Pour un gouvernement au service de la majorité Pour un gouvernement du peuple travailleur sans Macron ni patrons

Pour un gouvernement au service de la majorité
Pour un gouvernement du peuple travailleur
sans Macron ni patrons

Chaque jour qui passe, la situation des travailleurs, des jeunes et des familles se dégrade.
L’inflation mange le pouvoir d’achat.
La situation des hôpitaux devient dramatique faute de personnels et de services (fermés).
Des millions d’enfants et de jeunes sont condamnés à une scolarité par intermittence du fait du non-remplacement des enseignants malades.
Le nombre de familles mal logées ne cesse de grandir.
Au nom de la récession, les patrons accélèrent les plans de licenciement et le chômage partiel imposé.
Il faut prendre des mesures d’urgence ! Quel gouvernement osera les imposer ?
Quel gouvernement osera pour cela prendre l’argent là où il est : dans les 607 milliards d’euros de fonds publics offerts aux capitalistes (qui s’en servent pour licencier et spéculer) ; et dans les 160 milliards de profits des entreprises du CAC 40 en 2021 ?
Prenant les moyens là où ils sont, un gouvernement du peuple travailleur :
• imposera l’augmentation générale des salaires, des minima sociaux et des pensions
de 10 % pour rattraper l’inflation ;
• bloquera le prix des produits de première nécessité ;
• recrutera les 100 000 enseignants remplaçants nécessaires pour répondre aux besoins urgents ; il mettra en place les structures et les personnels spécialisés adaptés à la prise en charge des 400 000 enfants en situation de handicap ;
• recrutera les 200 000 personnels du secteur hospitalier et médico-social qui font défaut ;
• prendra toutes les mesures nécessaires pour le logement, les services publics…
Le coût de ces mesures ? 56 milliards d’euros pour les salaires du privé, 21 milliards pour les salaires du public, 20 milliards pour l’école, 10 milliards pour les hôpitaux. Soit un total de 107 mil- liards d’euros qu’un gouvernement décidé à sauver le peuple du désastre saura financer en confisquant les sommes nécessaires dans les 607 milliards offerts par l’État aux patrons, dans le budget de la guerre (50 milliards), dans les intérêts versés aux banques pour la dette (45 milliards) ou dans les 160 milliards de profits du CAC 40.
Ces revendications ne sortent pas de nulle part. Salaires, emplois, conditions de travail, école, santé, logement… ce sont les revendications pour lesquelles les travailleurs se mobilisent et font grève avec leurs syndicats depuis des mois.

L’heure est venue d’y répondre !

L’heure est venue d’un gouvernement qui prenne les mesures qui s’imposent !
La « Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) » constituée le 7 mai se fixe de gagner les élections législatives pour former un gouvernement qui mènera, affirme-t-elle, « une politique de rupture ». Très bien !
Mais en même temps, Jean-Luc Mélenchon s’engage à respecter les institutions de la Ve République en cohabitant avec Macron (ce qui revient à « gouverner » sous son contrôle).
Ces deux affirmations sont contradictoires.
Si un gouvernement, demain, décide de prendre tous les moyens pour répondre aux besoins urgents du peuple, nul doute que Macron ne le voudra pas, et que lui et les patrons s’y opposeront.
L’alternative est posée :
• ou bien gouverner pour la majorité qui vit de son travail, et alors il faut rompre avec Macron et les patrons ;
• ou bien se soumettre aux institutions et au président Macron, et donc à la minorité capitaliste qui vit de l’exploitation, et dont Macron est le porte-parole.
D’une manière ou d’une autre, par les élections, par l’action directe de millions et de millions, ou dans une combinaison des deux, les revendications devront être satisfaites.
Tel est le programme sur lequel se présentent les candidats du Parti ouvrier indépendant démocratique.
Pour un gouvernement du peuple travailleur sans Macron ni patrons, le POID appelle les travailleurs et les jeunes décidés à agir en ce sens à s’organiser avec lui.
Le bureau national, le 10 mai 2022

MACRON MINORITAIRE, MACRON ILLÉGITIME !

MACRON MINORITAIRE, MACRON ILLÉGITIME !

Macron « élu » est minoritaire dans le pays.

Trois électeurs inscrits sur cinq ont refusé, ce 24 avril, de voter pour lui. Ils sont plus nombreux encore à rejeter sa politique, puisqu’une large partie de ses électeurs n’ont agi que pour barrer la route à l’extrême-droite.

Deux semaines plus tôt, au premier tour, Macron avait déjà été rejeté par 80 % des électeurs inscrits, particulièrement dans l’électorat ouvrier, populaire et jeune en conséquence de la politique anti-ouvrière, anti-sociale, anti-démocratique menée depuis cinq ans.

Son « élection » du 24 avril, Macron la doit :

  • aux institutions anti-démocratiques de la Ve République qui réduisent le droit de vote à la nomination de celui qui s’installe à l’Élysée pour y exercer tous les pouvoirs au service de la classe capitaliste ;
  • à l’appel de la plupart des dirigeants de gauche et de droite à voter pour lui, dans le prolongement du vote unanime des députés offrant le 19 mars 2020 343 milliards d’euros aux capitalistes ; et du vote des députés français de « gauche » au Parlement européen aux côtés de ceux de droite pour intensifier l’effort de guerre et pour en faire supporter les conséquences aux peuples.

Pour qui se place du point de vue de la démocratie, c’est-à-dire de la loi de la majorité, Macron est illégitime.

Le record d’abstention ce 24 avril indique que la majorité du peuple a refusé de voir dans le vote Macron la défense de la démocratie.

La défense de la démocratie ce sont les travailleurs et les jeunes qui s’organisent pour la défense de leurs droits et de leurs revendications.

Fragilisé par cette élection, Macron va, sans doute, en appeler aux organisations représentant les intérêts des travailleurs pour les associer aux plans exigés par les capitalistes, en particulier sur les retraites et le pouvoir d’achat.

À cela, les travailleurs et les jeunes opposeront leur action indépendante pour les revendications en particulier pour l’augmentation générale des salaires et des pensions et leur indexation sur l’inflation, le blocage de tous les prix des produits alimentaires de  première nécessité, de l’énergie, et des loyers, le rejet de toute réforme des retraites allongeant l’âge de départ. Et plus généralement, les revendications permettant de faire face aux besoins urgents en matière d’école, d’hôpitaux, de services publics.

La satisfaction de ces revendications supposera de ne pas craindre de puiser dans les plus de 600 milliards que, durant deux ans, Macron et les députés ont offerts aux capitalistes (qui n’ont jamais fait de profits aussi florissants) et de remettre en cause les budgets de guerre que le gouvernement aux ordres de l’Otan augmente constamment.

Au-delà, le triomphe de la démocratie exige d’en finir avec les gouvernements et les institutions au service de la petite minorité qui vit de l’exploitation du travail d’autrui. Le triomphe de la démocratie, c’est un gouvernement et des institutions de la majorité, celle qui n’a que son travail pour vivre. Pour permettre l’avènement d’un tel gouvernement, le POID vous appelle à rejoindre ses rangs.

Nos mots d’ordre sont clairs : unité des rangs ouvriers en toute indépendance de classe, aucun accommodement avec Macron, aucune union nationale, aucune cohabitation avec ce président minoritaire !

C’est ce que défendront les candidats du Parti ouvrier indépendant démocratique présents dans les élections législatives dans 115 circonscriptions du pays.

Montreuil, le 24 avril 2022, 21 h 30

À Jean-Luc Mélenchon et aux dirigeants de La France insoumise

Montreuil, le 21 avril 2022

À Jean-Luc Mélenchon et aux dirigeants de La France insoumise

Nous avons pris connaissance des lettres adressées par La France insoumise au Parti communiste français, à Europe Écologie-Les Verts et au NPA afin de jeter les bases d’un rassemblement pour les élections législatives. Cette lettre ne nous est pas destinée. C’est logique : vous connaissez notre désaccord sur le programme de l’Union populaire, qui doit constituer le socle de votre proposition de rassemblement (comme vous connaissez nos désaccords sur le vote unanime auquel les députés de La France insoumise ont participé le 19 mars 2020, accordant 343 milliards d’euros aux capitalistes et aux spéculateurs, et le vote des députés de La France insoumise au Parlement européen les 1er mars et 7 avril approuvant l’escalade militaire à l’est de l’Europe).

Le but du présent courrier n’est pas la recherche d’un accord en vue des prochaines législatives.

Pour autant, nous ne sommes pas indifférents à la discussion ouverte par vos courriers. Nous avons entendu Adrien Quatennens proposer « d’imposer une cohabitation » à Macron. Nous avons lu l’interview de Mathilde Panot déclarant : « Nous voulons être majoritaires pour gouverner le pays. Nous n’allons pas aux législatives pour avoir un maximum de députés mais pour appliquer notre programme l’Avenir en commun. » Nous avons entendu Jean-Luc Mélenchon déclarer : « Je demande aux Français de m’élire Premier ministre. Je leur demande pour m’élire Premier ministre d’élire une majorité de députés insoumis, insoumis et Union populaire. »

Dimanche 24 avril, la Vᵉ République sera dotée d’un nouveau président, à l’issue d’un second tour dans lequel, en conséquence de la division, ne figure aucun candidat revendiquant la défense des intérêts des travailleurs. Dans ce contexte, serait-il indifférent que le Premier ministre soit ou non Jean-Luc Mélenchon ?

La solution la plus favorable aux intérêts des travailleurs, c’est celle qui permettra qu’au moins un certain nombre de mesures soient prises dans le sens de leurs intérêts. Un gouvernement dirigé par La France insoumise, dans le contexte de la Vᵉ République, peut-il réaliser cela ? « Élisez-moi Premier ministre », propose Jean-Luc Mélenchon en direction des électeurs. Jean-Luc Mélenchon sait – et nous savons tous – que, sous la Vᵉ République (dont nous voulons tous l’abolition), c’est le président de la République qui est élu au suffrage universel et non le Premier ministre. Comme le veut la Constitution, c’est le président qui concentre entre ses mains l’essentiel des pouvoirs et qui nomme le Premier ministre dont les prérogatives sont constitutionnellement limitées. En un mot : le Premier ministre et son gouvernement sont sous la tutelle du président. Toutefois, nous comprenons qu’à travers cette formule Jean-Luc Mélenchon a voulu dire : « Nous revendiquons de gouverner sur notre programme. » Cette affirmation mérite d’être prise au sérieux. Le programme de La France insoumise n’est pas le nôtre. Mais il est certain que même un début de mise en œuvre de ce programme marquerait une différence par rapport à ce que ferait un autre gouvernement.

Par conséquent, notre préoccupation – partagée par un grand nombre de travailleurs, de militants, de jeunes de toutes tendances – peut être résumée ainsi : êtes-vous prêts à vous donner tous les moyens d’appliquer, ou à tout le moins de commencer à appliquer, ce programme qui est le vôtre ?

Dans la situation terrible qui frappe les travailleurs, les familles populaires et la jeunesse aujourd’hui, cela implique des mesures d’urgence. À commencer par le blocage total de tous les prix de produits de consommation courante, des carburants et des loyers face à une inflation qui galope et l’immédiat relèvement de tous les salaires, pensions et minima sociaux.

Face à l’imminence d’une rentrée scolaire catastrophique pour septembre 2022, cela suppose de dégager immédiatement tous les moyens de nomination des dizaines de milliers d’enseignants et de personnels de manière à rétablir les conditions d’une scolarisation normale de la jeune génération et d’abroger les contre- réformes destructrices du baccalauréat, de Parcoursup

Face à cet autre désastre que constitue la situation hospitalière, cela implique de dégager sans délai les moyens de l’embauche des 100 000 personnels soignants nécessaires, de rouvrir sans délai les lits et les services fermés dans les hôpitaux.

Urgence également à abroger les contre-réformes destructrices et, pour commencer, à préserver les régimes de retraite en s’opposant, a minima, à tout allongement de l’âge de départ à la retraite.

Pour cela, il ne faut pas hésiter à prendre les moyens nécessaires à ces mesures là où ils sont, en particulier parmi les centaines de milliards distribués aux capitalistes depuis deux ans au prétexte de la lutte contre la pandémie dont on sait l’usage qui en a été fait.

Urgence immédiate aussi la sortie de la France du commandement militaire de l’OTAN, dans un processus de dégagement de cette alliance militaire au service de l’impérialisme américain.

Toutes ces mesures sont présentes soit dans le programme de La France insoumise, soit dans les dernières propositions formulées par Jean-Luc Mélenchon ou d’autres dirigeants de votre mouvement. Notre démarche ne consiste donc pas à vous demander d’appliquer un autre programme que le vôtre. Mais il est important dans l’intérêt du peuple travailleur de savoir si vous comptez vous donner les moyens de mettre en œuvre sans délai votre programme.

C’est sur ce point que des équivoques doivent être levées. Nous avons entendu la revendication par Quatennens d’une cohabitation. L’histoire nous apprend ce que veut dire la cohabitation. Le seul gouvernement sous la Vᵉ République qui a vu un Premier ministre de gauche cohabiter avec un président de droite fut, de 1997 à 2002, le gouvernement Chirac-Jospin (qui comprenait de nombreux ministres socialistes, Verts, communistes…). C’est le premier gouvernement qui a appliqué le plan Juppé destructeur de la Sécurité sociale, contre lequel s’étaient dressés des millions de travailleurs en grève et en manifestation avec les syndicats un an plus tôt, un plan dont tous les dirigeants de gauche avaient juré qu’ils imposeraient le retrait. Ce gouvernement est entré aussi dans l’histoire pour être celui qui a le plus privatisé de toute la Vᵉ République. C’est aussi le gouvernement qui a décidé la participation de la France à l’intervention militaire de l’OTAN en Afghanistan. La cohabitation Chirac-Jospin, sur un plan constitutionnel, fut très respectueuse des règles de la Vᵉ République ; sur le plan social, économique, politique, elle a été marquée par une politique de régression qui n’a rien eu à envier à ce qu’aurait été une politique d’un gouvernement de droite.

La cohabitation implique de se subordonner et aux institutions de la Vᵉ République et à l’accord nécessaire avec un président élu sur un programme de régression sociale et qui compte bien veiller à son application. Ou bien votre intention est-elle, du point de vue de la démocratie dont vous vous réclamez, de considérer qu’ayant reçu un mandat majoritaire du peuple lors des élections législatives, vous avez le droit et le devoir de le mettre en œuvre ?

Dans ce cas, il est probable que le président élu sur un programme contradictoire tentera de s’y opposer en invoquant les règles de la Vᵉ République. Dans cette hypothèse, la question clé sera : qui dirige ?

Votre position sera-t-elle alors de rejeter ces diktats et d’engager immédiatement le processus de convocation de l’élection à une Assemblée constituante souveraine par laquelle le peuple définira le contenu social et les formes politiques d’une authentique démocratie, balayant la monarchie présidentialiste ? Si tel est le cas, vous serez amenés, nous en sommes convaincus, à en appeler à la mobilisation de millions et de millions de travailleurs et de jeunes pour permettre que la démocratie l’emporte sur toutes les résistances que la réaction ne manquera pas de dresser.

Nous sommes convaincus qu’alors les travailleurs et les jeunes se mobiliseront en ce sens. Soyez assurés que le Parti ouvrier indépendant démocratique, pour sa part, à la hauteur des moyens qui sont les siens, saura prendre sa part dans le combat pour imposer, sinon une rupture complète avec l’ordre capitaliste, au moins les premières mesures sur la voie de la rupture. Sans pour autant que nous renoncions à notre propre programme politique de combat pour un gouvernement des travailleurs et de la démocratie, pour le socialisme.

Nous voulons croire que vous clarifierez votre position sur cette question essentielle : ou bien cohabiter et de fait se soumettre aux règles de la Vᵉ République qui donnent la prééminence du pouvoir à un président et à la réaction capitaliste qui l’a porté au pouvoir ; ou bien assumer le mandat de la majorité, le mandat démocratique que vous sollicitez et ne pas hésiter pour appliquer votre propre politique à vous engager sur la voie de la rupture.

Notre démarche n’a aucun caractère polémique. Si une possibilité existe d’une amorce de rupture allant dans le sens des intérêts des travailleurs et de la jeunesse, d’un premier pas remettant en cause la continuité des gouvernements qui précèdent, sachez que le POID saura prendre ses responsabilités.

Nous serons attentifs à la réponse que vous voudrez bien apporter à ces questions.

Recevez, camarades, nos salutations fraternelles.

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique

Montreuil, le 21 avril 2022

Au soir du premier tour

Aux travailleurs, militants et jeunes, Pour l’unité des travailleurs et des organisations ouvrières, contre toute forme d’union sacrée ! Pour le gouvernement ouvrier !

Cessez-le-feu immédiat !

Communiqué du POID

Cessez-le feu immédiat !

Les images insoutenables des immeubles éventrés par les bombes russes à Kharkov, Tchernigov, Marioupol et dans la banlieue de Kiev, les colonnes de réfugiés contraints de fuir leur pays… confirment une nouvelle fois le caractère barbare et réactionnaire de la guerre déclenchée par Poutine. Une guerre dans laquelle l’administration Biden, l’OTAN, l’Union européenne et le gouvernement Macron portent une lourde responsabilité.

La situation appelle une exigence immédiate : cessez-le-feu maintenant, sans conditions !

Pour le Parti ouvrier indépendant démocratique, et les milliers de travailleurs, militants et jeunes de notre pays qui se sont associés à son appel « A bas la guerre ! », le déchaînement de ces derniers jours justifie plus que jamais les mots d’ordre indissociables :

Ni Poutine, ni Biden, ni Macron !

Troupes russes, hors d’Ukraine !

Troupes françaises, hors d’Afrique !

Troupes de l’OTAN, hors d’Europe ! Démantèlement de l’OTAN !

Aucune union sacrée avec le gouvernement Macron !

Le POID rappelle son opposition aux sanctions qui frappent durement les travailleurs en Russie, et par ricochet les travailleurs du monde entier soumis à la flambée des prix. Sanctions d’autant plus hypocrites que l’on apprend ce jour que le gouvernement français a vendu des armes au régime de Poutine jusqu’en 2020.

A l’heure où le gouvernement Macron décide de laisser s’installer la flambée des prix des carburants et des produits de consommation courante qui frappe, en premier lieu, les familles ouvrières.

A l’heure où le gouvernement Macron décide d’accorder des milliards à la guerre et pour ce faire, de s’attaquer aux retraites et aux services publics.

La situation exige :  le blocage immédiat des prix ! Les milliards pour les hôpitaux, les écoles et les services publics, pas pour la guerre !

Le 15 mars 2022

Travailleurs du monde entier, unissons-nous contre la guerre et l’exploitation !

L’entrée des troupes russes en Ukraine ce 24 février marque un tournant dans l’escalade qui se poursuit depuis des mois entre la Russie et les pays de l’OTAN conduits par l’administration des États-Unis.

Il s’agit désormais d’une véritable guerre. Elle vise à interdire toute souveraineté à la nation ukrainienne et à lui imposer une nouvelle fois la domination grand-russe.

Pour les travailleurs, les jeunes et les peuples du monde entier épris de liberté et d’indépendance, l’exigence s’impose : retrait des troupes russes ! Poutine : bas les pattes devant l’Ukraine !

L’agression de Poutine contre l’Ukraine ne fait pas disparaître la responsabilité des Biden, Macron et autres gouvernements impérialistes qui, depuis des mois, poussent à la confrontation par leurs provocations, leur politique d’encerclement militaire de la Russie et la concentration des troupes de l’OTAN à ses frontières.

C’est pourquoi les travailleurs et les jeunes en France ne peuvent suivre ceux qui « à gauche » les appellent à faire confiance, pour les uns, à Macron, et, pour les autres, à l’Union européenne pour assurer la paix entre les peuples.

Le POID reprend à son compte la phrase de Jean Jaurès plus que jamais d’actualité : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. »

Pour les travailleurs et les jeunes, l’issue n’est ni derrière Poutine, ni derrière Biden, ni derrière Macron, tous fauteurs de guerre.

L’issue est dans l’unité des peuples et des travailleurs du monde entier contre l’exploitation.

Troupes russes : hors d’Ukraine !
Troupes françaises : hors d’Afrique !
Troupes US et de l’OTAN : hors d’Europe !

Montreuil, le 24 février 2022 à 13 heures

Retrait sans délai des troupes françaises du Mali et de tout le Sahel !

COMMUNIQUÉ

Le Parti ouvrier indépendant démocratique a pris connaissance de l’annonce du retrait des troupes françaises du Mali dans un délai de six mois, faite par Macron le 17 février. Cette annonce est le produit de la formidable mobilisation du peuple malien pour sa souveraineté.

Néanmoins, rien ne justifie le délai de six mois pour qu’il soit effectif. C’est pourquoi le POID appuie l’exigence du peuple malien que ce retrait se fasse « sans délai ».

Comme rien ne justifie que ce retrait ne concerne pas toutes les troupes françaises présentes au Sahel et dont les manifestations populaires au Niger, au Burkina et ailleurs demandent « le retrait immédiat ».

Le bilan de ces neuf années d’intervention militaire dont Hollande et Macron portent la responsabilité est catastrophique pour les peuples des pays du Sahel qui ont vu les groupes terroristes proliférer, tandis que les populations civiles ont subi dans leur chair les exactions des troupes d’occupation.

Pour les travailleurs de France, cette intervention a coûté près de 8 milliards d’euros : autant d’argent que l’on refuse pour les hôpitaux, l’école, les services publics, etc.

Le POID affirme : c’est pour la protection des intérêts économiques et financiers des capitalistes français en Afrique que cette intervention militaire a eu lieu, et rien d’autre. « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels », comme l’affirmait l’écrivain Anatole France en 1922.

C’est pourquoi le POID se prononce, comme il l’a toujours fait depuis sa fondation, pour le retrait des troupes françaises d’Afrique, le démantèlement des bases militaires, l’affectation du budget militaire aux hôpitaux, à l’école, aux services publics.

La démocratie suppose la reconnaissance du droit des nations à disposer d’elles-mêmes, sans aucune ingérence étrangère. Telle devrait être la position unanime des organisations qui se réclament des travailleurs dans notre pays. Force est de constater que ce n’est pas le cas.

Pour le POID, c’est le droit légitime du peuple malien, comme de tous les peuples d’Afrique, de refuser la présence des troupes françaises sur leur territoire, de démanteler les bases militaires, de chasser les multinationales qui pillent leurs richesses et les régimes à leur botte !

C’est le sens de l’engagement de notre parti dans la préparation de la conférence mondiale ouverte contre la guerre et l’exploitation, pour l’Internationale ouvrière, qui aura lieu les 29 et 30 octobre 2022 à Paris.

Montreuil, le 19 février 2022

Lettre aux 20 000 travailleurs, militants et jeunes signataires de l’appel « pour la réquisition des 600 milliards que le gouvernement a offerts aux capitalistes » … et à tous ceux qui vont le signer

Adoptée à l’unanimité par les délégués au 5e Congrès national du Parti ouvrier indépendant démocratique 

Travailleuses et travailleurs, militantes et militants, jeunes ! 

Ce 22 janvier 2022, plus de 20 000 travailleurs, militants ouvriers et jeunes ont signé l’appel lancé début novembre 2021 par le POID. 

Nous sommes plus de 20 000 à dire : « En deux ans, le gouvernement Macron a offert près de 600 milliards aux capitalistes […]. La démocratie exige : ces 600 milliards doivent être rendus au peuple, pour financer les hôpitaux, l’école et les services publics, pour augmenter les salaires, les pensions et les minima sociaux. » 

Cette exigence était au cœur du meeting national du POID le 22 janvier à Paris auquel plus de 1 500 travailleurs, militants et jeunes venus de toute la France ont participé, malgré toutes les difficultés de la situation. 

Ces 600 milliards d’euros que le gouvernement Macron a offerts aux capitalistes et aux banques (dont la première tranche de 343 milliards d’euros a été votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale le 19 mars 2020) représentent plus de deux fois le budget annuel de la nation. 

Contrairement aux mensonges du gouvernement qui prétend que ces sommes ont été utilisées pour lutter contre la pandémie ou « relancer l’économie », l’essentiel de ces 600 milliards a été donné aux grandes entreprises capitalistes et aux banques, qui s’en sont servis pour engraisser les actionnaires, les spéculateurs et pour licencier (lire au verso). 

Chaque travailleur, chaque jeune, chaque mère de famille peut le constater : ces 600 milliards, nous en payons le prix fort chaque jour. 

Chaque licenciement qui jette une famille ouvrière dans la misère ; chaque infirmière qui manque dans un service hospitalier au péril de la vie des patients ; chaque enseignant non remplacé plongeant la jeune génération dans le naufrage scolaire ; chaque étudiant qui se prive d’un repas sur deux… c’est le prix que nous payons pour ces 600 milliards ! 

Pourtant, il n’y a aucune fatalité ! Les travailleurs le montrent quand, sous toutes les formes, ils se mobilisent avec leurs syndicats pour arracher les revendications, dans cette vague de grèves dont La Tribune des travailleurs rend et rendra compte le plus largement possible chaque semaine. 

Nous l’affirmons : un gouvernement véritablement au service de la majorité, au service du peuple travailleur, en un mot, un gouvernement ouvrier, reprendrait aux capitalistes ces 600 milliards pour les affecter, tout de suite, aux hôpitaux, à l’école publique, aux services publics, au logement, à l’augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux. Il faudrait, par exemple, à peine 5 milliards d’euros par an pour embaucher les 100 000 infirmières qui manquent dans les hôpitaux. 5 milliards… une goutte d’eau comparée aux 600 milliards. 

Alors, nous vous lançons un appel. À vous tous, les 20 000, qui avez signé, et à vous tous qui ne l’avez pas encore fait mais partagez avec nous cette exigence : 

développons ensemble la campagne pour la réquisition des 600 milliards d’euros ! Ensemble, faisons signer l’appel massivement à la porte des entreprises, des écoles, des universités, dans les cités et les quartiers populaires, dans chaque manifestation de résistance des travailleurs et de la jeunesse. Ensemble, construisons la force qui donnera confiance aux millions et aux millions d’exploités et d’opprimés pour aller réclamer leur dû (1) ! 

Pour renforcer cette campagne, nous vous appelons à prendre votre place dans ce combat en rejoignant le Parti ouvrier indépendant démocratique, en diffusant La Tribune des travailleurs

(1) Nous nous adresserons aux candidats du PS, du PCF et de LFI à l’élection présidentielle ainsi qu’aux députés de ces partis qui ont participé au vote unanime du 19 mars 2020 pour les appeler à revenir sur ce vote, à se prononcer pour la réquisition des 600 milliards, à rompre l’accord avec le gouvernement Macron.


600 milliards d’euros : d’où viennent-ils, à quoi ont-ils servi ? Travailleurs, militants, jeunes : le savez-vous ? 

Le 19 mars 2020, l’Assemblée nationale unanime (dont les députés PS, PCF, LFI*) vote le projet de loi de finances rectificative (PLFR) : 2 milliards pour les hôpitaux… et 343 milliards « d’aide aux entreprises  ». 

Le 17 avril 2020, une rallonge de 65 milliards porte ce plan à 408 milliards. Sur ces 408 milliards, 315 sont destinés au « soutien à la trésorerie des entreprises », 20 milliards au « soutien aux entreprises stratégiques », 24 milliards pour financer le chômage partiel (prenant ainsi en charge ce que les patrons doivent payer), etc. 

Au printemps 2020, le gouvernement ajoute 50 milliards d’euros d’allègements fiscaux et sociaux en faveur des grands patrons.
Le 3 septembre 2020, le gouvernement adopte un nouveau plan de « relance » de 100 milliards d’euros. Le 23 octobre 2021, Macron ajoute un nouveau plan de 34 milliards. 

343 + 65 + 50 + 100 + 34, ce sont 592 milliards, et près de 600 milliards si l’on ajoute les subventions de l’État aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales accordées en temps « normal ». 

D’où viennent ces 600 milliards ? 

Du budget de l’État, c’est-à dire-des impôts directs et indirects des contribuables (dont la majorité sont des travailleurs). Autant d’argent en moins pour les services publics : hôpitaux, écoles, communes, etc. 

Des caisses de la Sécurité sociale, c’est-à-dire de l’argent du salaire différé des travailleurs. 

Qu’est-ce que cela représente ? 

600 milliards d’euros, c’est plus du double du budget annuel de la nation. C’est dix fois le budget annuel de l’Éducation nationale. 

À quoi ont servi ces 600 milliards ? 

À engraisser encore plus les capitalistes, les actionnaires et les banques. Les records battus en 2020-2021 par les entreprises du CAC 40 s’expliquent « principalement en raison de l’argent public versé sans condition par les gouvernements et les banques centrales », dit le rapport d’Oxfam (janvier 2022). 

À supprimer des emplois et à licencier. Les prêts garantis par l’État (PGE) accordés aux banques ont permis à celles-ci de prêter aux entreprises à condition d’être « plus compétitives » en se débarrassant des secteurs « non rentables ». C’est ainsi que la suppression de 6 595 emplois a été réalisée par Air France, bénéficiaire d’un PGE de 7 milliards d’euros, et de 4 600 emplois (et la liquidation de sous-traitants comme la SAM, 350 emplois) par Renault, bénéficiaire d’un PGE de près de 5 milliards. 

Ces 600 milliards doivent être repris aux capitalistes, rendus au peuple et affectés aux besoins des travailleurs, des chômeurs, des retraités et de la jeunesse ! 

La Tribune des travailleurs tient à la disposition de tout travailleur, militant, jeune qui le demandera un supplément exposant l’ensemble des faits permettant de juger par soi-même.
Chaque semaine, lisez La Tribune des travailleurs, abonnez-vous 

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* Ce vote unanime est consultable sur le site de l’Assemblée nationale :
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/seance/session-ordinaire-de-2019-2020/deuxieme-seance-du- jeudi-19-mars-2020 

Communiqué – Guadeloupe : arrêt immédiat de la répression contre Eli Domota !

Guadeloupe : arrêt immédiat de la répression contre Eli Domota !

Le Parti ouvrier indépendant démocratique exprime son indignation après la répression coloniale dont a été victime Eli Domota, porte-parole de LKP et ancien secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe, le 30 décembre.

Eli Domota participait à une manifestation pacifique à Petit-Pérou, dans le cadre de la grève générale engagée le 15 novembre, lorsque la gendarmerie a brutalement dispersé les manifestants, les aspergeant au visage de gaz lacrymogène, plaquant au sol et menottant Eli Domota et d’autres militants. Eli Domota a été placé en garde-à-vue, avant d’être libéré.

Le Parquet de Pointe-à-Pitre a alors fait savoir qu’Eli Domota est « convoqué devant le tribunal correctionnel le 7 avril 2022 des chefs de violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique sans ITT et refus de se soumettre aux prélèvements obligatoires. » Il est pourtant évident sur les images diffusées par Canal 10 qu’Eli Domota n’a opposé aucune résistance lors de son arrestation brutale, continuant à demander « l’ouverture de négociations ». Quant aux « prélèvements obligatoires », il s’agit en réalité des prélèvements ADN habituellement réservés aux délinquants sexuels, que l’on prétend imposer aux responsables et militants syndicaux en Guadeloupe et que ceux-ci refusent à juste titre.

Le POID s’associe à la caractérisation faite par Maïté Hubert-M’Toumo, secrétaire générale de l’UGTG, qualifiant cette arrestation de « provocation », et « d’atteinte grave à une liberté fondamentale qu’est le droit de faire grève ».

Le POID rappelle que le collectif des organisations en lutte en Guadeloupe (dont Eli Domota est l’un des porte-paroles) a transmis depuis le 2 septembre au préfet de Guadeloupe, représentant du gouvernement Macron, une liste de 32 revendications des travailleurs et de la population. Cela fait bientôt quatre mois que les autorités françaises refusent toute négociation avec les trente organisations du collectif sur ces revendications.

La seule réponse du gouvernement Macron aux revendications légitimes des travailleurs, du peuple guadeloupéens de leurs organisations, c’est la répression coloniale.

Le POID considère que le mouvement ouvrier en France a la responsabilité de se dresser contre la répression qui frappe Eli Domota et les militants et organisations de Guadeloupe, d’exiger la levée des poursuites judiciaires à son encontre et l’ouverture immédiate des négociations avec les organisations guadeloupéennes. Le POID est disponible pour participer à toute initiative unitaire sur ces mots d’ordre.

Il exprime à Eli Domota, au LKP et à l’UGTG toute sa solidarité.

Daniel Gluckstein, secrétaire national du POID,

Montreuil, le 31 décembre 2021, 13 heures