Aux travailleurs, militants, jeunes

Dans tout le pays monte une exigence simple :
le projet de loi El Khomri ne doit pas passer !
Ne touchez pas au Code du travail !

Les travailleurs du public comme du privé, les jeunes, les étudiants, les apprentis, tous disent : les droits collectifs de la classe ouvrière sont le bien le plus précieux, ils doivent être défendus. Tous disent : nous ne voulons pas de prétendus droits individuels substitués aux droits collectifs, nous avons des droits, nous voulons les garder.

Une même clameur monte dans tout le pays :
le projet El Khomri doit être retiré !
On ne touche pas au Code du travail !

Partout, une évidence s’impose : c’est l’action de millions et de millions, la mobilisation unie, la grève, la grève générale qui est nécessaire pour bloquer une fois pour toute la politique de ce gouvernement, qu’il s’agisse du Code du travail, du compte personnel d’activité (CPA), de toutes les contre-réformes en cours contre les travailleurs et les jeunes.

Chacun le sent : les plus grands combats sont devant nous. Se préparer au combat, c’est s’organiser. S’organiser, travailleurs et organisations syndicales unis en un seul bloc uni pour faire reculer le gouvernement.

Mais s’organiser aussi dans le combat politique pour en finir avec la politique réactionnaire du gouvernement Hollande-Valls, avec le régime failli de la Ve République et avec les diktats de l’Union européenne.

S’organiser pour en finir avec les gouvernements d’exploitation et d’oppression au service des banquiers et des spéculateurs qui détruisent tout sur leur passage.

Sur quelle perspective politique ? Celle d’un gouvernement qui gouverne pour les travailleurs, pour la majorité du peuple et non pour la minorité des exploiteurs ; la perspective politique d’un gouvernement qui contribue à établir la paix entre les peuples et se retire des guerres meurtrières menées sous comman- dement américain aux quatre coins du monde ; la perspective politique d’un gouvernement qui établisse des relations de coopération fraternelle avec tous les peuples et toutes les nations d’Europe sur la base de la rupture avec l’Union européenne.

Cette perspective, c’est celle de la reconquête de la démocratie et des droits, celle d’une Assemblée constituante souveraine par laquelle les délégués du peuple prendront eux-mêmes l’avenir entre leurs mains.

Pour faire valoir cette perspective, pour lui ouvrir la voie,
regroupons-nous au sein d’un parti de classe combattant pour le socialisme,
la République et la démocratie.
Organisons-nous dans un parti ouvrier authentiquement indépendant et démocratique.

Rejoignez le POID !


⇒ Le communiqué du BN du POID au format pdf est ici.
Code du travail

Ni négociable, ni amendable ! Unité pour le retrait du projet de «loi travail» du gouvernement Hollande-Valls-El Khomri !

Hollande-Valls-El Khomri ont rendu public leur projet de « loi travail ».
Ce projet de loi démantèle tout l’édifice des droits ouvriers : durée légale, heures supplémentaires, congés, repos.
Il instaure le plafonnement des indemnités prud’homales, la facilitation sans limite des licenciements…
Il prévoit une « re-écriture-destruction » totale du Code du travail dans les deux ans. Nos syndicats sont même appelés à s’y associer.

Tous les droits des salariés, du public comme du privé, passeraient à la moulinette des accords d’entreprises et du compte personnel d’activité (CPA), véritables instruments d’esclavage contemporain.

Cela ne doit pas être !

Au cours des dernières semaines, 32 000 travailleurs ont contresigné l’appel du POID ou des textes de comités pour l’unité pour le retrait du projet de loi.
D’autres initiatives existent. Il y a eu des débats.
Devant l’imminence du danger, une seule chose compte maintenant : rassembler toutes les forces des travailleurs et des organisations dans un bloc uni, sans faille. Seule la mobilisation de millions de travailleurs avec leurs organisations permettra de faire céder ce gouvernement.

Il ne s’agit pas d’une affaire de tendance, d’opinions.
Il s’agit de l’avenir de la classe ouvrière, de la jeunesse.
Devant un tel projet, la réponse du mouvement ouvrier tout entier ne peut être que : RETRAIT !

picto appelCe projet de loi forme un tout : il n’est ni amendable ni négociable.
Un seul mot d’ordre s’impose : RETRAIT !

Des délégués de comités pour l’unité pour le retrait du projet de loi se retrouveront dans une conférence nationale le 19 mars à Paris. Ils discuteront des dispositions les plus efficaces à prendre pour faire gagner la cause de l’unité… et que grandisse la mobilisation pour bloquer ce gouvernement.

Associez-vous à cet appel pour l’unité pour le retrait du projet de « loi travail ». Imprimez l’appel, signez, faites signer.


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La Tribune des travailleurs

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Déclaration adoptée par le bureau national du POID réuni samedi 13 février 2016

Quelle issue ?
Engageons la discussion

Réuni le 13 février, enregistrant les résultats positifs des six premiers mois de diffusion et l’impact de son hebdomadaire La Tribune des travailleurs (dont l’équilibre financier est largement réalisé), le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique décide de le faire passer de 12 à 16 pages à partir du 15 mars.

Le BN a décidé de passer La Tribune des travailleurs à 16 pages…

Plusieurs raisons conduisent à cette décision. La principale est la suivante : nous voulons engager un débat dans les colonnes de La Tribune des travailleurs, un débat ouvert aux adhérents du POID, mais aussi, plus largement, à tous les travailleurs, militants ouvriers de toutes tendances, élus, démocrates, jeunes, qui se posent, comme nous, la question de l’issue politique.

…pour organiser le débat sur l’issue politique

Nous sommes le 13 février 2016. Le gouvernement Hollande-Valls est en train de faire voter sa réforme constitutionnelle qui accentue les traits les plus antidémocratiques de la Ve République.

bn13février telechargementIl est en train aussi de faire adopter une réforme Badinter-El Khomri qui disloque le Code du travail, en application des exigences de déréglementation dictées par l’Union européenne et le capital financier. Ce gouvernement cherche en permanence à associer les organisations syndicales à la mise en œuvre de ses plans : qu’il s’agisse de l’instauration d’un compte personnel d’activité (CPA) qui substitue l’individualisation aux droits collectifs ; ou qu’il s’agisse d’associer les organisations syndicales aux « groupes de travail » chargés de mettre en oeuvre ces contre-réformes. Déjà, le gouvernement annonce que le texte de la « position commune » sur le CPA servira de base à la rédaction du projet de loi El Khomri.

Le mouvement ouvrier est à la croisée des chemins

Ce gouvernement est intégralement réactionnaire. Simple instrument entre les mains de la classe capitaliste, il est celui qui est allé le plus loin depuis soixante-quinze ans sur la voie de l’instauration d’un ordre corporatiste antidémocratique. Au nom de la crise mondiale — c’est-à-dire de l’effondrement du système capitaliste basé sur la propriété privée des moyens de production — le gouvernement et l’Union européenne exigent des organisations syndicales qu’elles se fassent l’instrument de la déréglementation et de la destruction des droits ouvriers. Le mouvement ouvrier est à la croisée des chemins : ou bien s’engager sur cette voie et renoncer à son indépendance ; ou bien préserver son indépendance, et cela suppose d’organiser le combat pour en finir avec ce gouvernement et sa politique.

Pour leur part, les membres du POID, respectueux des prérogatives des organisations syndicales, sont partie prenante de toutes les initiatives visant à créer les conditions de la lutte de classe unie, rassemblant travailleurs et organisations, pour contraindre ce gouvernement à reculer. Comme l’a formulé en direction des responsables des organisations Mickaël Wamen, l’un des syndicalistes de Goodyear condamnés à neuf mois de prison ferme : « Arrêtons de reculer ! Faisons plier ce gouvernement et ceux qui l’accompagnent ! ». …

 L’élection présidentielle peut-elle ouvrir une perspective ?

C’est dans ce contexte que nous avons discuté de l’issue politique. L’élection présidentielle qui a lieu dans quatorze mois peut-elle ouvrir une issue conforme aux intérêts des travailleurs et de la démocratie, une issue permettant au pays de sortir du désastre dans lequel il s’enfonce chaque jour davantage ?

Il ne s’agit pas ici de la tactique (savoir s’il faut présenter ou non un candidat). Il s’agit de la question posée sur le fond et de la réponse qu’elle appelle sur le fond. A savoir : est-il possible que la prochaine élection présidentielle débouche sur les conditions d’un gouvernement, d’institutions politiques qui, par exemple : renationaliseraient les services publics, abrogeraient les contreréformes et le pacte de responsabilité, rétabliraient les statuts et conventions collectives, organiseraient un plan d’embauches massives pour les travailleurs et les jeunes, porteraient un coup d’arrêt à la désertification rurale, cesseraient les interventions militaires de la France dans d’autres pays ?

La nécessité brûlante d’un gouvernement qui serve les besoins des travailleurs

Ces objectifs se dégagent dans toutes les luttes de résistance des travailleurs des villes et des campagnes. A notre avis, la formation d’un gouvernement qui réaliserait ces objectifs est une nécessité brûlante. Mais la formation d’un tel gouvernement est incompatible avec le régime de la Ve République. Car cette Ve République n’est qu’une monarchie sans couronne où un président doté de tous les pouvoirs peut réformer à sa guise la Constitution, convoquer ou ne pas convoquer un référendum, en piétiner le résultat s’il ne lui convient pas, et dicter toutes les contre-réformes de l’Union européenne par le biais, notamment, des articles 38 et 49-3 de la Constitution. Ces institutions n’ont rien de démocratique puisque, prisonnières du carcan de l’Union européenne, elles ont pour seule fonction — le Parlement, le gouvernement — d’appliquer les directives.

Pour notre part, Parti ouvrier indépendant démocratique, nous estimons que dans la situation de grave crise dans laquelle le pays s’enfonce chaque jour davantage, une issue conforme à la démocratie suppose d’abroger la monarchie sans couronne de la Ve République, d’abroger l’élection du président de la République au suffrage universel, d’abroger la Constitution de la Ve République et l’ensemble des traités européens et les institutions (Commission de Bruxelles, Banque centrale européenne) qui ont pour seule fonction de dicter les plans des capitalistes contre les travailleurs et la jeunesse.

Rendre au peuple sa souveraineté : assemblée constituante !

Pour notre part, nous estimons qu’il n’y aura pas de solution conforme aux intérêts de la démocratie et de la classe ouvrière qui ne passe par le fait de rendre au peuple sa souveraineté. Cela porte un nom : c’est l’élection d’une Assemblée constituante souveraine par laquelle les délégués du peuple définiront eux-mêmes le contenu et la forme de la démocratie. Ce qui, au plan du continent, pose la question de l’union libre des peuples et des nations libres de toute l’Europe se libérant du carcan des institutions de l’Union européenne.

Discutons librement

Cela, c’est notre opinion. Dans les derniers mois, les militants du POID se sont liés à des travailleurs, des militants dans le combat commun pour la levée de l’état d’urgence ou pour la défense des communes, ou encore pour la défense du Code du travail, et plus généralement pour aider à réaliser la lutte de classe contre les plans du gouvernement. Nous constatons que nombre de ces travailleurs et militants partagent nos préoccupations sans nécessairement rejoindre les conclusions que nous en tirons. C’est avec eux, avec vous, que nous voulons ouvrir largement les pages de notre journal, sans tabou ni limitation. Les propositions du POID ne sont pas à prendre ou à laisser. Discutons-on. Les colonnes de La Tribune des travailleurs sont désormais ouvertes à ce débat, non un débat pour le débat, mais un débat pour aider à ouvrir une issue politique.

Adoptée à l’unanimité par le Bureau national du POID
Samedi 13 février 2016

Contact : poidemocratique@orange.fr

Daniel Gluckstein, secrétaire national du POID, au meeting du 23 janvier


Daniel Glückstein_1Beaucoup d’orateurs avant moi ont dit des choses qu’on ne peut que partager contre l’état d’urgence. Certains ont indiqué réfléchir aux moyens de lutter contre le terrorisme et d’éviter que la jeunesse ne bascule. J’avoue n’avoir aucune compétence en la matière, mais je voudrais suggérer deux pistes de réflexion :

– le retrait immédiat et inconditionnel de toutes les troupes françaises, en Syrie, en Irak, au Mali, l’arrêt immédiat de toutes les frappes aériennes, et l’arrêt du soutien aux régimes qui financent, arment et fabriquent Daesh.autocollant POID
– puisque 41 milliards d’euros ont été offerts aux patrons au titre du « Pacte de responsabilité », que ces 41 milliards servent à créer un million d’emplois pour notre jeunesse dans la banlieue, et on la verra alors beaucoup moins perméable aux idéologies dans lesquelles on veut l’entrainer.

Bien sûr, il y a un problème, c’est ce gouvernement, qui reprend à son compte les armes de la réaction la plus extrême. Il est vrai que lorsque nous nous sommes retrouvés, petit noyau, pour lancer l’appel des 333, nous avions eu un sentiment de relatif isolement. Il y avait, c’est vrai, ces six députés qui ont voté courageusement contre ; mais il y avait aussi, à l’assemblée nationale, cette prise de position commune de Bartolone et de tous les chefs des groupes parlementaires — sans exception — qui appelaient à « l’union nationale ».

Les choses ont de toute évidence bougé, on l’a entendu cet après-midi, et tant mieux…. « à tout péché miséricorde »… Mais posons les problèmes clairement : de qui exigeons-nous la levée de l’état d’urgence ? De ce gouvernement Hollande-Valls, le même qui, en quelques semaines, prétend prolonger l’état d’urgence, réformer la Constitution dans un sens encore plus autoritaire et anti-démocratique, le même qui s’apprête à voter une loi de démantèlement du Code du travail par ordonnance, grâce à l’article 38 de la Constitution anti-démocratique de la Ve République, le même qui emprisonne les camarades de Goodyear. C’est ce gouvernement qui doit être combattu si on veut que soit levé l’état d’urgence.

On ne peut que se féliciter de la large unité qui s’exprime ici pour la levée de l’état d’urgence, indépendamment des désaccords politiques qui peuvent exister, saluer le courage de Mamère, de Coronado, qui, isolés, n’ont pas hésité à voter contre, saluer aussi les prises de position des magistrats et des démocrates qui s’expriment ici.

Mais dans ce large front qui se constitue pour la levée de l’état d’urgence, le mouvement ouvrier a une responsabilité particulière. Cette responsabilité particulière tient au fait que la Ve République — fondée, comme le disait naguère Mitterrand (qui l’a oublié ensuite), comme un « régime de coup d’État permanent », anti-démocratique, corporatiste, bonapartiste — a toujours eu comme principal objectif, de frapper la classe ouvrière, démanteler ses droits et garanties, intégrer ses organisations dans l’appareil d’État. C’est ce que ce régime cherche à faire encore aujourd’hui contre le Code du travail et les droits ouvriers.

Pour les travailleurs, le combat pour la démocratie est un combat sans limitations. Son objectif immédiat, c’est la défense de toutes les garanties ouvrières et démocratiques menacées par un régime capitaliste moribond et la défense de toutes les libertés, sans restriction. Mais le mouvement ouvrier, historiquement, se fixe d’étendre la démocratie non seulement au champ politique, mais au champ économique et social, c’est-à-dire de l’établir par l’appropriation collective des moyens de production arrachés à la classe capitaliste.

Cela, c’est la position particulière, historique du mouvement ouvrier. Il ne s’agit pas de l’imposer à tous ceux qui, de leur propre point de vue, s’engagent sincèrement dans le combat pour la liberté, pour la levée de l’état d’urgence. Mais il est important de souligner cette responsabilité.
J’ai surpris par hasard une conversation tout-à-l ‘heure en entrant entre deux participants à ce meeting. L’une disait à l’autre : « C’est bien, il y a du monde, mais c’est râpé, ça passera à l’Assemblée. » Eh bien non, camarades, ce n’est pas « râpé ». Quelqu’un a dit tout à l’heure : « Si ça ne passe pas par en haut, à l’Assemblée, ça passera par le bas. Oui. Ca passera par le bas. Ca passera par la mobilisation de millions et millions, par les grèves, par les manifestations sur des objectifs précis. Ca passera sur le combat dans l’unité sur des mots d’ordre clairs et sur un objectif clair : défaire ce gouvernement au service de la réaction et de l’Union européenne, le défaire sur chacun et tous ses plans.

Le défaire pour imposer la relaxe des camarades de Goodyear, le défaire pour préserver le Code du travail et les droits ouvriers, le défaire pour empêcher la réforme constitutionnelle. Et le défaire pour imposer la levée de l’état d’urgence.

Vous voulez imprimer ? Téléchargez cette intervention, au format pdf, ici.

Et maintenant, ils jettent en prison les ouvriers qui défendent leur emploi !

goodyear

«Ce qu’ils cherchent,c’est nous casser, nous,et casser le Code du travail en même temps!»

Par Dominique Reitzman

Jeudi 14 janvier après-midi, nous rencontrons, sur le parking de l’usine Goodyear, à Amiens, Jean-François Quandalle, qui fait partie des salariés et militants ayant écopé neuf mois fermes, ainsi qu’Hervé Marchal et Richard Jouhannet, élus au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Ces salariés sont comme des millions dans ce pays. Ils ont passé leur vie entière dans leur entreprise : « Je suis à Goodyear depuis trente-trois ans, entré à 19 ans. Lui aussi, trente-trois ans, et lui, eulement vingt-neuf, c’est un “bleu” ! » L’un d’eux précise que son père et son fils ont aussi travaillé à Goodyear. Son père a démarré à l’ouverture, en 1960 : « C’est toute ma vie. »

Les condamnations de salariés et de syndicalistes à de la prison ferme (neuf mois) a fait l’effet d’un coup de massue : « On s’attendait au pire à du sursis, étant donné le retrait de la plainte déposée par la direction et les cadres retenus trente heures. Ils n’ont pas été séquestrés, mais juste retenus, dans de bonnes conditions…Rien à voir avec ce qui nous est arrivé à nous : la perte d’un boulot, sans aucun espoir de retrouver du travail. Sur les 1 143 licenciés, plus de 800 sont encore sur le carreau, malgré les créations d’auto entreprises, et ici, au moins une dizaine d’entreprises ont licencié autour : cantines, sécurité… sans compter la baisse de la consommation. »

La zone est déserte. Seule « activité » : sur le parking, le ballet des semi-remorques, immatriculés en Pologne, évacuent les machines du secteur pneus agricoles (celles du secteur tourisme sont déjà parties) : « Les machines, nettoyées et révisées, partent à la société Kabat, en Pologne, une société qui fait du caoutchouc, pas du pneu, mais on sait que Titan a ouvert une usine en Russie, et c’est certainement Titan qui va tout récupérer. »


«450 plaintes de salariés classées sans suite », mais pour les huit salariés des peines de prison ferme.»


La colère pointe du doigt cette justice de classe qui condamne les syndicalistes et les salariés : « En quelques années, au moins 450 plaintes ont été déposées par les salariés, que ce soit pour harcèlement, ou mise en danger, car on nous donnait les produits dangereux sans mise en garde, sans rien. Aucune de ces plaintes n’a été retenue, le procureur a tout classé sans suite ! »

« Comme l’a dit Mickael Wamen (le responsable CGT et l’un des condamnés) : il y a eu douze suicides de gars à bout, et on ne sait pas combien de cancers. On nous dit, après, que c’était le tabac ou la bouffe, mais si vous saviez ce qu’on a vu : des gars humiliés, à qui la direction ne donnait plus de boulot, qui erraient dans l’usine, et se faisaient sanctionner ou menacer car ils n’étaient pas présents à la minute où ils étaient appelés ! »

Un autre ajoute : « Notez bien que dans l’accord de fin de conflit, signé par le syndicat, l’employeur, mais aussi le préfet, donc l’Etat, s’engageaient à retirer les plaintes ! La parole donnée a été trahie : cet accord n’est pas respecté ! Et le gouvernement ose dire maintenant que la justice est “indépendante” ! »

« Je revois encore Hollande, en 2012, ici même sur le parking, qui disait que jamais on ne toucherait à un délégué, qu’il s’engageait à nous défendre ! D’ailleurs, on a voté pour lui ! »

« Et Montebourg, qui était ministre de… ah oui, du “redressement économique”, qu’a t-il fait ? RIEN ! Et Pascale Boistard (ancienne député PS de la Somme, actuelle secrétaire d’Etat aux Droits des femmes du gouvernement Valls) qui nous parle maintenant de son “émotion”. Mais ce n’est pas d’émotion dont nous avons besoin, nous voulons qu’elle prenne une position plus dure contre ce jugement. Il est vrai qu’elle n’ose peut-être pas, en vue des prochaines élections ! »

Comment ne pas partager cette colère ? Mais immédiatement, la discussion s’ouvre : comment faire reculer, comment obtenir la relaxe immédiate ? L’un de nos interlocuteurs s’interroge : « Et Martinez, que fait-il, et notre fédération ? Ce ne serait pas possible de faire quelque chose de sérieux ? Et cette fois, tous ensemble ! Maintenant, c’est à eux de s’y mettre, nous, on a fait tout ce qu’on pouvait, à eux de rassembler, à eux d’agir, et c’est possible. »

Car ce que cherche le gouvernement en fait, c’est nous casser, nous, et casser le Code du travail en même temps ! »

 


 Justice de classe, violence de classe…

Jean-Pierre Raffi

Deux mois après l’instauration de l’état d’urgence, pas un des auteurs directs des attentats du 13 novembre (sans parler de leurs commanditaires) n’a été arrêté, jugé, condamné.

En revanche, fait sans précédent, huit ouvriers syndicalistes de Goodyear viennent de se voir promptement condamnés à neuf mois de prison ferme pour avoir retenu dans leurs bureaux deux cadres de l’entreprise au cours d’une action visant à bloquer un plan de plus de 1 000 licenciements. Et on nous dira que l’état d’urgence ne vise pas à créer une atmosphère propice à tous les mauvais coups, qu’il n’est pas avant tout une arme pointée directement contre les libertés démocratiques, politiques et syndicales, et contre les organisations, comme le dénoncent, de plus en plus nombreux, militants et organisations ouvrières et démocratiques…

Poussant jusqu’à leurs extrêmes limites les institutions réactionnaires de la Ve République, le gouvernement Hollande-Valls est directement impliqué dans l’exemplaire brutalité du jugement prononcé à l’encontre des syndicalistes de Goodyear.

«La condamnation des huit de Goodyear, le procès des syndicalistes d’Air France, la réforme liquidatrice du Code du travail, les mesures annoncées contre les jeunes, s’inscrivent tous dans une même politique réactionnaire.»

Jugement de classe, violence de classe ! La condamnation des huit de Goodyear, le procès des syndicalistes d’Air France le 27 mai prochain, la préparation en mode accéléré d’une réforme liquidatrice du Code du travail (lire page 12), les mesures d’une violence inouïe annoncées par Hollande-Valls contre les jeunes avec notamment la généralisation du service civique (lire page 4) : tout ceci s’inscrit dans une même politique réactionnaire qui soulève dans tout le pays une même colère, une même aspiration à la riposte unitaire des travailleurs et de leurs organisations.

La situation exige la relaxe des huit de Goodyear, la levée immédiate de l’état d’urgence, l’arrêt de toute remise en cause du Code du travail, et de toutes les contre-réformes (PPCR, CPA…) que Hollande et Valls ont inscrit à leur programme des tout prochains mois.


Les réactions dans le mouvement syndical

C’est par centaines que les instances syndicales ont condamné le jugement du 12 janvier et exigé la relaxe immédiate des salariés et militants de Goodyear. A commencer, bien entendu, par le syndicat CGT Goodyear, qui déclare : « En même temps qu’ils préparent la suppression dans quelques mois de plus de 1 000 articles du Code du travail, Hollande, Valls et Macron ont décidé de déclencher une répression sans précédent des syndicalistes qui luttent dans les entreprises. Avec les huit condamnés de Goodyear, l’exécutif veut faire un exemple. » En trois jours, cet appel avait recueilli 66 000 signatures sur Internet.

Dans un communiqué commun, le syndicat de Goodyear, la fédération nationale des industries chimiques, l’union départementale de la Somme et l’union locale d’Amiens ZI de la CGT déclarent : « C’est la première fois dans l’histoire de la République que, sous un gouvernement dit “de gauche”, de telles peines sont infligées à des syndicalistes. (…) Une justice qui place le militant syndical au rang de délinquant est une justice de classe. (…) Si le gouvernement veut déclarer la guerre au syndicalisme CGT, il devra en assumer les conséquences. »

On ne compte plus, dans la CGT, les prises de position de syndicats, unions locales et départementales, fédérations, comme au plan confédéral. Impossible de les citer toutes, mais signalons cette demande, adressée à la confédération, émanant du secrétaire de l’union départementale de Haute-Garonne, qui propose « la tenue d’un comité confédéral national (CCN) extraordinaire » dans une « situation à ne pas déconnecter de l’état d’urgence et du climat antisocial ».

C’est tout le mouvement syndical qui se sent agressé par le jugement. C’est ainsi que la fédération FO Chimie déclare, dès le 13 janvier : « Après les salariés d’Air France mis en garde à vue, une nouvelle étape a été franchie avec ceux de Goodyear. (…) La Fédéchimie ne peut que condamner cette décision ignoble et appuie sans réserve toutes les initiatives qui seront prises afin de revoir ce jugement judiciaire inacceptable et injuste. » De même, la fédération FO des cheminots.

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de la confédération FO, écrit quant à lui : « J’ai signé l’appel de la CGT par rapport à la condamnation des militants de Goodyear pour “rétention” de cadres. Même si nous l’aurions écrit différemment, c’est une question de principe et un événement qui ne doit pas faire jurisprudence. »

Mêmes réactions des syndicats jusqu’au niveau fédéral, du côté de la FSU et de Solidaires.

L’assemblée des 150 délégués et militants syndicaux de l’Assistance publique- Hôpitaux de Paris réunis le 14 janvier à l’initiative des syndicats CGT, FO, avec la CFTC, la CGC et l’UNSA, considère dans une motion que « dans le contexte de l’état d’urgence, c’est une attaque sans précédent contre le mouvement syndical, ses organisations, et contre tous les travailleurs qui voudraient défendre leur emploi et leurs conditions de travail (…). Verra-t-on condamner, demain, des militants syndicaux et des personnels s’opposant à la mise en œuvre de l’accord Hirsch-CFDT du 27 octobre 2015 sur la réorganisation du travail et du temps de travail à l’AP-HP ? L’assemblée de délégués est du côté des militants condamnés,exige l’annulation de ce jugement inique et la relaxe immédiate des huit salariés de Goodyear. »

Une indignation qui resserre les liens entre militants de toutes appartenances syndicales, comme l’exprime, dans la Somme précisément, cet appel commun, le 13 janvier, des unions locales d’Abbeville de la CGT, de FO, de Solidaires et de la FSU, et qui traduit une conviction : il faudra bien l’unité, à tous les niveaux, pour « faire annuler ce jugement inacceptable et révoltant ».


Lire également dans la tribune des Travailleurs du 19 janvier, ainsi que La déclaration des secrétaires nationaux du POID (Relaxe immédiate des huit salariés condamnés ! )


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Campagne pour le retrait du projet de loi gouvernemental sur le Code du travail « L’heure est à la mobilisation dans l’unité ! »

Dans quelques jours, le 14 janvier, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, doit présenter au Conseil des ministres un projet de loi de «réforme du Code du travail»


De quoi s’agit-il ?
vignette tract janvier 2016 La commission Badinter mise en place par le gouvernement propose de substituer au Code du travail avec des droits précis et codifiés dans 3 809 pages, quelques vagues « principes fondamentaux ». Selon la ministre, « le gouvernement fait le choix de réécrire la partie essentielle du Code du travail consacrée à la durée du travail, au repos et aux congés » (souligné par nous).
Pour le gouvernement, il s’agit de mettre en œuvre les directives de l’Union européenne exigeant de « reformer le droit du travail » afin « de faciliter, au niveau des entreprises et des branches, les dérogations aux dispositions juridiques générales, notamment en ce qui concerne l’organisation du temps de travail », et cela, « en concertation avec les partenaires sociaux ».

Pour l’Union européenne, pour les capitalistes : trop cher le coût du travail, trop élevé le Smic, trop longs les congés maternité, trop courte la semaine de travail, trop de droits ouvriers dans le Code du travail !

Travailleurs, militants, jeunes,

A l’ombre de l’état d’urgence, le gouvernement accélère ses attaques anti-ouvrières.
Faites savoir partout que ce 14 janvier, le Conseil des ministres discutera de ce plan de démolition du Code du travail.
25 000 travailleurs, jeunes et militants de toutes tendances ont pris position, à l’initiative du POID, pour que, face à l’attaque du gouvernement, se constitue le bloc uni des travailleurs et des organisations pour, d’une seule voix et sans faille, dire : « Ne touchez pas au Code du travail, Hollande-Valls-El Khomri, retirez votre projet de loi ».

Pour développer cette campagne, des militants de toutes tendances ont commencé à constituer des comités pour l’unité. Discutons-en !

Signez l’appel
« Ne touchez pas au Code du travail,
Hollande-Valls-El Khomri, retirez votre projet de loi
».

pétition poid janvier 2016

Lisez, dans La Tribune des travailleurs cette semaine,
le dossier pour la défense du Code du travail.
Prenez connaissance de l‘appel au meeting du 23 janvier à Paris « pour la levée de l’état d’urgence ».

La première réunion du bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique s’est tenue le 12 décembre

Par christel Keiser

• Le  12 décembre, se réunissait pour la première fois le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique (POID) élu le 22 novembre. A l’ordre du jour : l’organisation du travail des membres du bureau national autour de La Tribune des travailleurs; les finances du parti ; le projet de déclaration politique pour le soir du deuxième tour ;  les campagnes du parti ; la question laïque.

Au centre : les adhérents, leur assemblée mensuelle, leur organisation avec et autour du journal, sa discussion, son élaboration. C’est à partir de là que le bureau national s’organise.

Dans la discussion, des évidences : ainsi, le soutien à l’initiative des « 333 » pour la levée de l’état d’urgence. Initiative large, d’unité, rassemblant sur une question et une seule, mais une question centrale. Un camarade évoque l’indignation des travailleurs rassemblés en soutien à ceux d’Air France le 2 décembre face au déploiement policier « encadrant » le rassemblement. D’autres font état de l’indignation des militants et sympathisants du PCF face au vote de leurs députés en faveur de l’état d’urgence : « Difficile de demander aux gens d’aller voter pour ceux qui votent l’état d’urgence et nous tapent dessus tous les jours », déclare l’un d’eux, en réponse à un appel à « se mobiliser contre le Front national » au deuxième tour des régionales.

Dans huit départements, les bases sont jetées pour la constitution de nouveaux comités

Discussion sur l’organisation du parti : les cartes, les comités. Dans huit départements non représentés à Issy-les-Moulineaux, où se réunissait carte2016le congrès du POI fidèle à ses origines les 21 et 22 novembre, des camarades ont commencé à jeter les bases de comités du POID. Certains attendaient de voir ce qui allait sortir des « deux congrès », voulaient être sûrs de faire le bon choix.

Le bureau national, bien sûr, est revenu largement sur la situation marquée par la forte abstention du premier tour des élections. Rien ne garantit qu’elle soit aussi importante au deuxième tour. Mais quoi qu’il en soit, la Ve République est mortellement frappée et tous les partis institutionnels sont au bord de la dislocation. « L’élément marquant, c’est le rejet de l’Union européenne », souligne un camarade, qui estime que nous devrions mettre cette question plus au centre de notre campagne.

S’agissant des comités pour l’unité pour la défense du Code du travail, le bureau national a été particulièrement attentif au calendrier, notamment à la date du 15 janvier, où la mission Badinter rend son verdict. Aucune illusion n’est possible, souligne une camarade, qui évoque le tract élaboré par son comité. On y trouve une comparaison éloquente entre le Code du travail et le livre rédigé sur ce sujet par Badinter sous le titre : Le Travail et la loi. Ainsi, rappelle-t-elle, s’agissant de la protection des salariés en situation de maternité, de paternité, d’adoption et d’éducation des enfants, le chapitre V du livre II du Code du travail comprend 71 articles dont, par exemple, l’article L.1225-16, qui dit : « La salariée a le droit de bénéficier d’un congé maternité pendant une période qui commence six semaines avant la date présumée de l’accouchement et se termine dix semaines après la date de celui-ci. »

Dans le « code Badinter », ces 71 articles sont remplacés par un seul, l’article 20, qui stipule : « La grossesse et la maternité ne peuvent justifier d’autres mesures que celles requises par l’état de santé de la femme. La grossesse ouvre droit à un congé qui se poursuit au-delà de l’accouchement. ». « Voilà ce que veut dire leur prétendue simplification, c’est la barbarie », conclut-elle.

Aider à créer les conditions de l’unité pour bloquer le projet de loi de la ministre El Khomri

Mais quel est l’objectif de la campagne ? Faire des signatures, constituer des comités, cela suffira-t-il ? Nous combattons pour l’aide à la réalisation de l’unité, ce n’est pas un vain mot. L’exigence de défense du Code du travail grandit dans le mouvement ouvrier, dans les organisations. De même d’ailleurs que celle de la levée de l’état d’urgence. Notre objectif est de tout faire, en toute indépendance, sur un plan politique pour aider à créer les conditions de cette unité, de ce bloc uni des travailleurs et des organisations pour bloquer le projet de loi de la ministre El Khomri. C’est dans cet objectif que nous voulons, sans préalable, avec les travailleurs et militants de toutes tendances qui partagent cette volonté, constituer partout les comités pour l’unité.

Il en est de même s’agissant des élus : les schémas départementaux de coopération intercommunale
ne passent pas. C’est une révolte généralisée. Le soutien porté à l’initiative commune de Jean Bartholin et Gérard Schivardi vise donc à rassembler, dans tous ses aspects, la révolte des élus, aussi bien contre l’asphyxie financière que contre l’entreprise de liquider les communes. A l’heure où Hollande annonce sa révision constitutionnelle, il nous faut réaffirmer qu’il n’y a pas de combat pour la démocratie sans agir pour aider à la résistance des élus dressés contre la liquidation des communes, cellules de base de la République et de la démocratie.

Ce bureau national, c’est celui de la libre discussion. Tous les camarades n’ont pas le même point de vue. Leur origine dans le mouvement ouvrier, leur expérience, sont diverses et, inévitablement, leurs réponses aux différentes questions ne sont pas les mêmes.

Mais tous sont animés d’une même volonté : par la libre discussion, par l’exercice de la démocratie ouvrière, aider ce parti — « sauvé de la destruction qui le menaçait », comme l’a dit un camarade — à aller de l’avant. Et cela est vrai au plan national comme au plan international : la discussion a eu lieu sur la manière de répondre à nos camarades afghans qui proposent la tenue d’une conférence mondiale contre la guerre et l’exploitation. Nous aurons l’occasion d’y revenir le 9 janvier, date de la prochaine réunion du bureau national.


 

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