Et maintenant, ils jettent en prison les ouvriers qui défendent leur emploi !

goodyear

«Ce qu’ils cherchent,c’est nous casser, nous,et casser le Code du travail en même temps!»

Par Dominique Reitzman

Jeudi 14 janvier après-midi, nous rencontrons, sur le parking de l’usine Goodyear, à Amiens, Jean-François Quandalle, qui fait partie des salariés et militants ayant écopé neuf mois fermes, ainsi qu’Hervé Marchal et Richard Jouhannet, élus au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Ces salariés sont comme des millions dans ce pays. Ils ont passé leur vie entière dans leur entreprise : « Je suis à Goodyear depuis trente-trois ans, entré à 19 ans. Lui aussi, trente-trois ans, et lui, eulement vingt-neuf, c’est un “bleu” ! » L’un d’eux précise que son père et son fils ont aussi travaillé à Goodyear. Son père a démarré à l’ouverture, en 1960 : « C’est toute ma vie. »

Les condamnations de salariés et de syndicalistes à de la prison ferme (neuf mois) a fait l’effet d’un coup de massue : « On s’attendait au pire à du sursis, étant donné le retrait de la plainte déposée par la direction et les cadres retenus trente heures. Ils n’ont pas été séquestrés, mais juste retenus, dans de bonnes conditions…Rien à voir avec ce qui nous est arrivé à nous : la perte d’un boulot, sans aucun espoir de retrouver du travail. Sur les 1 143 licenciés, plus de 800 sont encore sur le carreau, malgré les créations d’auto entreprises, et ici, au moins une dizaine d’entreprises ont licencié autour : cantines, sécurité… sans compter la baisse de la consommation. »

La zone est déserte. Seule « activité » : sur le parking, le ballet des semi-remorques, immatriculés en Pologne, évacuent les machines du secteur pneus agricoles (celles du secteur tourisme sont déjà parties) : « Les machines, nettoyées et révisées, partent à la société Kabat, en Pologne, une société qui fait du caoutchouc, pas du pneu, mais on sait que Titan a ouvert une usine en Russie, et c’est certainement Titan qui va tout récupérer. »


«450 plaintes de salariés classées sans suite », mais pour les huit salariés des peines de prison ferme.»


La colère pointe du doigt cette justice de classe qui condamne les syndicalistes et les salariés : « En quelques années, au moins 450 plaintes ont été déposées par les salariés, que ce soit pour harcèlement, ou mise en danger, car on nous donnait les produits dangereux sans mise en garde, sans rien. Aucune de ces plaintes n’a été retenue, le procureur a tout classé sans suite ! »

« Comme l’a dit Mickael Wamen (le responsable CGT et l’un des condamnés) : il y a eu douze suicides de gars à bout, et on ne sait pas combien de cancers. On nous dit, après, que c’était le tabac ou la bouffe, mais si vous saviez ce qu’on a vu : des gars humiliés, à qui la direction ne donnait plus de boulot, qui erraient dans l’usine, et se faisaient sanctionner ou menacer car ils n’étaient pas présents à la minute où ils étaient appelés ! »

Un autre ajoute : « Notez bien que dans l’accord de fin de conflit, signé par le syndicat, l’employeur, mais aussi le préfet, donc l’Etat, s’engageaient à retirer les plaintes ! La parole donnée a été trahie : cet accord n’est pas respecté ! Et le gouvernement ose dire maintenant que la justice est “indépendante” ! »

« Je revois encore Hollande, en 2012, ici même sur le parking, qui disait que jamais on ne toucherait à un délégué, qu’il s’engageait à nous défendre ! D’ailleurs, on a voté pour lui ! »

« Et Montebourg, qui était ministre de… ah oui, du “redressement économique”, qu’a t-il fait ? RIEN ! Et Pascale Boistard (ancienne député PS de la Somme, actuelle secrétaire d’Etat aux Droits des femmes du gouvernement Valls) qui nous parle maintenant de son “émotion”. Mais ce n’est pas d’émotion dont nous avons besoin, nous voulons qu’elle prenne une position plus dure contre ce jugement. Il est vrai qu’elle n’ose peut-être pas, en vue des prochaines élections ! »

Comment ne pas partager cette colère ? Mais immédiatement, la discussion s’ouvre : comment faire reculer, comment obtenir la relaxe immédiate ? L’un de nos interlocuteurs s’interroge : « Et Martinez, que fait-il, et notre fédération ? Ce ne serait pas possible de faire quelque chose de sérieux ? Et cette fois, tous ensemble ! Maintenant, c’est à eux de s’y mettre, nous, on a fait tout ce qu’on pouvait, à eux de rassembler, à eux d’agir, et c’est possible. »

Car ce que cherche le gouvernement en fait, c’est nous casser, nous, et casser le Code du travail en même temps ! »

 


 Justice de classe, violence de classe…

Jean-Pierre Raffi

Deux mois après l’instauration de l’état d’urgence, pas un des auteurs directs des attentats du 13 novembre (sans parler de leurs commanditaires) n’a été arrêté, jugé, condamné.

En revanche, fait sans précédent, huit ouvriers syndicalistes de Goodyear viennent de se voir promptement condamnés à neuf mois de prison ferme pour avoir retenu dans leurs bureaux deux cadres de l’entreprise au cours d’une action visant à bloquer un plan de plus de 1 000 licenciements. Et on nous dira que l’état d’urgence ne vise pas à créer une atmosphère propice à tous les mauvais coups, qu’il n’est pas avant tout une arme pointée directement contre les libertés démocratiques, politiques et syndicales, et contre les organisations, comme le dénoncent, de plus en plus nombreux, militants et organisations ouvrières et démocratiques…

Poussant jusqu’à leurs extrêmes limites les institutions réactionnaires de la Ve République, le gouvernement Hollande-Valls est directement impliqué dans l’exemplaire brutalité du jugement prononcé à l’encontre des syndicalistes de Goodyear.

«La condamnation des huit de Goodyear, le procès des syndicalistes d’Air France, la réforme liquidatrice du Code du travail, les mesures annoncées contre les jeunes, s’inscrivent tous dans une même politique réactionnaire.»

Jugement de classe, violence de classe ! La condamnation des huit de Goodyear, le procès des syndicalistes d’Air France le 27 mai prochain, la préparation en mode accéléré d’une réforme liquidatrice du Code du travail (lire page 12), les mesures d’une violence inouïe annoncées par Hollande-Valls contre les jeunes avec notamment la généralisation du service civique (lire page 4) : tout ceci s’inscrit dans une même politique réactionnaire qui soulève dans tout le pays une même colère, une même aspiration à la riposte unitaire des travailleurs et de leurs organisations.

La situation exige la relaxe des huit de Goodyear, la levée immédiate de l’état d’urgence, l’arrêt de toute remise en cause du Code du travail, et de toutes les contre-réformes (PPCR, CPA…) que Hollande et Valls ont inscrit à leur programme des tout prochains mois.


Les réactions dans le mouvement syndical

C’est par centaines que les instances syndicales ont condamné le jugement du 12 janvier et exigé la relaxe immédiate des salariés et militants de Goodyear. A commencer, bien entendu, par le syndicat CGT Goodyear, qui déclare : « En même temps qu’ils préparent la suppression dans quelques mois de plus de 1 000 articles du Code du travail, Hollande, Valls et Macron ont décidé de déclencher une répression sans précédent des syndicalistes qui luttent dans les entreprises. Avec les huit condamnés de Goodyear, l’exécutif veut faire un exemple. » En trois jours, cet appel avait recueilli 66 000 signatures sur Internet.

Dans un communiqué commun, le syndicat de Goodyear, la fédération nationale des industries chimiques, l’union départementale de la Somme et l’union locale d’Amiens ZI de la CGT déclarent : « C’est la première fois dans l’histoire de la République que, sous un gouvernement dit “de gauche”, de telles peines sont infligées à des syndicalistes. (…) Une justice qui place le militant syndical au rang de délinquant est une justice de classe. (…) Si le gouvernement veut déclarer la guerre au syndicalisme CGT, il devra en assumer les conséquences. »

On ne compte plus, dans la CGT, les prises de position de syndicats, unions locales et départementales, fédérations, comme au plan confédéral. Impossible de les citer toutes, mais signalons cette demande, adressée à la confédération, émanant du secrétaire de l’union départementale de Haute-Garonne, qui propose « la tenue d’un comité confédéral national (CCN) extraordinaire » dans une « situation à ne pas déconnecter de l’état d’urgence et du climat antisocial ».

C’est tout le mouvement syndical qui se sent agressé par le jugement. C’est ainsi que la fédération FO Chimie déclare, dès le 13 janvier : « Après les salariés d’Air France mis en garde à vue, une nouvelle étape a été franchie avec ceux de Goodyear. (…) La Fédéchimie ne peut que condamner cette décision ignoble et appuie sans réserve toutes les initiatives qui seront prises afin de revoir ce jugement judiciaire inacceptable et injuste. » De même, la fédération FO des cheminots.

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de la confédération FO, écrit quant à lui : « J’ai signé l’appel de la CGT par rapport à la condamnation des militants de Goodyear pour “rétention” de cadres. Même si nous l’aurions écrit différemment, c’est une question de principe et un événement qui ne doit pas faire jurisprudence. »

Mêmes réactions des syndicats jusqu’au niveau fédéral, du côté de la FSU et de Solidaires.

L’assemblée des 150 délégués et militants syndicaux de l’Assistance publique- Hôpitaux de Paris réunis le 14 janvier à l’initiative des syndicats CGT, FO, avec la CFTC, la CGC et l’UNSA, considère dans une motion que « dans le contexte de l’état d’urgence, c’est une attaque sans précédent contre le mouvement syndical, ses organisations, et contre tous les travailleurs qui voudraient défendre leur emploi et leurs conditions de travail (…). Verra-t-on condamner, demain, des militants syndicaux et des personnels s’opposant à la mise en œuvre de l’accord Hirsch-CFDT du 27 octobre 2015 sur la réorganisation du travail et du temps de travail à l’AP-HP ? L’assemblée de délégués est du côté des militants condamnés,exige l’annulation de ce jugement inique et la relaxe immédiate des huit salariés de Goodyear. »

Une indignation qui resserre les liens entre militants de toutes appartenances syndicales, comme l’exprime, dans la Somme précisément, cet appel commun, le 13 janvier, des unions locales d’Abbeville de la CGT, de FO, de Solidaires et de la FSU, et qui traduit une conviction : il faudra bien l’unité, à tous les niveaux, pour « faire annuler ce jugement inacceptable et révoltant ».


Lire également dans la tribune des Travailleurs du 19 janvier, ainsi que La déclaration des secrétaires nationaux du POID (Relaxe immédiate des huit salariés condamnés ! )


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Campagne pour le retrait du projet de loi gouvernemental sur le Code du travail « L’heure est à la mobilisation dans l’unité ! »

Dans quelques jours, le 14 janvier, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, doit présenter au Conseil des ministres un projet de loi de «réforme du Code du travail»


De quoi s’agit-il ?
vignette tract janvier 2016 La commission Badinter mise en place par le gouvernement propose de substituer au Code du travail avec des droits précis et codifiés dans 3 809 pages, quelques vagues « principes fondamentaux ». Selon la ministre, « le gouvernement fait le choix de réécrire la partie essentielle du Code du travail consacrée à la durée du travail, au repos et aux congés » (souligné par nous).
Pour le gouvernement, il s’agit de mettre en œuvre les directives de l’Union européenne exigeant de « reformer le droit du travail » afin « de faciliter, au niveau des entreprises et des branches, les dérogations aux dispositions juridiques générales, notamment en ce qui concerne l’organisation du temps de travail », et cela, « en concertation avec les partenaires sociaux ».

Pour l’Union européenne, pour les capitalistes : trop cher le coût du travail, trop élevé le Smic, trop longs les congés maternité, trop courte la semaine de travail, trop de droits ouvriers dans le Code du travail !

Travailleurs, militants, jeunes,

A l’ombre de l’état d’urgence, le gouvernement accélère ses attaques anti-ouvrières.
Faites savoir partout que ce 14 janvier, le Conseil des ministres discutera de ce plan de démolition du Code du travail.
25 000 travailleurs, jeunes et militants de toutes tendances ont pris position, à l’initiative du POID, pour que, face à l’attaque du gouvernement, se constitue le bloc uni des travailleurs et des organisations pour, d’une seule voix et sans faille, dire : « Ne touchez pas au Code du travail, Hollande-Valls-El Khomri, retirez votre projet de loi ».

Pour développer cette campagne, des militants de toutes tendances ont commencé à constituer des comités pour l’unité. Discutons-en !

Signez l’appel
« Ne touchez pas au Code du travail,
Hollande-Valls-El Khomri, retirez votre projet de loi
».

pétition poid janvier 2016

Lisez, dans La Tribune des travailleurs cette semaine,
le dossier pour la défense du Code du travail.
Prenez connaissance de l‘appel au meeting du 23 janvier à Paris « pour la levée de l’état d’urgence ».

La première réunion du bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique s’est tenue le 12 décembre

Par christel Keiser

• Le  12 décembre, se réunissait pour la première fois le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique (POID) élu le 22 novembre. A l’ordre du jour : l’organisation du travail des membres du bureau national autour de La Tribune des travailleurs; les finances du parti ; le projet de déclaration politique pour le soir du deuxième tour ;  les campagnes du parti ; la question laïque.

Au centre : les adhérents, leur assemblée mensuelle, leur organisation avec et autour du journal, sa discussion, son élaboration. C’est à partir de là que le bureau national s’organise.

Dans la discussion, des évidences : ainsi, le soutien à l’initiative des « 333 » pour la levée de l’état d’urgence. Initiative large, d’unité, rassemblant sur une question et une seule, mais une question centrale. Un camarade évoque l’indignation des travailleurs rassemblés en soutien à ceux d’Air France le 2 décembre face au déploiement policier « encadrant » le rassemblement. D’autres font état de l’indignation des militants et sympathisants du PCF face au vote de leurs députés en faveur de l’état d’urgence : « Difficile de demander aux gens d’aller voter pour ceux qui votent l’état d’urgence et nous tapent dessus tous les jours », déclare l’un d’eux, en réponse à un appel à « se mobiliser contre le Front national » au deuxième tour des régionales.

Dans huit départements, les bases sont jetées pour la constitution de nouveaux comités

Discussion sur l’organisation du parti : les cartes, les comités. Dans huit départements non représentés à Issy-les-Moulineaux, où se réunissait carte2016le congrès du POI fidèle à ses origines les 21 et 22 novembre, des camarades ont commencé à jeter les bases de comités du POID. Certains attendaient de voir ce qui allait sortir des « deux congrès », voulaient être sûrs de faire le bon choix.

Le bureau national, bien sûr, est revenu largement sur la situation marquée par la forte abstention du premier tour des élections. Rien ne garantit qu’elle soit aussi importante au deuxième tour. Mais quoi qu’il en soit, la Ve République est mortellement frappée et tous les partis institutionnels sont au bord de la dislocation. « L’élément marquant, c’est le rejet de l’Union européenne », souligne un camarade, qui estime que nous devrions mettre cette question plus au centre de notre campagne.

S’agissant des comités pour l’unité pour la défense du Code du travail, le bureau national a été particulièrement attentif au calendrier, notamment à la date du 15 janvier, où la mission Badinter rend son verdict. Aucune illusion n’est possible, souligne une camarade, qui évoque le tract élaboré par son comité. On y trouve une comparaison éloquente entre le Code du travail et le livre rédigé sur ce sujet par Badinter sous le titre : Le Travail et la loi. Ainsi, rappelle-t-elle, s’agissant de la protection des salariés en situation de maternité, de paternité, d’adoption et d’éducation des enfants, le chapitre V du livre II du Code du travail comprend 71 articles dont, par exemple, l’article L.1225-16, qui dit : « La salariée a le droit de bénéficier d’un congé maternité pendant une période qui commence six semaines avant la date présumée de l’accouchement et se termine dix semaines après la date de celui-ci. »

Dans le « code Badinter », ces 71 articles sont remplacés par un seul, l’article 20, qui stipule : « La grossesse et la maternité ne peuvent justifier d’autres mesures que celles requises par l’état de santé de la femme. La grossesse ouvre droit à un congé qui se poursuit au-delà de l’accouchement. ». « Voilà ce que veut dire leur prétendue simplification, c’est la barbarie », conclut-elle.

Aider à créer les conditions de l’unité pour bloquer le projet de loi de la ministre El Khomri

Mais quel est l’objectif de la campagne ? Faire des signatures, constituer des comités, cela suffira-t-il ? Nous combattons pour l’aide à la réalisation de l’unité, ce n’est pas un vain mot. L’exigence de défense du Code du travail grandit dans le mouvement ouvrier, dans les organisations. De même d’ailleurs que celle de la levée de l’état d’urgence. Notre objectif est de tout faire, en toute indépendance, sur un plan politique pour aider à créer les conditions de cette unité, de ce bloc uni des travailleurs et des organisations pour bloquer le projet de loi de la ministre El Khomri. C’est dans cet objectif que nous voulons, sans préalable, avec les travailleurs et militants de toutes tendances qui partagent cette volonté, constituer partout les comités pour l’unité.

Il en est de même s’agissant des élus : les schémas départementaux de coopération intercommunale
ne passent pas. C’est une révolte généralisée. Le soutien porté à l’initiative commune de Jean Bartholin et Gérard Schivardi vise donc à rassembler, dans tous ses aspects, la révolte des élus, aussi bien contre l’asphyxie financière que contre l’entreprise de liquider les communes. A l’heure où Hollande annonce sa révision constitutionnelle, il nous faut réaffirmer qu’il n’y a pas de combat pour la démocratie sans agir pour aider à la résistance des élus dressés contre la liquidation des communes, cellules de base de la République et de la démocratie.

Ce bureau national, c’est celui de la libre discussion. Tous les camarades n’ont pas le même point de vue. Leur origine dans le mouvement ouvrier, leur expérience, sont diverses et, inévitablement, leurs réponses aux différentes questions ne sont pas les mêmes.

Mais tous sont animés d’une même volonté : par la libre discussion, par l’exercice de la démocratie ouvrière, aider ce parti — « sauvé de la destruction qui le menaçait », comme l’a dit un camarade — à aller de l’avant. Et cela est vrai au plan national comme au plan international : la discussion a eu lieu sur la manière de répondre à nos camarades afghans qui proposent la tenue d’une conférence mondiale contre la guerre et l’exploitation. Nous aurons l’occasion d’y revenir le 9 janvier, date de la prochaine réunion du bureau national.


 

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Bulletin abo

Déclaration du POID au soir du 2è tour des élections régionales

Déclaration du logo POID

Bureau national – 13 décembre 2015, 23 heures – Ce résultat du deuxième tour ne fait pas disparaître l’ampleur du rejet exprimé une semaine plus tôt.

Au soir du deuxième tour des élections régionales, il apparaît que l’alliance entre la droite et la gauche, avec ses retraits et fusions de listes, a atteint son objectif : empêcher que le Front national ne s’empare d’une présidence de région.

Pourtant, les dirigeants de ces partis institutionnels ne crient pas victoire. Ils savent que ce résultat n’enlève rien à la profondeur de la crise politique et institutionnelle qui déstabilise de fond en comble le pays et conduit leurs partis au bord de l’implosion.

Ils savent que ce deuxième tour ne fait pas disparaître l’ampleur du rejet exprimé au premier tour, en particulier dans l’abstention massive, atteignant des pics de plus de 80 % dans les quartiers ouvriers et populaires. Un premier tour marqué non pas tant par une « percée du Front national » (qui n’a fait que conserver ses voix de 2012) que par l’effondrement des partis institutionnels.

Ils savent que cette politique qui leur est commune ouvre la voie au Front national, en même temps qu’elle tend à effacer, aux yeux d’une large fraction de l’électorat, toute différence entre la gauche et la droite

C’est pourquoi il est nécessaire, aujourd’hui, d’aborder la situation non pas à partir de ces termes abstraits de « gauche » et de « droite », mais en termes de classes sociales et de démocratie.

En termes de classes : depuis trente ans, tous les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, appliquent les directives de l’Union européenne, privatisent les services publics, diminuent le pouvoir d’achat des salariés, généralisent la précarité. Tous facilitent et accompagnent les plans de licenciement, et coupent en masse dans la dépense publique. Tous s’attaquent aux retraites et à la Sécurité sociale, précipitant des millions d’entre nous dans un appauvrissement sans fin. Et tout cela pour payer la dette des grandes banques et défendre les intérêts des capitalistes !

En termes de classes : tous, y compris l’actuel gouvernement Hollande-Valls, agissent comme des gouvernements anti-ouvriers et antipopulaires.

En termes de démocratie : tous les partis institutionnels (PCF, PS, LR, UDI) ont voté l’état d’urgence et sa prolongation. Tous appuient la liquidation des communes, cellules de base de la République, au profit d’une régionalisation calquée sur les schémas européens. Tous défendent la Constitution de la Ve République, envisageant même de l’aggraver dans un sens encore plus antidémocratique. Tous considèrent légitime l’intervention militaire en Syrie et en Irak. Tous sont favorables à ce que les organisations syndicales soient associées à la remise en cause des droits ouvriers.

En termes de démocratie : tous, y compris le gouvernement Hollande-Valls toujours en place, constituent des gouvernements antidémocratiques glissant chaque jour davantage vers un régime autoritaire qui menace ces deux piliers de la démocratie politique que sont l’indépendance des syndicats, d’une part, et, d’autre part, l’existence des communes, socle de la République.

Le gouvernement Hollande-Valls, qui prétend s’appuyer sur une union nationale chancelante, conduit le pays à la ruine et au désastre.

poi.secnat@gmail.com

Leurs partis sont en lambeaux, mais les dirigeants font mine de se féliciter de leur résultat électoral du soir. Comme si le rejet d’aujourd’hui n’allait pas se poursuivre demain !

Et ils continuent ! Dans un mois, la mission Badinter rendra son rapport qui prépare le projet de loi de la ministre El Khomri : l’objectif est de faire disparaître le Code du travail, en privilégiant les accords au niveau de chaque entreprise. C’est une logique d’individualisation et de précarité généralisée, dont Attali, l’ancien conseiller de Mitterrand, a eu le cynisme de déclarer, le 22 juin dernier sur Europe 1, que « cela dessine un avenir où tout le monde aura le statut des intermittents du spectacle » !

Le Code du travail est menacé, et avec lui, les statuts, la Sécurité sociale et les régimes de retraite. Tous les acquis arrachés par le combat ouvrier et démocratique — ceux de la Révolution française, de la grève générale de 1936 et du soulèvement des masses en 1945 — sont menacés par ce gouvernement, qui s’appuie sur le consensus pro-Union européenne de tous les partis institutionnels.

Pourtant, la multiplication des grèves indique que la classe ouvrière n’accepte pas les plans de destruction, et cherche à regrouper ses forces pour le combat. Sur un autre plan, les mobilisations des élus expriment la résistance de la démocratie communale, et plus généralement des partisans de la démocratie politique.

Les plus grands combats sont devant nous.

De toutes parts, on entend dire que l’heure n’est plus aux partis politiques. Il est vrai que les partis politiques rejetés, qui ont lié leur sort à la Ve République et à l’Union européenne, vivent aujourd’hui leurs derniers instants.

Mais ce serait une erreur d’en conclure qu’il n’est pas besoin de parti. Les travailleurs, les exploités, les opprimés, ont besoin d’un parti qui se situe sur un terrain de classe, un parti qui défende les intérêts ouvriers et populaires, et non le prétendu « intérêt général », qui n’est que celui des patrons, des banques et des multinationales. Ils ont besoin de pouvoir s’appuyer sur un parti qui n’a pas d’intérêts distincts des leurs.

Ils ont besoin de pouvoir s’appuyer sur un parti qui aide à l’action unie pour défendre les acquis de la classe ouvrière, comme le fait le Parti ouvrier indépendant démocratique (POID), aujourd’hui engagé dans la campagne pour constituer partout des comités pour l’unité pour la défense du Code du travail.

Ils ont besoin de pouvoir s’appuyer sur un parti qui aide les élus à organiser leur mobilisation pour la défense et la reconquête de la démocratie communale contre la régionalisation et l’intercommunalité forcée, pour le retour à la République et aux communes de 1793.

Un parti qui n’accepte pas l’arbitraire de l’état d’urgence et soutient la campagne des « 333 » pour la levée de l’état d’urgence.

Un parti qui affiche clairement son objectif : celui d’un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, un gouvernement des travailleurs et de la démocratie qui en finisse avec la dictature de l’Union européenne et de la Ve République ; un gouvernement qui, à l’échelle internationale, combat aux côtés des travailleurs et des peuples du monde entier contre la guerre et l’exploitation ; un gouvernement qui s’appuie sur les délégués élus et révocables formant l’Assemblée constituante par laquelle le peuple lui- même décidera d’en finir avec les carcans qui l’étouffent et de prendre son sort entre les mains.

Ce parti, nous avons commencé à l’édifier. Nous invitons tous ceux qui partagent ses objectifs, ou qui du moins veulent en discuter, à participer aux assemblées ouvertes du POID. Rejoignez le POID.

Le bureau national du POID, le 13 décembre 2015, 23 heures

Le communiqué au format pdf est ici

Le POID appuie la constitution des comités pour l’unité pour la défense du Code du travail, contre la réforme préparée par la mission Badinter. (communiqué du 6 décembre 2015)

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Appel Ne touchez pas au Code du travailCliquez ci-contre
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Le Parti ouvrier indépendant démocratique, qui se prononce pour la levée de l’état d’urgence, condamne la non-autorisation de la manifestation laïque prévue le 5 décembre 2015 à l’initiative de la Libre Pensée […]

logo POIDLe Parti ouvrier indépendant démocratique, qui se prononce pour la levée de l’état d’urgence, condamne la non-autorisation de la manifestation laïque prévue le 5 décembre 2015 à l’initiative de la Libre Pensée et de nombreuses associations et organisations.

Alors que l’on se prépare à commémorer le 110e anniversaire de loi de séparation des Eglises et de l’Etat, les atteintes à la laïcité n’ont jamais été aussi nombreuses. Comme tous les gouvernements de la Ve République, le gouvernement Hollande-Valls verse abondamment des fonds publics à l’école privée.

Avec la loi Peillon qui disloque l’enseignement par la mise en place des projets territoriaux, l’école est désanctuarisée. Elle est ouverte aux élus, aux groupes de pression divers, aux groupements politiques et religieux.

Plus que jamais, la défense de la laïcité impose l’abrogation de l’ensemble des lois antilaïques, à commencer par la mère de toutes ces lois, la loi Debré, et également l’ensemble des lois antilaïques qui ont remis en cause le caractère national de l’école, de la loi Jospin à la loi Peillon.

Le Parti ouvrier indépendant démocratique, qui avait, dans La Tribune des travailleurs, apporté son soutien à l’appel à manifester le 5 décembre 2015 pour l’abrogation de toutes les lois antilaïques, pour les fonds publics à l’école publique, réaffirme son soutien à ces mots d’ordre et à ces exigences. Il appuie toute initiative allant dans ce sens, celui du respect plein et entier de la laïcité, de la séparation des Églises et de l’Etat.

⇒ Le communiqué en pdf est ici


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