Empêcher la catastrophe qui menace

Un appel du bureau national du POID

Une catastrophe certaine menace notre pays. 

À la crise sanitaire qui frappe le pays se combine la destruction d’un demi-million d’emplois en deux mois. Dans les prochaines semaines, ce sont des millions d’emplois qui pourraient être détruits, de l’aveu même des patrons et du gouvernement. À cela s’ajoute la crise alimentaire qui voit des familles, de plus en plus nombreuses, dans l’incapacité de nourrir correctement leurs enfants. À quoi s’ajoutent les attaques contre les droits démocratiques. 

Une catastrophe certaine menace notre pays. Tout le monde le sait. Mais rien n’est fait pour l’empêcher. Pire encore : le gouvernement et le Medef en profitent pour passer à l’offensive contre tous les acquis ouvriers et démocratiques. En particulier, ils veulent profiter de cette crise pour dérèglementer et allonger la durée légale du travail (notamment par la généralisation du télétravail déréglementé) et précipiter une faillite artificielle de la Sécurité sociale pour pouvoir la liquider, et tout cela afin d’aggraver l’exploitation des travailleurs. 

À gauche, les députés des partis – Parti socialiste, Parti communiste, La France insoumise – ont voté, comme leurs collègues, macronistes, de droite et d’extrême droite, à l’Assemblée nationale, le 19 mars, la loi budgétaire soumise par le gouvernement offrant 343 milliards d’euros aux banquiers et aux capitalistes. 

343 milliards d’euros : une aubaine pour les patrons. D’une main, ils empochent les milliards, de l’autre, ils multiplient les plans de restructuration. Le Medef et ses représentants prétendent qu’il n’est pas possible de faire autrement. À gauche, les dirigeants des partis émettent des critiques, mais ils restent silencieux sur leur propre vote des 343 milliards. Ces mêmes dirigeants multiplient des initiatives et des appels divers dans lesquels ils formulent des propositions sur ce qu’il faudrait faire s’ils étaient au gouvernement. Mais ces propositions s’inscrivent dans le respect des institutions de la Ve République et de leur calendrier : les élections (présidentielle et législatives) auront lieu en mai et juin 2022. Faudrait-il donc que durant deux ans encore Macron ait les mains libres pour continuer sa politique désastreuse de destruction ? 

Il y a urgence à empêcher la catastrophe. Non pas en 2022, mais maintenant, tout de suite ! Les mesures pour cela sont connues de tous : décréter l’interdiction des licenciements et le maintien de tous les salaires et revenus pour les travailleurs ; assurer la distribution gratuite et massive des masques et autres moyens de protection et dépistage ainsi que des denrées alimentaires nécessaires à la population ; retirer tout de suite toutes les contre- réformes en cours (celle des retraites, de l’assurance chômage, du baccalauréat) ; bloquer la prétention du gouvernement et du Medef à remettre en cause la durée légale du temps de travail et à généraliser la flexibilité. 

Oui, les mesures nécessaires sont connues de tous. Elles passent par l’arrêt des privatisations et la renationalisation des services publics détruits. Elles passent par le recrutement des dizaines de milliers de personnels soignants nécessaires pour ne pas être soumis à une nouvelle catastrophe sanitaire, l’arrêt de toutes les restructurations des hôpitaux et la réouverture des services et des lits. Elles passent par l’embauche par dizaines de milliers d’enseignants nécessaires pour organiser le rattrapage scolaire et l’annulation de toutes les fermetures de classe et d’école. 

Pour cela, il est indispensable que soient confisqués les 343 milliards (devenus entretemps 400 milliards). Indispensable aussi de procéder à la nationalisation sans indemnités ni rachat du système bancaire, condition d’une relance de l’économie qui parte des besoins de la population et non des exigences de profit des capitalistes. 

Que toutes les organisations qui se revendiquent de la classe ouvrière s’accordent sur un plan de lutte et de mobilisation pour imposer de telles mesures d’urgence ; qu’elles affirment qu’elles n’hésiteront pas à poser la question du pouvoir sous la forme d’un gouvernement d’unité ouvrière rassemblant les organisations et les représentants de travailleurs afin d’imposer ce programme d’urgence et de rupture. Nul doute que les travailleurs et la jeunesse répondraient avec enthousiasme à un tel appel à agir et s’organiser pour que l’emportent leurs besoins vitaux. Dans ces conditions, la catastrophe peut être empêchée. 

Pour cela, bien sûr, on ne peut pas s’en remettre à Macron. Il faut au contraire rompre avec lui et sa politique, sans attendre, non pour le remplacer par un autre « homme providentiel » dans deux ans, mais pour en finir avec la Ve République, ce régime autoritaire et autocratique, et convoquer l’Assemblée constituante souveraine par laquelle le peuple définira lui-même ce que doit être la démocratie, sans hésiter à remettre en cause le carcan de l’Union européenne et de ses traités. 

Telle est l’orientation du Parti ouvrier indépendant démocratique. Le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique propose que dans les prochaines semaines se tiennent des assemblées de discussion dans tous les départements et dans toutes les villes autour des propositions du POID et de La Tribune des travailleurs. Il s’agira d’aider à rassembler la force qui combat pour l’unité, pour ouvrir la voie à la rupture, empêcher la catastrophe, permettre une issue ouvrière à la crise. Pour les adhérents du POID, ces discussions s’inscrivent dans la préparation de leur congrès convoqué en septembre. Ce sont aussi les réunions auxquelles tous les lecteurs de La Tribune des Travailleurs sont conviés sans autre préalable que l’intérêt qu’ils porteront à cette discussion nécessaire pour sauver le pays, les travailleurs et la jeunesse de la catastrophe qui se dessine, ouvrir la voie à l’unité ouvrière et, pour ce qui nous concerne, renforcer le parti ouvrier nécessaire à la victoire. 

Adopté à l’unanimité
par le bureau national élargi 
16 mai 2020, 18 heures 



Signez l’appel pour la restitution des 400 milliards attribués aux banques, pour les affecter à un plan d’urgence de sauvegarde des travailleurs et de leur famille.

Aux travailleurs, militants et jeunes qui ont participé au meeting du 1er-Mai avec des travailleurs du monde entier

Le POID, membre du Comité ouvrier international contre la guerre et l’exploitation pour l’Internationale ouvrière (COI), s’adresse à chacun d’entre vous au lendemain du meeting international du 1er-Mai.

Sous des formes diverses, les militants de 45 pays – qui y ont pris la parole –ont illustré combien la crise du Covid-19 frappe d’abord et avant tout les jeunes et les travailleurs des villes et des campagnes.

Ils ont établi que le régime capitaliste porte la responsabilité des conditions dans lesquelles la pandémie s’est répandue provoquant les désastres que l’on connait.
Nous avons reconnu dans leurs témoignages la situation que nous vivons dans notre pays où se développent la faim, le chômage, la misère.

Nombre d’entre eux ont souligné – comme ne cesse de le faire notre parti à propos du gouvernement Macron– qu’il est impossible de faire une quelconque confiance aux gouvernements capitalistes, que toute politique d’union nationale doit être rejetée.
Dans la diversité de leurs origines politiques, ils ont aussi affirmé leur confiance dans la capacité des peuples à se mobiliser pour en finir avec le régime d’exploitation, pour le socialisme.

La Tribune des travailleurs – qui depuis son premier numéro a inscrit sur sa une « pour l’Internationale ouvrière – rendra compte sur quatre pages du meeting international.
Nous vous invitons à assurer la plus large publicité à ce meeting, en proposant l’abonnement à La TT à vos amis, connaissances, collègues de travail.

⦁ Et, pour ceux d’entre vous qui en sont d’accord, venez renforcer le combat pour l’Internationale ouvrière en rejoignant le Parti ouvrier indépendant démocratique, membre du Comité ouvrier international contre la guerre et l’exploitation pour l’Internationale ouvrière.

[Certains d’entre vous ont fait part de difficultés concernant la réception de certaines interventions lors du direct et différé de 18 heures, le 1er mai. Nous informons que la totalité du meeting sous-titré en français est disponible sur le site du COI, en qualité « replay »]


Ce communiqué peut-être être téléchargé pour impression ci-dessous.


Appel du POID

En annonçant le début du déconfinement partiel le 11 mai prochain – en particulier la réouverture scolaire dans ces conditions –, Macron n’a pu dissimuler ses véritables motivations. Ce n’est pas l’amélioration de la situation sanitaire de la population qui guide cette décision mais l’exigence répétée du Medef et de la classe capitaliste : les profits ne peuvent attendre davantage, il faut rouvrir les entreprises, quels qu’en soient les risques pour les salariés, les enseignants, les enfants. 

Dans la nuit du 17 au 18 avril, Macron a fait voter, sa deuxième loi de finances rectificative : 410 milliards d’euros dont plus de 400 milliards destinés aux banques et aux entreprises. À quoi s’ajoute une fraction importante des 540 milliards d’euros d’aide aux banquiers et aux capitalistes votés la veille par le Parlement européen en accord avec la Banque centrale européenne (BCE). 

Après les ordonnances qui instaurent la possibilité de la semaine de 60heures de travail, les mesures se multiplient qui confisquent RTT et congés payés et condamnent un nombre croissant de travailleurs au chômage partiel, tandis que les licenciements se multiplient, et que la faim sévit dans les familles populaires et dans la jeunesse. 

Dans la nuit du 17 au 18avril, l’Assemblée nationale a donc adopté la loi des 410 milliards. Les députés de l’extrême droite de Mme Le Pen, Les Républicains, les macronistes et les députés du Parti socialiste ont à nouveau voté ensemble pour adopter cette loi. Ceux du Parti communiste français, qui avaient voté pour la première version de cette loi (19 mars) offrant 340 milliards aux capitalistes et aux banquiers, se sont cette fois abstenus, tandis que ceux de La France insoumise, qui, eux aussi, avaient voté pour la loi du 19 mars, ont cette fois voté contre. 

Depuis le vote unanime de l’Assemblée nationale le 19mars, et s’appuyant sur lui, Macron et son entourage multiplient les appels à l’union nationale. Mais dans tout le pays se multiplient les grèves et les mouvements de lutte de classe, exprimant la colère qui monte contre l’application des ordonnances, contre les licenciements, contre l’irresponsabilité d’un gouvernement incapable d’assurer une protection sérieuse contre la pandémie et qui s’engage d’une manière non maîtrisée dans cette prétendue reprise du 11 mai. 

On ne peut marier l’eau et le feu. L’union nationale appelée de ses vœux par Macron et son entourage (et toute une série de forces politiques) n’est qu’un paravent derrière lequel le gouvernement déchaîne une offensive débridée contre les travailleurs, leurs droits et la jeunesse, pour leur faire payer les conséquences de leur crise. 

À la proposition d’un gouvernement d’union nationale, le Parti communiste français a répondu en proposant la création « d’un comité d’urgence nationale » dont L’Humanité (1) précise qu’il devrait associer « forces politiques, syndicales et patronales». De son côté, La France insoumise rejette la formation d’un gouvernement d’union nationale mais se prononce pour « l’unité d’action indispensable pour combattre l’épidémie » avec Macron et son gouvernement (2). 

Il faut dire les choses clairement : les intérêts des exploités et des opprimés sont contradictoires avec toute forme d’union nationale ou d’unité d’action avec Macron et son gouvernement. 

C’est la réquisition qui est nécessaire. Les 410milliards doivent aller non pas aux banques mais au peuple travailleur, pour l’emploi, la santé, l’école. La réquisition des 410 milliards et des avoirs des banques permettra de financer l’annulation des dettes des travailleurs, de leur loyer et de leurs charges diverses. La réquisition des entreprises qui prétendent continuer à imposer l’exploitation pour dégager des profits permettra d’interdire les licenciements. 

À l’union nationale peut et doit s’opposer l’unité ouvrière, l’unité des travailleurs et des organisations pour que soient prises les mesures d’urgence qu’appelle la situation. 

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique se félicite de l’écho remporté par la campagne pour la réquisition des 410 milliards. Il se félicite du succès du meeting du 10avril (par visioconférence) convoqué sur ce mot d’ordre. Il se félicite de l’augmentation du nombre d’abonnés à La Tribune des travailleurs et de voir nombre de travailleurs, jeunes et militants rejoindre notre parti depuis le début de la période de confinement. Tous ressentent la nécessité de regrouper les forces pour le combat, de regrouper les forces pour la réquisition de tous les moyens nécessaires au service du peuple travailleur et pas des banques. Le bureau national appelle à renforcer ce déploiement en particulier autour de La Tribune des travailleurs et à assurer le succès du meeting international du 1er Mai. 

Adopté à l’unanimité par le bureau national du 18 avril 2020, 18 heures 

(1) L’Humanité, 16 avril.
(2) Blog de Jean-Luc Mélenchon, 10 avril. 

Communiqué du POID

Faire la guerre à l’épidémie, s’en donner les moyens

Le 12 mars Macron, d’un ton solennel, en appelait à l’union sacrée contre le coronavirus. Huit jours plus tard, la pandémie se répand à une vitesse foudroyante. De cette expansion, ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé sont très largement responsables et coupables.

Le dramatique manque de masques, de tests de dépistage, de lits, de services de réanimation et de personnels soignants accuse ministres et présidents successifs de la Ve République. Ils avaient un milliard de masques et s’en sont débarrassés ; ils avaient les moyens de produire des tests et ne l’ont pas fait ; ils avaient des hôpitaux et des lits et les ont fermés ; ils avaient des personnels soignants et ont refusé d’entendre leurs revendications ; tout cela pour satisfaire aux exigences du profit capitaliste !

Macron prétend être en guerre contre l’épidémie. Mais à qui fait-il la guerre ? Alors qu’il menace de sanctions quiconque se soustraira au confinement, il multiplie les appels conjoints avec le Medef pour exiger que la « production » tourne et que, pour cela, les salariés travaillent sans protection !

À qui le gouvernement fait-il la guerre quand sa loi d’urgence sanitaire (qui vient d’être adoptée au Parlement) remet en cause les acquis sociaux et les droits des travailleurs, à commencer par ceux envoyés en première ligne : les personnels soignants ? Cette loi vise à réduire au silence les travailleurs qui, dans tout le pays, refusent que l’on joue avec leur vie et celle de leur famille et qui se battent pour obtenir des protections ou faire respecter leur droit de retrait, voire faire cesser la production. Comment comprendre qu’au Sénat comme à l’Assemblée nationale les dirigeants des partis de « gauche » ont félicité le gouvernement pour sa loi d’urgence sanitaire ?

Non, aucun accord n’est possible avec ce gouvernement Macron et le Medef, pour qui, épidémie ou pas, seuls comptent les intérêts des capitalistes et des banquiers !

Faire la guerre à l’épidémie est indispensable, mais cela exige de s’en donner les moyens.

Un gouvernement décidé à faire la guerre au coronavirus mettrait sous contrôle de l’État la totalité de l’appareil de production, pour le mobiliser dans la production de ce qui est indispensable pour protéger la population (masques, tests de dépistage, lits d’hôpital, etc.). Ainsi pourvu, il décréterait le dépistage systématique et la distribution gratuite de masques pour tous.

Un tel gouvernement ferait appel pour cela à la disponibilité et à la compétence des travailleurs organisés avec leurs syndicats, comme ceux de l’entreprise Luxfer (dans le Puy-de- Dôme, qui fabrique des bouteilles d’oxygène) que ses salariés proposent de faire redémarrer tout de suite, bien que l’actionnaire veuille la liquider.

Montreuil, le 21 mars 2020

Un gouvernement de guerre contre le coronavirus réquisitionnerait tous les locaux disponibles, les uns pour les transformer en hôpitaux d’urgence et en salles de réanimation, les autres pour y reloger les personnes sans domicile particulièrement en danger du fait de l’impossibilité de confinement.

Un gouvernement en guerre pour protéger la population garantirait le maintien des salaires, revenus, allocations, décrèterait le moratoire sur les loyers et les charges, et organiserait l’approvisionnement en denrées de base gratuites pour toutes les personnes en difficulté.

Un tel gouvernement devrait pour cela rompre avec les exigences des capitalistes et des multinationales. Ce ne pourrait être qu’un gouvernement de la majorité et non pas au service de la minorité d’exploiteurs et de profiteurs.

Pour répondre à l’urgence de sauvegarde de la population, il faudra bien, un peu plus tôt, un peu plus tard, chasser Macron, son gouvernement d’imposteurs et sa Ve République antidémocratique.

Le mouvement est déjà engagé, celui qui voit les travailleurs, en pleine crise du coronavirus, refuser de faire confiance à Macron, et commencer à prendre en main, sur les chantiers, dans les usines, dans les bureaux, dans les hôpitaux, leur propre défense qui est en même temps la défense de la population, faisant leurs, dans les faits, les paroles du chant des travailleurs du monde entier, L’Internationale : « Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ».

Le Parti ouvrier indépendant démocratique combat pour le gouvernement des travailleurs, gouvernement de la majorité au service de la majorité. Il se construit dans l’aide au combat concret de résistance des travailleurs pour leur survie.

En ces heures difficiles, il assure la publication chaque semaine de La Tribune des travailleurs vers laquelle convergent les témoignages, les comptes rendus, les commentaires des travailleurs et des militants de toutes tendances. Au service d’une seule cause : forger le bloc uni des travailleurs et de leurs organisations, classe contre classe, contre le Medef et le gouvernement Macron à son service.

Travailleurs, jeunes, l’heure des plus grands combats approche. Rejoignez le POID. Abonnez-vous à La Tribune des travailleurs.

Les secrétaires nationaux du POID

COMMUNIQUÉ DU POID Après l’allocution du 12 mars

Dans son allocution du 12 mars, le président de la République a rendu publiques des mesures destinées à faire face à une aggravation prochaine de l’épidémie de coronavirus, la plus spectaculaire étant la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités.

Il n’a en revanche apporté aucune réponse aux situations concrètes vécues par des millions de nos concitoyens. Il y a pénurie de masques, même pour les personnes reconnues atteintes de la maladie, même pour des soignants dans les hôpitaux et des personnels qui portent assistance aux malades. Il y a pénurie de tests. Il y a pénurie de lits et de services dans les hôpitaux et un manque criant de personnels soignants.

Fatalité ? Non : résultat de décennies d’étranglement de la santé publique et des hôpitaux, sacrifiés sur l’autel de l’austérité dictée par les traités européens et appliquée par tous les gouvernements, celui de Macron et de ses prédécesseurs.

De ce dénuement face à l’épidémie, et de ses conséquences possiblement dramatiques, ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé sont responsables et coupables.

Macron en a appelé à la « confiance ». Confiance ? Tout le monde sait que les chiffres sont manipulés, qui excluent des statistiques les malades atteints du coronavirus (ou leur conjoint) auxquels il est refusé de passer les tests, même quand ils présentent tous les symptômes de la maladie. Confiance dans ce régime de la Ve République ? Alors que des chercheurs ont révélé que leurs travaux engagés dès 2003 auraient permis d’identifier plus tôt les mécanismes du virus et donc de préparer les moyens de le combattre efficacement… Mais, austérité oblige, ces recherches ont été abandonnées. Confiance en Macron qui ose cyniquement faire l’éloge de notre système de santé, au moment même où sa contre-réforme des retraites démantèle la Sécurité sociale arrachée en 1945 par la mobilisation de millions de travailleurs ? Non, décidément : aucune confiance en ce gouvernement !

Macron en a appelé aussi à l’ « union sacrée », en raison du caractère exceptionnel de la situation.

Situation exceptionnelle ? Sans doute. Mais cet argument est bien utile quand il s’agit de remettre en cause, au nom du coronavirus, les statuts et les conditions de travail des personnels hospitaliers et des enseignants ou d’imposer le chômage partiel, voire la suppression des emplois ; bien utile aussi pour remettre en cause statuts et conventions collectives dans nombre d’entreprises, du public ou du privé.

Mais quand les organisations syndicales demandent, au nom de situation d’exception, la suspension des réformes en cours (en particulier celles des retraites et du baccalauréat) ou la non-application des nouvelles dispositions de l’assurance chômage qui restreignent les droits, là… pas de réponse !

Pire : Macron a ouvertement annoncé que son gouvernement profiterait des circonstances pour bouleverser l’organisation sociale du pays et accélérer la liquidation de ce qu’il appelle « le Vieux Monde » (c’est-à-dire les acquis sociaux et les garanties arrachés par la lutte de classe et le combat démocratique). Ainsi, la généra- lisation du télétravail obligatoire, « justifiée » par l’urgence et la gravité de la situation sanitaire, deviendrait ensuite permanente ! Il s’agit d’un véritable coup d’État antisocial et antidémocratique.

Il ne fait aucun doute que l’épidémie de coronavirus est d’une extrême gravité. Mais rien ne justifie que les conséquences en retombent sur les travailleurs et les jeunes. C’est pourtant ce qui se prépare. Le12 mars, la Bourse à Paris a connu un krach financier qui a battu tous les records. Durant la même journée, les 500 personnes les plus riches au monde ont vu leurs valeurs cotées en Bourse diminuer de 331 milliards de dollars, c’est-à-dire plus que le budget annuel de la France !

C’est le scénario de 2008 qui recommence, produit de l’impasse dans laquelle la crise du système capitaliste, fondé sur le régime de la propriété privée des moyens de production, entraîne l’humanité. Comme en 2008, la bulle spéculative artificiellement gonflée de capitaux largement fictifs (notamment grâce aux milliards déversés gratuitement par les banques centrales, dont la Banque centrale européenne) finit par éclater. Les travailleurs savent ce que va entraîner l’effondrement des cours de la Bourse. Ces montagnes de capitaux – largement fictifs – brusquement partis en fumée, les capitalistes du monde entier vont s’empresser de les récupérer sur le dos des travailleurs. Dans le contexte de récession mondiale qui commence, ils préparent d’ores et déjà des centaines de milliers, voire des millions, de licenciements dans le monde entier. En même temps, comme en 2008, ils chercheront à renflouer les banques en faillite avec les fonds publics dégagés par la destruction en masse des services publics.

Et c’est pour mettre en œuvre ces plans que Macron en appelle à l’union sacrée et invite les « partenaires sociaux », c’est-à-dire en premier lieu les organisations syndicales, à « faire bloc autour des mesures annoncées » ! En réalité, derrière les termes d’« union sacrée », de « bloc », d’« unité », se dessinent les coups les plus brutaux contre les plus démunis : les travailleurs, les jeunes, les personnes âgées, les mères de famille, les chômeurs.

Le discours de Macron est tout entier une déclaration de guerre anti-ouvrière.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas approuver Jean-Luc Mélenchon quand il déclare, après cette allocution : « L’heure n’est pas à la polémique, l’heure est à la solidarité. » Oui, l’heure est à la solidarité des travailleurs et des organisations ouvrières pour combattre ensemble le déferlement de destructions et de violences que le gouvernement déclenche. Mais l’heure n’est certainement pas à la solidarité avec le gouvernement qui a déclaré la guerre aux travailleurs et à la jeunesse. Dans le mouvement ouvrier, le mot d’ordre doit être : aucune confiance en ce gouvernement. Et aussi : unité des travailleurs et de leurs organisations pour imposer le véritable plan d’urgence et de sauvegarde qui passe par la mobilisation de tous les moyens financiers pour la production en masse de masques, tests et autre matériel indispensable, par la réouverture des lits et des services d’urgence et de réanimation, par l’interdiction pure et simple des licenciements et la garantie intégrale et illimitée de la compensation des pertes de salaire, et par le rétablissement des CHSCT et le respect de toutes les garanties collectives et des prérogatives des organisations syndicales, etc.

Dans de nombreuses entreprises, les travailleurs ont commencé à définir leurs revendications face à l’épidémie du coronavirus. Ils ont établi ce que sont leurs besoins urgents pour se prémunir. C’est la seule voie du combat efficace. Ils exigent des garanties. Ils le font en toute indépendance unis avec leurs organisations syndicales. Ils le font dans un rapport où ils mesurent – qu’il s’agisse du coronavirus ou de toute autre question – que ce sont bien des intérêts de classes qui sont en présence et qu’ils sont fondés à défendre leurs intérêts d’exploités et d’opprimés.

Il ne fait pas de doute que la période qui s’ouvre sera une période difficile. Tous les moyens vont être utilisés par ce gouvernement pour tenter de faire taire la voix de la classe ouvrière et contraindre les organisations à se ranger dans l’union sacrée. Il ne fait pas de doute que les conditions matérielles d’existence vont être dégradées et remises en cause et que le gouvernement tentera de remettre en cause l’exercice des libertés démocratiques, en particulier le droit de revendiquer, de s’organiser, de manifester.

La défense de la civilisation et des droits, tout comme la victoire contre l’épidémie ne viendront pas de l’union sacrée avec ceux qui ont tout fait et continuent de tout faire pour préserver leurs profits au mépris de la préparation des instruments nécessaires pour faire face à la pandémie. L’issue viendra, comme toujours, de l’action unie, résolue et indépendante des exploités et des opprimés. La classe ouvrière doit se défendre comme classe. C’est elle qui a arraché les acquis de la civilisation, c’est elle qui a arraché la Sécurité sociale, les services publics, l’instruction publique, c’est elle qui les défendra sur son terrain de classe.

Le Parti ouvrier indépendant démocratique, fidèle au mandat qu’il s’est fixé, mettra tout en œuvre pour aider à réaliser l’unité des rangs ouvriers pour défendre les droits et les garanties, repousser l’offensive destructrice en cours, et, finalement chasser Macron et sa politique. Au service de cette cause, La Tribune des travailleurs comme elle l’a toujours fait, ouvrira ses colonnes au libre débat entre travailleurs et militants engagés dans la lutte des classes.

Les secrétaires nationaux.

Coronavirus

Quelles mesures d’urgence pour la population ?

À l’hopital du Kremlin-Bicêtre

Des moyens pour rouvrir hôpitaux et services,

des moyens pour rétablir les postes supprimés, pour former et recruter médecins et personnels soignants ?

Des moyens pour interdire les licenciements

et les suppressions d’emploi, des moyens pour garantir les salaires des travailleurs contraints à ne pas aller travailler ?

La décision de renoncer à la réforme des retraites et au démantèlement de la Sécurité sociale ?

Que demandent les personnels hospitaliers et leurs syndicats ?

Les personnels hospitaliers, en raison de la dégradation continue de leurs conditions de travail, sont au bord de l’effondrement. Ils demandent la suppression de l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) qui limitent les dépenses de santé ; ils deman- dent des effectifs supplémentaires, une augmentation générale des salaires, le maintien de leur régime de retraite.

Quel gouvernement prendra ces mesures d’urgence ?

Certainement pas le gouvernement Macron-Philippe qui camoufle la réalité de l’épidémie et qui annonce, comme première mesure, l’exonération des charges sociales pour les patrons !

Seul un gouvernement de rupture avec les diktats de l’Union européenne, un gouvernement au seul service des travailleurs ira chercher les moyens là où ils sont.

Dehors Macron, sa politique et son gouvernement !

Non au coup de force antidémocratique ! Ne touchez pas à nos retraites !

Ainsi donc, le gouvernement Macron-Philippe a osé !

Ce 29 février, mettant à profit l’inquiétude suscitée par l’épidémie de coronavirus, il a pris les premières mesures d’interdiction de rassemblement de masse, puis, dans la foulée, annoncé le recours à l’article 49 ter de la Constitution.

Par ce procédé, ennemi de la démocratie la plus élémentaire, la réforme des retraites sera réputée adoptée en première lecture dès le dimanche 1er mars à 17 h 35 !

Il est inutile de rappeler ce que tous les travailleurs savent : le plan Macron-Philippe vise à contraindre les travailleurs à retarder le plus tard possible l’âge de départ en retraite (67, 69, 70 ans ?) sous peine d’être condamnés à la misère.

La violence antidémocratique du 49 ter n’a d’égale que la violence antisociale de la réforme.

Impossible de laisser faire !

Les organisations syndicales qui, depuis le 5 décembre, ont lancé le mot d’ordre de la grève et des manifestations contre le projet Macron-Philippe ont la responsabilité de lancer la seule consigne à la hauteur de la situation : grève générale dans l’unité contre le coup de force antidémocratique pour le retrait du projet. Il ne fait aucun doute que, dès lundi, dans les entreprises, dans les ateliers, dans les bureaux, dans les écoles, dans les services les travailleurs se réuniront pour décider.

Samedi 29 février 2020, 18 h 45

Les femmes travailleuses sont les premières menacées par la réforme des retraites.
Toutes et tous le 7 mars à 14 h 30
l’assemblée convoquée
par la commission femmes travailleuses du POID