Ceux du Parti communiste français, qui avaient voté pour la première version de cette loi (19 mars) offrant 340 milliards aux capitalistes et aux banquiers, se sont cette fois abstenus, tandis que ceux de La France insoumise, qui, eux aussi, avaient voté pour la loi du 19 mars, ont cette fois voté contre. 

Depuis le vote unanime de l’Assemblée nationale le 19mars, et s’appuyant sur lui, Macron et son entourage multiplient les appels à l’union nationale. Mais dans tout le pays se multiplient les grèves et les mouvements de lutte de classe, exprimant la colère qui monte contre l’application des ordonnances, contre les licenciements, contre l’irresponsabilité d’un gouvernement incapable d’assurer une protection sérieuse contre la pandémie et qui s’engage d’une manière non maîtrisée dans cette prétendue reprise du 11 mai. 

On ne peut marier l’eau et le feu. L’union nationale appelée de ses vœux par Macron et son entourage (et toute une série de forces politiques) n’est qu’un paravent derrière lequel le gouvernement déchaîne une offensive débridée contre les travailleurs, leurs droits et la jeunesse, pour leur faire payer les conséquences de leur crise. 

À la proposition d’un gouvernement d’union nationale, le Parti communiste français a répondu en proposant la création « d’un comité d’urgence nationale » dont L’Humanité (1) précise qu’il devrait associer « forces politiques, syndicales et patronales». De son côté, La France insoumise rejette la formation d’un gouvernement d’union nationale mais se prononce pour « l’unité d’action indispensable pour combattre l’épidémie » avec Macron et son gouvernement (2). 

Il faut dire les choses clairement : les intérêts des exploités et des opprimés sont contradictoires avec toute forme d’union nationale ou d’unité d’action avec Macron et son gouvernement. 

C’est la réquisition qui est nécessaire. Les 410milliards doivent aller non pas aux banques mais au peuple travailleur, pour l’emploi, la santé, l’école. La réquisition des 410 milliards et des avoirs des banques permettra de financer l’annulation des dettes des travailleurs, de leur loyer et de leurs charges diverses. La réquisition des entreprises qui prétendent continuer à imposer l’exploitation pour dégager des profits permettra d’interdire les licenciements. 

À l’union nationale peut et doit s’opposer l’unité ouvrière, l’unité des travailleurs et des organisations pour que soient prises les mesures d’urgence qu’appelle la situation. 

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique se félicite de l’écho remporté par la campagne pour la réquisition des 410 milliards. Il se félicite du succès du meeting du 10avril (par visioconférence) convoqué sur ce mot d’ordre. Il se félicite de l’augmentation du nombre d’abonnés à La Tribune des travailleurs et de voir nombre de travailleurs, jeunes et militants rejoindre notre parti depuis le début de la période de confinement. Tous ressentent la nécessité de regrouper les forces pour le combat, de regrouper les forces pour la réquisition de tous les moyens nécessaires au service du peuple travailleur et pas des banques. Le bureau national appelle à renforcer ce déploiement en particulier autour de La Tribune des travailleurs et à assurer le succès du meeting international du 1er Mai. 

Adopté à l’unanimité par le bureau national du 18 avril 2020, 18 heures 

(1) L’Humanité, 16 avril.
(2) Blog de Jean-Luc Mélenchon, 10 avril. 

COMMUNIQUÉ DU POID Après l’allocution du 12 mars

Dans son allocution du 12 mars, le président de la République a rendu publiques des mesures destinées à faire face à une aggravation prochaine de l’épidémie de coronavirus, la plus spectaculaire étant la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités.

Il n’a en revanche apporté aucune réponse aux situations concrètes vécues par des millions de nos concitoyens. Il y a pénurie de masques, même pour les personnes reconnues atteintes de la maladie, même pour des soignants dans les hôpitaux et des personnels qui portent assistance aux malades. Il y a pénurie de tests. Il y a pénurie de lits et de services dans les hôpitaux et un manque criant de personnels soignants.

Fatalité ? Non : résultat de décennies d’étranglement de la santé publique et des hôpitaux, sacrifiés sur l’autel de l’austérité dictée par les traités européens et appliquée par tous les gouvernements, celui de Macron et de ses prédécesseurs.

De ce dénuement face à l’épidémie, et de ses conséquences possiblement dramatiques, ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé sont responsables et coupables.

Macron en a appelé à la « confiance ». Confiance ? Tout le monde sait que les chiffres sont manipulés, qui excluent des statistiques les malades atteints du coronavirus (ou leur conjoint) auxquels il est refusé de passer les tests, même quand ils présentent tous les symptômes de la maladie. Confiance dans ce régime de la Ve République ? Alors que des chercheurs ont révélé que leurs travaux engagés dès 2003 auraient permis d’identifier plus tôt les mécanismes du virus et donc de préparer les moyens de le combattre efficacement… Mais, austérité oblige, ces recherches ont été abandonnées. Confiance en Macron qui ose cyniquement faire l’éloge de notre système de santé, au moment même où sa contre-réforme des retraites démantèle la Sécurité sociale arrachée en 1945 par la mobilisation de millions de travailleurs ? Non, décidément : aucune confiance en ce gouvernement !

Macron en a appelé aussi à l’ « union sacrée », en raison du caractère exceptionnel de la situation.

Situation exceptionnelle ? Sans doute. Mais cet argument est bien utile quand il s’agit de remettre en cause, au nom du coronavirus, les statuts et les conditions de travail des personnels hospitaliers et des enseignants ou d’imposer le chômage partiel, voire la suppression des emplois ; bien utile aussi pour remettre en cause statuts et conventions collectives dans nombre d’entreprises, du public ou du privé.

Mais quand les organisations syndicales demandent, au nom de situation d’exception, la suspension des réformes en cours (en particulier celles des retraites et du baccalauréat) ou la non-application des nouvelles dispositions de l’assurance chômage qui restreignent les droits, là… pas de réponse !

Pire : Macron a ouvertement annoncé que son gouvernement profiterait des circonstances pour bouleverser l’organisation sociale du pays et accélérer la liquidation de ce qu’il appelle « le Vieux Monde » (c’est-à-dire les acquis sociaux et les garanties arrachés par la lutte de classe et le combat démocratique). Ainsi, la généra- lisation du télétravail obligatoire, « justifiée » par l’urgence et la gravité de la situation sanitaire, deviendrait ensuite permanente ! Il s’agit d’un véritable coup d’État antisocial et antidémocratique.

Il ne fait aucun doute que l’épidémie de coronavirus est d’une extrême gravité. Mais rien ne justifie que les conséquences en retombent sur les travailleurs et les jeunes. C’est pourtant ce qui se prépare. Le12 mars, la Bourse à Paris a connu un krach financier qui a battu tous les records. Durant la même journée, les 500 personnes les plus riches au monde ont vu leurs valeurs cotées en Bourse diminuer de 331 milliards de dollars, c’est-à-dire plus que le budget annuel de la France !

C’est le scénario de 2008 qui recommence, produit de l’impasse dans laquelle la crise du système capitaliste, fondé sur le régime de la propriété privée des moyens de production, entraîne l’humanité. Comme en 2008, la bulle spéculative artificiellement gonflée de capitaux largement fictifs (notamment grâce aux milliards déversés gratuitement par les banques centrales, dont la Banque centrale européenne) finit par éclater. Les travailleurs savent ce que va entraîner l’effondrement des cours de la Bourse. Ces montagnes de capitaux – largement fictifs – brusquement partis en fumée, les capitalistes du monde entier vont s’empresser de les récupérer sur le dos des travailleurs. Dans le contexte de récession mondiale qui commence, ils préparent d’ores et déjà des centaines de milliers, voire des millions, de licenciements dans le monde entier. En même temps, comme en 2008, ils chercheront à renflouer les banques en faillite avec les fonds publics dégagés par la destruction en masse des services publics.

Et c’est pour mettre en œuvre ces plans que Macron en appelle à l’union sacrée et invite les « partenaires sociaux », c’est-à-dire en premier lieu les organisations syndicales, à « faire bloc autour des mesures annoncées » ! En réalité, derrière les termes d’« union sacrée », de « bloc », d’« unité », se dessinent les coups les plus brutaux contre les plus démunis : les travailleurs, les jeunes, les personnes âgées, les mères de famille, les chômeurs.

Le discours de Macron est tout entier une déclaration de guerre anti-ouvrière.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas approuver Jean-Luc Mélenchon quand il déclare, après cette allocution : « L’heure n’est pas à la polémique, l’heure est à la solidarité. » Oui, l’heure est à la solidarité des travailleurs et des organisations ouvrières pour combattre ensemble le déferlement de destructions et de violences que le gouvernement déclenche. Mais l’heure n’est certainement pas à la solidarité avec le gouvernement qui a déclaré la guerre aux travailleurs et à la jeunesse. Dans le mouvement ouvrier, le mot d’ordre doit être : aucune confiance en ce gouvernement. Et aussi : unité des travailleurs et de leurs organisations pour imposer le véritable plan d’urgence et de sauvegarde qui passe par la mobilisation de tous les moyens financiers pour la production en masse de masques, tests et autre matériel indispensable, par la réouverture des lits et des services d’urgence et de réanimation, par l’interdiction pure et simple des licenciements et la garantie intégrale et illimitée de la compensation des pertes de salaire, et par le rétablissement des CHSCT et le respect de toutes les garanties collectives et des prérogatives des organisations syndicales, etc.

Dans de nombreuses entreprises, les travailleurs ont commencé à définir leurs revendications face à l’épidémie du coronavirus. Ils ont établi ce que sont leurs besoins urgents pour se prémunir. C’est la seule voie du combat efficace. Ils exigent des garanties. Ils le font en toute indépendance unis avec leurs organisations syndicales. Ils le font dans un rapport où ils mesurent – qu’il s’agisse du coronavirus ou de toute autre question – que ce sont bien des intérêts de classes qui sont en présence et qu’ils sont fondés à défendre leurs intérêts d’exploités et d’opprimés.

Il ne fait pas de doute que la période qui s’ouvre sera une période difficile. Tous les moyens vont être utilisés par ce gouvernement pour tenter de faire taire la voix de la classe ouvrière et contraindre les organisations à se ranger dans l’union sacrée. Il ne fait pas de doute que les conditions matérielles d’existence vont être dégradées et remises en cause et que le gouvernement tentera de remettre en cause l’exercice des libertés démocratiques, en particulier le droit de revendiquer, de s’organiser, de manifester.

La défense de la civilisation et des droits, tout comme la victoire contre l’épidémie ne viendront pas de l’union sacrée avec ceux qui ont tout fait et continuent de tout faire pour préserver leurs profits au mépris de la préparation des instruments nécessaires pour faire face à la pandémie. L’issue viendra, comme toujours, de l’action unie, résolue et indépendante des exploités et des opprimés. La classe ouvrière doit se défendre comme classe. C’est elle qui a arraché les acquis de la civilisation, c’est elle qui a arraché la Sécurité sociale, les services publics, l’instruction publique, c’est elle qui les défendra sur son terrain de classe.

Le Parti ouvrier indépendant démocratique, fidèle au mandat qu’il s’est fixé, mettra tout en œuvre pour aider à réaliser l’unité des rangs ouvriers pour défendre les droits et les garanties, repousser l’offensive destructrice en cours, et, finalement chasser Macron et sa politique. Au service de cette cause, La Tribune des travailleurs comme elle l’a toujours fait, ouvrira ses colonnes au libre débat entre travailleurs et militants engagés dans la lutte des classes.

Les secrétaires nationaux.

Non au coup de force antidémocratique ! Ne touchez pas à nos retraites !

Ainsi donc, le gouvernement Macron-Philippe a osé !

Ce 29 février, mettant à profit l’inquiétude suscitée par l’épidémie de coronavirus, il a pris les premières mesures d’interdiction de rassemblement de masse, puis, dans la foulée, annoncé le recours à l’article 49 ter de la Constitution.

Par ce procédé, ennemi de la démocratie la plus élémentaire, la réforme des retraites sera réputée adoptée en première lecture dès le dimanche 1er mars à 17 h 35 !

Il est inutile de rappeler ce que tous les travailleurs savent : le plan Macron-Philippe vise à contraindre les travailleurs à retarder le plus tard possible l’âge de départ en retraite (67, 69, 70 ans ?) sous peine d’être condamnés à la misère.

La violence antidémocratique du 49 ter n’a d’égale que la violence antisociale de la réforme.

Impossible de laisser faire !

Les organisations syndicales qui, depuis le 5 décembre, ont lancé le mot d’ordre de la grève et des manifestations contre le projet Macron-Philippe ont la responsabilité de lancer la seule consigne à la hauteur de la situation : grève générale dans l’unité contre le coup de force antidémocratique pour le retrait du projet. Il ne fait aucun doute que, dès lundi, dans les entreprises, dans les ateliers, dans les bureaux, dans les écoles, dans les services les travailleurs se réuniront pour décider.

Samedi 29 février 2020, 18 h 45

Les femmes travailleuses sont les premières menacées par la réforme des retraites.
Toutes et tous le 7 mars à 14 h 30
l’assemblée convoquée
par la commission femmes travailleuses du POID