« Une phase nouvelle de la lutte de classe est ouverte » Adresse du conseil fédéral national du POID      


Montreuil, le 29 septembre 2019 – La grève massive des travailleurs de la RATP, unis avec leurs syndicats, le 13 septembre, pour la défense de leur régime particulier de retraite a ouvert une phase nouvelle de la lutte de classe : à leur suite, les fonctionnaires des Finances publiques puis les agents d’EDF ont engagé des mouvements de grève pour la défense de leurs retraites, de leurs statuts, de leurs emplois ; tandis que le mouvement de grève et de mobilisation entamé depuis des mois se poursuit dans les hôpitaux. N’en déplaise à ceux qui s’acharnent à décréter que l’heure n’est plus à la lutte de classe, c’est bien elle qui surgit ici avec force. 

C’est la grève qui s’impose à l’ordre du jour dans tous les secteurs et dans toutes les corporations, avec en ligne de mire le projet Macron-Delevoye destructeur des retraites, et plus généralement toute la politique du gouvernement. Oui, le combat pour les revendications et la préparation de la grève : mais comment les faire aboutir ? 

À cela, tous les travailleurs savent que la réponse passe par un mot :

L ’ U N I T É .

Le gouvernement sent bien que la situation est en train de tourner. Quand il présente son budget, il prétend avoir renoncé à la suppression de 120 000 emplois dans la fonction publique. Delevoye, lui, ose déclarer que sa réforme des retraites « corrigera les injustices »

Parlons-en des injustices !

Le projet de budget du gouvernement, c’est un milliard d’euros de cadeaux fiscaux supplémentaires pour les patrons, les capitalistes et les spéculateurs ; et c’est trois milliards volés aux chômeurs du fait de la réforme de l’assurance chômage. Ce projet de budget, ce sont la suppression de milliers de postes dans les Finances publiques, les milliers de postes non pourvus dans l’enseignement, et le manque dramatique de moyens, de personnels soignants dans les hôpitaux dont les services et les lits continuent de fermer. 

La contre-réforme des retraites, un modèle de justice ? Quand une veuve ne pourra toucher sa pension de réversion qu’à partir de 62 ans, au lieu de 55 ans aujourd’hui, sept ans de plus avant d’en bénéficier ?! Un modèle de justice, une perte qui peut aller jusqu’à 1 000 euros par mois pour un professeur des écoles entre sa situation actuelle et sa situation demain si la réforme de Macron-Delevoye passe ?! Un modèle de justice, les 40 % de pension en moins pour une infirmière ?! 

Un modèle de justice, la réforme de l’assurance chômage qui exclut 1 chômeur sur 10 de toute indemnisation et qui diminue l’allocation de 1 chômeur sur 4 parmi ceux qui continueront à en bénéficier ?! 

Un modèle de justice, ce gouvernement qui, depuis des mois, déchaîne la répression la plus violente contre les manifestants et saisit toutes les occasions de renforcer son arsenal répressif ?! 

Allons donc ! Tous les travailleurs savent que ce gouvernement, son budget, sa réforme des retraites ne sont « justice » que pour les patrons et les spéculateurs. Pour les travailleurs, c’est toujours plus d’injustice, de misère, d’exploitation. 

Oui, la grève est à l’ordre du jour.

Cette grève, pour ce qui nous concerne au POID, nous estimons qu’elle posera une question : celle du gouvernement, celle du pouvoir. Si la grève générale est à l’ordre du jour, alors cela signifie que les conditions sont en train de se réunir pour balayer Macron et sa politique. Cela exige, répétons-le, l’unité ouvrière, l’unité des travailleurs et des organisations. 

Les travailleurs de la RATP, avec leurs syndicats, ont annoncé une grève illimitée à partir du 5 décembre contre le projet de destruction des retraites du gouvernement. D’autres syndicats, d’autres fédérations syndicales dans d’autres corporations appellent les travailleurs à débattre de la possibilité de tout faire converger vers cet appel. 

À tous les niveaux, la question est posée : dans les assemblées générales de travailleurs, dans les assemblées syndicales, dans les entreprises, dans les localités, partout organiser la discussion et la mobilisation, partout préparer la grève générale qui balaiera le gouvernement et, avec lui, le régime anti-ouvrier de la Vᵉ République.

Il n’y a pour cela, répétons-le, qu’une seule voie : le front unique des travailleurs et des organisations. Ce front unique suppose de rompre avec le gouvernement et sa politique

Rompre avec le gouvernement,

c’est le refus des concertations qui visent à enchaîner les syndicats à la co-construction des contre-réformes. 

Rompre avec le gouvernement, c’est le refus au niveau des communes de continuer à gérer la politique d’austérité dictée par le gouvernement et Bruxelles. C’est au contraire rétablir la démocratie communale et prendre en charge réellement les intérêts de la population. Ce qui implique de travailler à rassembler toutes les forces qui se réclament des intérêts ouvriers sur des listes de défense intransigeante des droits de la population et des services publics aux prochaines élections municipales. 

Dans tous les aspects, défendre les intérêts de la classe ouvrière contre ceux de la classe capitaliste : c’est pour un tel objectif que nous sommes engagés dans la construction d’un authentique parti ouvrier combattant en toutes circonstances et sur tous les terrains pour l’unité des travailleurs et de leurs organisations, pour la défense des intérêts de classe, pour préparer la grève générale qui permettra d’aboutir

Travailleurs, militants, jeunes qui partagez ces objectifs,
c’est l’heure :

rejoignez le parti ouvrier. 

Adoptée à l’unanimité du CFN réuni à Montreuil
les 28 et 29 septembre 2019

  

prendre contact, rejoindre le POID

Communiqué Le POID alerte les travailleurs et la jeunesse. Tout accuse le gouvernement

Destruction de l’hôpital public ; plan Buzyn qui prétend interdire à la population d’accéder librement aux urgences ; dislocation du lycée et privatisation de l’école maternelle ; liquidation de l’administration des Finances publiques et du statut de la fonction publique… Après avoir démantelé le Code du travail et la SNCF, étranglé les libertés publiques avec la multiplication de lois liberticides, le gouvernement Macron-Philippe prétend poursuivre son œuvre destructrice.

En nommant Delevoye au gouvernement, Macron engage la dernière ligne droite de la contre-réforme des retraites. À travers le cycle de concertations qu’il ouvre, il voudrait que les organisations syndicales s’associent à son objectif de faire disparaître nos 42 régimes de retraite.

La politique du gouvernement Macron-Philippe suscite colère, indignation et résistance de la population.

Jusqu’aux derniers jours de l’année scolaire, les enseignants ont cherché avec acharnement à défendre le bac et le lycée et, dans de nombreux établissements scolaires, ils ont repris le chemin de l’action dès les premiers jours de la rentrée. Pendant tout l’été, dans les hôpitaux, aux Finances publiques et dans de nombreux autres secteurs et entreprises, mouvements de grève et mobilisations se sont multipliés. Tous cherchent les voies d’un combat efficace pour stopper ce rouleau compresseur.

Légitimes sont la colère et l’indignation de la population contre cette politique. Légitimes sont les grèves et mobilisations contre ces mesures destructrices. Le POID appuie et soutient les mouvements qui expriment la résistance à cette politique anti-ouvrière et antidémocratique.

Aider à rassembler la force des travailleurs, unis avec les organisations, pour bloquer la politique anti-ouvrière du gouvernement, tel est le mandat que se fixe le POID dans tous les domaines :

  • En contribuant à assurer le succès de la 4ᵉ rencontre nationale des comités pour l’unité du 12 octobre pour aider à lever les obstacles à l’unité et à défaire la contre- réforme des retraites.
  • En contribuant, dans toutes les communes, à constituer des listes ouvrières d’unité à l’occasion des élections municipales pour rompre avec la politique d’austérité mise en œuvre par des municipalités de toutes couleurs politiques qui acceptent de relayer les mesures du gouvernement Macron aux ordres de l’Union européenne.

En cette rentrée de septembre, l’urgence est de rassembler, dans l’unité, les forces du camp des travailleurs et de ses organisations pour en finir avec Macron, sa politique, son gouvernement.

À la succession des gouvernements, de droite et de « gauche » qui, depuis des décennies, livrent les conquêtes et acquis de la classe ouvrière et de la démocratie au pillage capitaliste, le POID oppose la nécessité d’un gouvernement des travailleurs et de la démocratie, rompant avec les diktats du capital financier, et avec la Vᵉ République et l’Union européenne. Pour une Assemblée constituante souveraine, pour un gouvernement ouvrier, il appelle les travailleurs et les jeunes qui partagent cet objectif à renforcer les rangs de ceux qui construisent le parti ouvrier.

Le bureau national du POID,

samedi 7 septembre, 17 heures


Appel du IIIᵉ Congrès du POID « Un fait révoltant »

Nous, délégués au IIIe Congrès du Parti ouvrier indépendant démocratique, venus de 62 départements, nous voulons informer les travailleurs et les jeunes d’un fait révoltant dont nous avons discuté dans notre congrès. 

Au moment même où Macron réunit les élus et engage son prétendu « grand débat national », l’agence gouvernementale France Stratégie publie à la demande du gouvernement une note intitulée « Où réduire le poids de la dépense publique ? » *. 

Cette note dénonce les retraites et l’assurance maladie comme pesant le plus lourd dans les dépenses de l’État. 

Mensonge ! La Sécurité sociale, comme les régimes de retraite, ce n’est pas le budget de l’État, c’est le salaire différé des travailleurs, partie intégrante du salaire ouvrier ! 

Honte ! Cette note gouvernementale affirme en toutes lettres que les travailleurs, en France, bénéficient de pensions trop élevées et qu’ils sont beaucoup trop riches comparativement aux travailleurs des autres pays d’Europe. En fait, dans tous les pays les travailleurs sont confrontés aux mêmes attaques de l’Union européenne et des gouvernements à ses ordres. 

La note gouvernementale dénonce le fait que les travailleurs en France vivent trop longtemps à la retraite comparés à ceux des autres pays. L’objectif est clair : il faut que les travailleurs partent plus tard à la retraite avec des pensions amputées. Bref, que notre vie s’achève plus tôt qu’aujourd’hui et dans des conditions misérables. 

Voilà ce que Macron voudrait imposer en déchaînant une répression féroce contre les travailleurs et les jeunes et en voulant supprimer le droit de manifester. 

Voilà ce que Macron a mis au point pendant qu’il amuse la galerie avec son grand débat. 

Il faut faire cela, prétend-il, pour réduire les dépenses de l’État. Réduire les dépenses de l’État ? Et les 40 milliards d’euros versés aux patrons au titre du CICE prétendument pour créer des emplois et qui n’en ont jamais créé un seul ? Et les 57 milliards de dividendes versés aux actionnaires des 40 groupes du CAC 40 pour l’année dernière, produits de l’exploitation des travailleurs ? Et les 41 milliards d’intérêts de la dette versés aux grandes banques internationales ? 

Le « grand débat » n’est pas seulement un écran de fumée, c’est une mystification sur le fond : derrière le rideau du « grand débat » de nouveaux coups, les plus brutaux, se préparent contre les droits des travailleurs, coups auxquels Macron voudrait associer ceux qu’il appelle les « corps intermédiaires », les élus et les syndicats de travailleurs. 

C’est bien une politique de classe que Macron met en œuvre, la politique dictée par les banquiers, les capitalistes, les spéculateurs et l’Union européenne. 

À cette politique de classe, nous estimons urgent que s’oppose une autre politique de classe. Celle-ci se concentre dans un mot d’ordre très simple : « Ne touchez pas à nos régimes de retraite ! Retrait du projet de réforme du gouvernement ! ». Et aussi : retrait de toutes les contre-réformes qui frappent la SNCF, le droit du travail, les services publics et l’instruction publique. 

L’unité des travailleurs et de la jeunesse est indispensable. S’il s’agit de bloquer cette offensive du gouvernement, il n’y a pas trente-six façons : la grève générale ouvrière est le seul moyen pour défendre et préserver les intérêts du peuple travailleur face à une minorité de profiteurs et de spéculateurs qui n’ont d’autre préoccupation que de faire grossir leurs profits. 

On entend de toute part : il n’y a pas de perspective politique. Si, il y a une perspective politique. Chasser Macron, mais pas seulement : chasser la Ve République et ses institutions antidémocratiques, en finir avec les diktats de l’Union européenne, abroger ses traités et former un gouvernement ouvrier qui prenne les mesures indispensables de préservation du peuple travailleur. 

À cet effet, notre congrès a adopté un projet de programme d’action politique que nous soumettons à la discussion. Non seulement pour ses propositions concernant le gouvernement ouvrier, mais aussi pour ses propositions d’action : nous voulons aider à ouvrir la voie à l’action de millions et de millions d’hommes, de femmes, de jeunes, de toute la classe ouvrière rassemblée qui abattra cette politique de misère et de déchéance. 

Voici, résumées brièvement, les propositions de notre congrès. À ceux qui les partagent, nous proposons de travailler à une construction commune pour bâtir dans ce pays un parti ouvrier se situant sur le terrain de classe. 

À tous, nous faisons la proposition de venir en discuter dans les réunions publiques et assemblées que le POID organisera dans tous les départements de ce pays dans les prochaines semaines. 

* https://www.strategie.gouv.fr/publications/reduire-poids-de-depense-publique 

Adopté à l’unanimité 

Lisez toutes le compte-rendu du IIIe congrès du POID dans La Tribune des travailleurs.

Prenez contact avec le POID.