Des milliards d’euros en échange de milliers de suppressions d’emplois…

La loi du 19 mars 2020, votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, a accordé 343 milliards (devenus depuis 400 milliards) aux banques et aux capitalistes, dont 300 milliards consacrés à garantir des prêts aux entreprises.

Sur cette base, ce sont plus de 500 000 entreprises qui ont bénéficié de ce dispositif depuis fin mars, pour un montant de 85 milliards.

Renault a ainsi obtenu un prêt de 5 milliards d’euros le 2 juin, alors même que la direction de l’entreprise a annoncé un plan de 4 600 licenciements en France, plan qui menace l’existence de quatre sites.

Le 6 juin, mille manifestants, des travailleurs de Renault (en grève depuis cinq jours) mais aussi de nombreux salariés de différentes usines du Val-de-Marne, se sont rassemblés à Choisy-le-Roi « pour le maintien de l’usine dont la fermeture a été décidée par la direction ».

Alors, oui, il faut interdire les licenciements. C’est une nécessité vitale pour les travailleurs et leurs familles. Et qu’on ne nous dise pas qu’il n’y a pas d’argent. Les 400 milliards doivent être restitués pour les besoins de l’emploi, des hôpitaux, de l’école.

C’est le sens de l’appel lancé par le POID qui se mobilise pour l’unité pour l’interdiction des licenciements.

Rien de doit s’opposer à la réalisation de l’unité de toutes les organisations et à la multiplication des prises de position communes pour l’interdiction des licenciements et le maintien de tous les emplois.

Pourquoi lycéens, parents et enseignants se mobilisent contre E3C ?

Au lycée Clemenceau, à Villemomble.

Depuis deux semaines, on assiste à un véritable soulèvement des lycéens, parents et enseignants dans les lycées. 

Pourquoi cette mobilisation ? 

A l’origine, les épreuves communes de contrôle continu (E3C).

Qu’est-ce qu’E3C ?

Avant la réforme du bac, les choses étaient simples, claires et justes : un bac national, le même pour tous.

A la fin de l’année de terminale, le même jour, tous les élèves du pays composaient sur le même sujet qui, jusqu’au début de l’épreuve, était resté secret. L’examen avait donc une valeur nationale. Si un élève d’un lycée de centre-ville et un élève d’un lycée de banlieue obtenaient tous deux seize sur vingt, leurs performances étaient rigoureusement identiques : même sujet et correction anonyme avec le même barème.

Avec la réforme du bac : les choses sont compliquées, obscures et injustes : un bac local différent d’un lycée à l’autre.

La réforme supprime presque toutes les épreuves terminales nationales et les remplace par des épreuves locales ayant lieu tout au long des années de première et terminale : c’est le contrôle continu. Les E3C en font partie. Le ministre prétend que ce sont des épreuves nationales parce que les sujets sont choisis au sein d’une banque nationale de sujets (BNS). 

Les E3C apparaissent donc comme un minable bricolage local. Cela est indigne

Les élèves ont droit à de vraies épreuves nationales sérieuses. Personne ne veut des E3C car personne ne veut d’un bac pour les pauvres et d’un bac pour les riches. 

A cette mobilisation, le gouvernement répond par la répression. Inadmissible !

Une conclusion s’impose : abrogation de la réforme Blanquer, pour rétablir un vrai bac national, le même pour tous ! Retrait de la réforme des retraites ! Dehors Macron !

Lisez toutes les informations concernant la mobilisation contre E3C dans La Tribune des travailleurs.

Prenez contact avec le POID.

Les mensonges de Muriel Pénicaud, ministre du Travail

Janvier 2020. Dans une manifestation parisienne pour le retrait de la réforme des retraites.

Avec le système de retraite actuel, les femmes bénéficient de trimestres au titre de la maternité (huit trimestres par enfant dans le privé, dès le premier enfant). 

Rappelons que la contre-réforme des retraites du gouvernement veut supprimer purement et simplement ces trimestres pour les remplacer par une majoration de 5 % attribuée soit à la mère, soit au père. 

Que dit Muriel Pénicaud à propos du système actuel (France Inter, 24 janvier) : « 90 % des femmes vont gagner dans ce système et vont avoir 5 % de plus. » 

Elle ajoute à propos des droits familiaux : « D’abord, il fallait avoir trois enfants, ce qui est quand même une minorité de familles, pour que les enfants soient pris en compte. Le gros progrès, c’est que déjà dès le premier enfant, il y aura 5 % de plus de retraite. Ça fait donc 5 plus 5 pour le deuxième et pour le troisième on rajoute une bonification de 2 %, donc ça fait 17 % de retraite » ! 

Triple mensonge, Madame Pénicaud !

  • Premier mensonge : Madame Pénicaud « oublie » que le passage de l’âge de départ de 62 à 64 ans (puis 65 ans) pénalise lourdement les femmes qui voudraient demain partir à 62 ans (voir ci-dessous). 
  • Deuxième mensonge : contrairement à ce que prétend Madame Pénicaud, il existe actuellement des droits pour les deux premiers enfants. 
  • Troisième mensonge : Madame Pénicaud omet de dire que les 17 % représentent des montants inférieurs à ce qui est attribué aujourd’hui.

Le système par points :

  • Par définition, est défavorable aux femmes qui ont, davantage que les hommes, des carrières « hachées » en raison des maternités mais aussi du temps partiel, bien souvent imposé.
  • Remet en cause des droits familiaux (trimestres supplémentaires pour les deux premiers enfants et majoration de 10 %, pour le père et la mère, pour le troisième enfant).
  • Remet gravement en cause la pension de réversion. 

Madame Pénicaud peut continuer à mentir. L’immense majorité des femmes travailleuses, et avec elles l’immense majorité des travailleurs, ont parfaitement compris qu’ils ont tout à perdre avec cette contre-réforme.

Plus que jamais, retrait de la contre-réforme du gouvernement !

L’étude d’impact intermédiaire du gouvernement

Le Parisien a publié, le 24 janvier, quelques résultats de l’étude d’impact intermédiaire produite par le gouvernement, annexée à l’avant-projet de loi. Selon cette étude, les femmes seront encore davantage pénalisées par la contre-réforme du gouvernement. Ainsi, si elles prennent leur retraite entre 62 et 65 ans, elles perdront de 50 à plus de 300 euros par mois, selon les cas. 
Est donné l’exemple d’une salariée, mère de deux enfants (née en 1980), non cadre, partant à 62 ans : elle toucherait 2 120 euros brut par mois avec le système actuel et 1 882 euros brut avec le système par points, soit une perte de 238 euros. 

Il n’y a rien à négocier ! Le projet Macron-Delevoye
 de retraite par points doit être retiré ! – un tract du POID

Le 3 septembre, Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire chargé du dossier de la réforme des retraites, a annoncé son entrée au gouvernement.

Le ministre Jean-Paul Delevoye veut supprimer les 42 régimes de retraite actuels pour le remplacer par un régime universel par points.

Son projet de réforme va bien au-delà de toutes les attaques précédentes. Il s’agit d’effacer toute référence à des droits collectifs.

Comment ?

  • En supprimant les droits liés au statut
  • En supprimant la garantie du montant de la pension
  • En baissant brutalement le montant de la pension
  • En supprimant les trimestres supplémentaires et les majorations pour enfants
  • En supprimant le départ anticipé pour les métiers pénibles 
  • En diminuant le montant des pensions de réversion

Vous voulez en savoir plus ?

Vous voulez comprendre le contenu de ces mesures et leurs conséquences ?

Vous voulez connaître les propositions faites pour vous y opposer ?

Retrouvez toutes les informations à ce sujet
dans le 4-pages Spécial retraites publié dans La Tribune des travailleurs n° 204.

Réforme des retraites : le gouvernement abat ses cartes


Le gouvernement s’apprête à rendre publiques ses mesures visant à mettre en place le régime universel de retraite par points.

Quelles sont les principales mesures ?

Le gouvernement Macron-Philippe voudrait nous faire travailler plus longtemps
et diminuer les pensions versées…

Car le système par points, de l’aveu même de ses partisans, fait disparaître toute référence à une durée de cotisation et à un âge de départ à la retraite. Tout dépendra du nombre de points accumulés individuellement.

Cyniquement, le haut-commissaire à la réforme des retraites affirme : « Les Français partent quand ils décident que leur pension est au niveau qu’ils souhaitent » !

Le choix est donc : soit partir plus tard, soit partir avec une pension de misère.

… Et détruire les 42 régimes de retraites existants…

Est annoncée la création en 2020 d’une « structure commune universelle regroupant l’ensemble des organismes gestionnaires » qui chapeauterait tous les régimes existants.

Avec une gestion unique, toutes les garanties collectives acquises dans les 42 régimes actuels seraient supprimées : pénibilité, bonifications familiales, prise en compte des congés maternité, de maladie, de chômage, etc.

… Et détruire la solidarité ouvrière collective

Le système actuel, quel que soit le régime, garantit, par la solidarité ouvrière, la prise en compte des congés maternité, maladie, chômage ou invalidité comme des périodes d’activité.

C’est le salaire différé (cotisations salariales et patronales) qui assure ces droits.

Le système par points ne connaît que l’heure travaillée, le chacun pour soi, et ignore la solidarité ouvrière. Femmes en congé maternité, chômeurs, handicapés, travailleurs précaires n’auraient plus de droits spécifiques en matière de retraite mais recevraient (ou non) des aumônes de l’État.

Il en serait de même pour les bonifications familiales ou les pensions de réversion.

Cette réforme doit être bloquée. C’est une question vitale pour l’immense majorité de la population !

Ne touchez pas à nos retraites !
Maintien des 42 régimes de retraite existants !
Retrait du projet de retraite universelle par points !


La Tribune des travailleurs, le seul journal à mener campagne pour l’unité pour le retrait de la réforme des retraites, pour la grève générale unie pour bloquer Macron.


Dans l’enseignement, après le 4 avril, où en sommes-nous ? Que faire pour bloquer Blanquer et ses projets ?


Mercredi 17 avril, Créteil : dans une conférence de presse, les représentants de quatre syndicats d’enseignants du premier degré du Val-de-Marne rendent public un appel lancé par plus de 250 directrices et directeurs d’école (sur les 615 que compte le département) exigeant le retrait pur et simple du projet de loi Blanquer. 

Quinze jours auparavant, le 4 avril, les enseignants, particulièrement dans les écoles, s’étaient massivement mis en grève avec des taux de grévistes de 70 % et davantage dans nombre de départements franciliens, avec des milliers d’écoles totalement fermées ou majoritairement en grève… Ils ont défilé regroupés par école, par établissement, en nombre avec leurs propres banderoles confectionnées avec des draps et des pancartes artisanales qui, dans leur quasi-totalité, revendiquaient le retrait des projets Blanquer. 

Depuis le 4 avril, dans des centaines d’écoles, les professeurs se réunissent, adoptent des motions pour réaffirmer leur volonté que soit retiré le projet de loi Blanquer et que soient satisfaites leurs revendications. À Paris par exemple, des dizaines d’écoles concluent leur motion en indiquant que les enseignants sont « prêts à se mobiliser notamment par le biais de la grève jusqu’à satisfaction des revendications »… et les adressent à leurs organisations syndicales. Dans les communes se multiplient les réunions associant parents et enseignants avec les syndicats pour la défense de l’école publique et le retrait de la loi Blanquer… 

Dans le second degré, l’indignation des enseignants contre la mise en place des réformes du bac, du lycée, contre les mesures de suppressions de postes ne cesse de s’exprimer par tous les canaux. Le 12 avril, des professeurs de philosophie du Val-de-Marne et de Seine-et-Marne, réunis par leurs inspecteurs autour des programmes de l’enseignement de spécialité HLP (humanités, littérature et philosophie), ont voté le boycott de cette « formation » pour y opposer l’exigence d’« abrogation des réformes Blanquer du lycée et du baccalauréat »… 

Mais, ce jeudi 18 avril, quelques centaines d’enseignants du premier et du second degré de la région parisienne ont manifesté dans les rues de Paris à l’appel de plusieurs organisations syndicales. Appelés à la grève à 48 heures du début des congés, les enseignants ont clairement rejeté cette proposition ; ils sont disponibles pour se mobiliser et combattre pour imposer le retrait, mais ils ne sont pas prêts à s’aventurer dans des initiatives éparpillées, disloquées et inefficaces. Forts de l’expérience des dix-sept journées d’action contre la loi Travail, ce qu’ils recherchent, c’est la voie de la grève, de la vraie grève, dans l’unité avec leurs syndicats, la grève qui fera plier le gouvernement et obtenir le retrait du projet de loi Blanquer. 

À quels problèmes sommes-nous confrontés ? Comment les surmonter ? 

Dans un article publié dans La Tribune des travailleurs au lendemain du 4 avril, nous écrivions : « Quelle n’a pas été la surprise (des milliers d’instituteurs réunis en assemblées générales le 4 avril pour envisager la suite) de s’entendre proposer des initiatives aussi multiples qu’inefficaces. Telle fédération syndicale proposant de faire grève deux jours par semaine en attendant la journée d’action de la fonction publique du 9 mai, une autre des journées “écoles mortes”, des “nuits d’école ”, des pique-niques… ou encore la grève des examens en juin ! 

Qui peut croire que de telles actions éparpillées, disloquées, qui diluent la puissance concentrée dans la grève et les manifestations de ce 4 avril feront reculer le gouvernement ? Qui peut croire qu’en dehors de la grève unie des enseignants et de leurs syndicats, il soit possible de faire céder le ministre Blanquer ? »

Cela reste la question posée. Ces derniers mois, les enseignants du second degré de Créteil, ceux du premier degré de Dreux, du Val-de-Marne, ont cherché à s’organiser avec leurs syndicats à partir de leurs assemblées générales d’établissement, en mandatant des collègues dans des assemblées générales de délégués. Cela a donné confiance par exemple à certains lycées pour reconduire la grève en février et organiser un rassemblement au ministère pour exiger l’abrogation des réformes Blanquer du bac et du lycée. 

Notre point de vue, comme enseignants du POID, le voici : le projet de loi Blanquer rejeté massivement par les enseignants et les parents, sera balayé si se dresse contre lui l’unité, à tous les niveaux, des enseignants et des parents avec les syndicats. Oui, il sera balayé par la grève unie avec les syndicats jusqu’au retrait. 

Qu’en pensez-vous ? Discutons-en. 


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