Libération de Farida et abandon de toutes les poursuites contre elle ! Halte à la répression !

Hier, mardi 16 juin, des dizaines de milliers de personnels hospitaliers étaient en grève et en manifestations dans tout le pays, avec leurs syndicats, pour exiger les moyens pour soigner et la revalorisation des salaires que le gouvernement Macron-Philippe-Véran refusent d’accorder.

Pour toute réponse à ces justes revendications, le gouvernement a encore une fois déchainé la répression. Ainsi, à Paris, aux abords de la manifestation, une infirmière en blouse blanche a été brutalisée par la police, trainée au sol par les cheveux, menottée et rouée de coups, les policiers refusant de lui donner la Ventoline que son état de santé réclamait.

Sa fille a réagi sur les réseaux sociaux : « Cette femme, c’est ma mère. 50 ans, infirmière, elle a bossé pendant 3 mois entre 12 et 14 heures par jour. A eu le covid. Aujourd’hui, elle manifestait pour qu’on revalorise son salaire, qu’on reconnaisse son travail. Elle est asthmatique. Elle avait sa blouse. Elle fait 1m55. »

Le visage ensanglanté, elle a été placée en garde-à-vue.

Cela fait deux ans que Macron et son gouvernement s’obstinent à ne pas répondre à la mobilisation incessante des personnels des hôpitaux et de leurs organisations syndicales. Après avoir chanté leurs louanges pendant le confinement, il revient à son point de départ : refus de satisfaire leurs revendications et répression.

C’est lui qui porte l’entière responsabilité de la situation. Dehors Macron, son gouvernement et sa Ve République !

Le POID s’associe aux organisations, militants, travailleurs et jeunes qui exigent inconditionnellement la libération de Farida et qu’aucune poursuite ne soit engagée contre elle. C’est la raison pour laquelle il participe au rassemblement convoqué à 16h devant le commissariat du 7e arrondissement (rue Fabert, métro Invalides).

POUR L’AUGMENTATION DES DÉPENSES DE SANTÉ ! Un communiqué du POID

« Pour que la vérité soit faite et que justice soit rendue » Communiqué du POID

Communiqué – 5 juin 2020 Le Parti ouvrier indépendant démocratique (POID) réaffirme sa solidarité inconditionnelle avec les centaines de milliers de travailleurs et jeunes des Etats-Unis qui, au cri de « Black lives matter !* » et « I can’t breathe !** », manifestent contre le racisme institutionnel. La Tribune des travailleurs continuera à donner la parole chaque semaine aux militants ouvriers et noirs des Etats-Unis.

Partisan de l’Internationale ouvrière, le POID est aux côtés des millions de travailleurs et de jeunes dans le monde et en France qui expriment sous toutes les formes leur solidarité avec les travailleurs, les jeunes et la population noire des Etats-Unis. Il exige le châtiment des coupables de l’assassinat de George Floyd, Breonna Taylor, Ahmaud Arbery et des milliers d’autres victimes des violences policières impunies.

Le POID proteste contre l’interdiction,
par le gouvernement Macron et sa Préfecture de police de Paris,
de tout rassemblement aux abords de l’ambassade des Etats-Unis

Le POID proteste contre l’interdiction, par le gouvernement Macron et sa Préfecture de police de Paris, de tout rassemblement aux abords de l’ambassade des Etats-Unis. Les adhérents du POID étaient cette semaine parmi les dizaines de milliers de travailleurs et jeunes qui ont manifesté à Paris, Lyon, Marseille, Lille, pour exprimer leur solidarité avec les manifestants des Etats-Unis, mais aussi pour exprimer leur condamnation des violences policière, du racisme et des discriminations en France.

Pour que la vérité soit faite
et que justice soit rendue à Adama Traoré

Le POID réaffirme en particulier sa position exprimée dès 2016 pour que la vérité soit faite et que justice soit rendue à Adama Traoré, 24 ans, mort à la gendarmerie de Persan (Val d’Oise) le 19 juillet 2016 : « La famille et avec elle des milliers d’habitants de Persan et Beaumont (…) demandent que la vérité soit faite sur la mort d’Adama et que justice soit rendue. Deux revendications que tous les citoyens attachés aux libertés démocratiques ne peuvent que soutenir » (La Tribune des travailleurs, N°50, 3 août 2016).

Il revient au mouvement ouvrier et démocratique de prendre toutes ses responsabilités dans la lutte contre le racisme, les discriminations et les violences policières, pour imposer le respect des libertés démocratiques individuelles et collectives, pour que toute la vérité soit faite sur les crimes impunis et que justice soit rendue aux victimes et à leur famille.

C’est pourquoi le POID se prononce pour l’unité de tous les travailleurs et jeunes, et de leurs organisations, sur ces mots d’ordre.

Montreuil, le 5 juin 2020

* « La vie des noirs compte »
**« Je ne peux plus respirer », les dernières paroles de George Floyd, assassiné par la police par étouffement le 25 mai.

Interdiction des licenciements !

Le gouvernement Macron déclare : « Il y aura des faillites et il y aura des licenciements dans les mois qui viennent. » Les chiffres avancés sont catastrophiques : jusqu’à deux millions d’emplois supprimés d’ici à septembre. Les annonces se multiplient : Renault, Engie, Daher, Airbus, Derichebourg, Air France-KLM, Alinéa, Naf Naf, General Electric, Boiron, Solvay, TUI France, Ford, sous-traitants aéronautiques Simra et Sabena. Sans compter les CDD, vacataires, intérimaires…

Pour la ministre Pénicaud, ministre du Travail, interdire les licenciements serait « une machine anti-emplois ».

Pour les travailleurs, c’est une nécessité vitale, tous les licenciements doivent être interdits, toutes les suppressions d’emplois bloquées, dans le public comme dans le privé.

L’avenir immédiat de millions de travailleurs et de leurs familles est en jeu.

Que l’on ne nous dise pas qu’il n’y a pas d’argent pour préserver l’emploi, pour réquisitionner les entreprises, pour nationaliser s’il le faut.

Le gouvernement a fait voter le 19 mars, par l’Assemblée nationale unanime, une loi qui livre le pays aux banques et aux spéculateurs. 400 milliards d’euros leur ont été offerts. Ils s’en servent pour financer les restructurations, les plans de licenciements organisés par les patrons.

Ainsi, Renault obtient un prêt de 5 milliards d’euros et… licencie 4 600 ouvriers en France. Le jour même de l’annonce du plan, l’action Renault monte de 17 %. Le 30 mai par milliers, les travailleurs de Renault, avec leurs syndicats et la population de Maubeuge ont manifesté pour dire : nous voulons vivre. Maintien des emplois sur place. Maintien de tous les emplois.

Tout oppose les capitalistes, les banques, les spéculateurs (et le gouvernement Macron à leur service) aux travailleurs, à leurs familles et à la population tout entière. L’effondrement de la production, les licenciements par millions entraîneraient le pays tout entier au désastre.

On peut avoir des points de vue différents sur le vote de la loi du 19 mars qui a accordé les milliards aux banques. Pour sa part, le POID exige l’abrogation de cette loi pour la restitution des 400 milliards pour les besoins des hôpitaux, de l’école, de l’emploi.

Aujourd’hui, les faits sont là, la classe ouvrière est menacée, elle est en état de légitime défense.

Un devoir s’impose à tous : unité contre les licenciements. Déjà, de premiers appels l’ont affirmé : à Romainville, communiqué commun de la section du PCF et du comité du POID, à Dijon, un communiqué commun de LFI, du PG et du POID, à Dreux une campagne commune LFI-POID.

Partout, à tous les niveaux, développons une puissante campagne pour l’interdiction des licenciements, formons nos comités pour l’unité. Rassemblons-nous.

Unité pour l’interdiction des licenciements !
Unité contre toutes les suppressions d’emploi, contre tous les licenciements !

Signez, faites signer autour de vous
l’appel pour interdire les licenciements

Empêcher la catastrophe qui menace

Un appel du bureau national du POID

Une catastrophe certaine menace notre pays. 

À la crise sanitaire qui frappe le pays se combine la destruction d’un demi-million d’emplois en deux mois. Dans les prochaines semaines, ce sont des millions d’emplois qui pourraient être détruits, de l’aveu même des patrons et du gouvernement. À cela s’ajoute la crise alimentaire qui voit des familles, de plus en plus nombreuses, dans l’incapacité de nourrir correctement leurs enfants. À quoi s’ajoutent les attaques contre les droits démocratiques. 

Une catastrophe certaine menace notre pays. Tout le monde le sait. Mais rien n’est fait pour l’empêcher. Pire encore : le gouvernement et le Medef en profitent pour passer à l’offensive contre tous les acquis ouvriers et démocratiques. En particulier, ils veulent profiter de cette crise pour dérèglementer et allonger la durée légale du travail (notamment par la généralisation du télétravail déréglementé) et précipiter une faillite artificielle de la Sécurité sociale pour pouvoir la liquider, et tout cela afin d’aggraver l’exploitation des travailleurs. 

À gauche, les députés des partis – Parti socialiste, Parti communiste, La France insoumise – ont voté, comme leurs collègues, macronistes, de droite et d’extrême droite, à l’Assemblée nationale, le 19 mars, la loi budgétaire soumise par le gouvernement offrant 343 milliards d’euros aux banquiers et aux capitalistes. 

343 milliards d’euros : une aubaine pour les patrons. D’une main, ils empochent les milliards, de l’autre, ils multiplient les plans de restructuration. Le Medef et ses représentants prétendent qu’il n’est pas possible de faire autrement. À gauche, les dirigeants des partis émettent des critiques, mais ils restent silencieux sur leur propre vote des 343 milliards. Ces mêmes dirigeants multiplient des initiatives et des appels divers dans lesquels ils formulent des propositions sur ce qu’il faudrait faire s’ils étaient au gouvernement. Mais ces propositions s’inscrivent dans le respect des institutions de la Ve République et de leur calendrier : les élections (présidentielle et législatives) auront lieu en mai et juin 2022. Faudrait-il donc que durant deux ans encore Macron ait les mains libres pour continuer sa politique désastreuse de destruction ? 

Il y a urgence à empêcher la catastrophe. Non pas en 2022, mais maintenant, tout de suite ! Les mesures pour cela sont connues de tous : décréter l’interdiction des licenciements et le maintien de tous les salaires et revenus pour les travailleurs ; assurer la distribution gratuite et massive des masques et autres moyens de protection et dépistage ainsi que des denrées alimentaires nécessaires à la population ; retirer tout de suite toutes les contre- réformes en cours (celle des retraites, de l’assurance chômage, du baccalauréat) ; bloquer la prétention du gouvernement et du Medef à remettre en cause la durée légale du temps de travail et à généraliser la flexibilité. 

Oui, les mesures nécessaires sont connues de tous. Elles passent par l’arrêt des privatisations et la renationalisation des services publics détruits. Elles passent par le recrutement des dizaines de milliers de personnels soignants nécessaires pour ne pas être soumis à une nouvelle catastrophe sanitaire, l’arrêt de toutes les restructurations des hôpitaux et la réouverture des services et des lits. Elles passent par l’embauche par dizaines de milliers d’enseignants nécessaires pour organiser le rattrapage scolaire et l’annulation de toutes les fermetures de classe et d’école. 

Pour cela, il est indispensable que soient confisqués les 343 milliards (devenus entretemps 400 milliards). Indispensable aussi de procéder à la nationalisation sans indemnités ni rachat du système bancaire, condition d’une relance de l’économie qui parte des besoins de la population et non des exigences de profit des capitalistes. 

Que toutes les organisations qui se revendiquent de la classe ouvrière s’accordent sur un plan de lutte et de mobilisation pour imposer de telles mesures d’urgence ; qu’elles affirment qu’elles n’hésiteront pas à poser la question du pouvoir sous la forme d’un gouvernement d’unité ouvrière rassemblant les organisations et les représentants de travailleurs afin d’imposer ce programme d’urgence et de rupture. Nul doute que les travailleurs et la jeunesse répondraient avec enthousiasme à un tel appel à agir et s’organiser pour que l’emportent leurs besoins vitaux. Dans ces conditions, la catastrophe peut être empêchée. 

Pour cela, bien sûr, on ne peut pas s’en remettre à Macron. Il faut au contraire rompre avec lui et sa politique, sans attendre, non pour le remplacer par un autre « homme providentiel » dans deux ans, mais pour en finir avec la Ve République, ce régime autoritaire et autocratique, et convoquer l’Assemblée constituante souveraine par laquelle le peuple définira lui-même ce que doit être la démocratie, sans hésiter à remettre en cause le carcan de l’Union européenne et de ses traités. 

Telle est l’orientation du Parti ouvrier indépendant démocratique. Le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique propose que dans les prochaines semaines se tiennent des assemblées de discussion dans tous les départements et dans toutes les villes autour des propositions du POID et de La Tribune des travailleurs. Il s’agira d’aider à rassembler la force qui combat pour l’unité, pour ouvrir la voie à la rupture, empêcher la catastrophe, permettre une issue ouvrière à la crise. Pour les adhérents du POID, ces discussions s’inscrivent dans la préparation de leur congrès convoqué en septembre. Ce sont aussi les réunions auxquelles tous les lecteurs de La Tribune des Travailleurs sont conviés sans autre préalable que l’intérêt qu’ils porteront à cette discussion nécessaire pour sauver le pays, les travailleurs et la jeunesse de la catastrophe qui se dessine, ouvrir la voie à l’unité ouvrière et, pour ce qui nous concerne, renforcer le parti ouvrier nécessaire à la victoire. 

Adopté à l’unanimité
par le bureau national élargi 
16 mai 2020, 18 heures 



Signez l’appel pour la restitution des 400 milliards attribués aux banques, pour les affecter à un plan d’urgence de sauvegarde des travailleurs et de leur famille.

Le syndicaliste Lee Cheuk-yan ne doit pas être condamné !

Le syndicaliste Lee Cheuk-yan ne doit pas être condamné !

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique réuni ce 16 mai 2020 avec des représentants de 50 départements, informé de la comparution de Lee Cheuk-yan, secrétaire général de la Confédération syndicale HKCTU, devant un tribunal de Hong Kong prévue lundi 18 mai 2020 pour avoir « participé à une manifestation publique le 31 août 2019 qui a enfreint l’Ordonnance sur l’ordre public de Hong Kong » condamne toute atteinte aux droits ouvriers, notamment les libertés de se réunir, de manifester et de s’organiser en toute indépendance.

Le bureau national du POID décide de s’adresser au gouvernement de la RAS de Hong Kong pour exiger l’abandon de toute poursuite contre le syndicaliste Lee Cheuk-yan !

Non à la criminalisation de l’action syndicale !

Montreuil, le 16 mai 2020

Merci d’adresser vos messages au gouvernement de Hong Kong : ceo@ceo.gov.hk Copies à la HKCTU : hkctu@hkctu.org.hk

(Communiqué du bureau national du POID du 16 mai 2020)

Aux travailleurs, militants et jeunes qui ont participé au meeting du 1er-Mai avec des travailleurs du monde entier

Le POID, membre du Comité ouvrier international contre la guerre et l’exploitation pour l’Internationale ouvrière (COI), s’adresse à chacun d’entre vous au lendemain du meeting international du 1er-Mai.

Sous des formes diverses, les militants de 45 pays – qui y ont pris la parole –ont illustré combien la crise du Covid-19 frappe d’abord et avant tout les jeunes et les travailleurs des villes et des campagnes.

Ils ont établi que le régime capitaliste porte la responsabilité des conditions dans lesquelles la pandémie s’est répandue provoquant les désastres que l’on connait.
Nous avons reconnu dans leurs témoignages la situation que nous vivons dans notre pays où se développent la faim, le chômage, la misère.

Nombre d’entre eux ont souligné – comme ne cesse de le faire notre parti à propos du gouvernement Macron– qu’il est impossible de faire une quelconque confiance aux gouvernements capitalistes, que toute politique d’union nationale doit être rejetée.
Dans la diversité de leurs origines politiques, ils ont aussi affirmé leur confiance dans la capacité des peuples à se mobiliser pour en finir avec le régime d’exploitation, pour le socialisme.

La Tribune des travailleurs – qui depuis son premier numéro a inscrit sur sa une « pour l’Internationale ouvrière – rendra compte sur quatre pages du meeting international.
Nous vous invitons à assurer la plus large publicité à ce meeting, en proposant l’abonnement à La TT à vos amis, connaissances, collègues de travail.

⦁ Et, pour ceux d’entre vous qui en sont d’accord, venez renforcer le combat pour l’Internationale ouvrière en rejoignant le Parti ouvrier indépendant démocratique, membre du Comité ouvrier international contre la guerre et l’exploitation pour l’Internationale ouvrière.

[Certains d’entre vous ont fait part de difficultés concernant la réception de certaines interventions lors du direct et différé de 18 heures, le 1er mai. Nous informons que la totalité du meeting sous-titré en français est disponible sur le site du COI, en qualité « replay »]


Ce communiqué peut-être être téléchargé pour impression ci-dessous.


Appel du POID

En annonçant le début du déconfinement partiel le 11 mai prochain – en particulier la réouverture scolaire dans ces conditions –, Macron n’a pu dissimuler ses véritables motivations. Ce n’est pas l’amélioration de la situation sanitaire de la population qui guide cette décision mais l’exigence répétée du Medef et de la classe capitaliste : les profits ne peuvent attendre davantage, il faut rouvrir les entreprises, quels qu’en soient les risques pour les salariés, les enseignants, les enfants. 

Dans la nuit du 17 au 18 avril, Macron a fait voter, sa deuxième loi de finances rectificative : 410 milliards d’euros dont plus de 400 milliards destinés aux banques et aux entreprises. À quoi s’ajoute une fraction importante des 540 milliards d’euros d’aide aux banquiers et aux capitalistes votés la veille par le Parlement européen en accord avec la Banque centrale européenne (BCE). 

Après les ordonnances qui instaurent la possibilité de la semaine de 60heures de travail, les mesures se multiplient qui confisquent RTT et congés payés et condamnent un nombre croissant de travailleurs au chômage partiel, tandis que les licenciements se multiplient, et que la faim sévit dans les familles populaires et dans la jeunesse. 

Dans la nuit du 17 au 18avril, l’Assemblée nationale a donc adopté la loi des 410 milliards. Les députés de l’extrême droite de Mme Le Pen, Les Républicains, les macronistes et les députés du Parti socialiste ont à nouveau voté ensemble pour adopter cette loi. Ceux du Parti communiste français, qui avaient voté pour la première version de cette loi (19 mars) offrant 340 milliards aux capitalistes et aux banquiers, se sont cette fois abstenus, tandis que ceux de La France insoumise, qui, eux aussi, avaient voté pour la loi du 19 mars, ont cette fois voté contre. 

Depuis le vote unanime de l’Assemblée nationale le 19mars, et s’appuyant sur lui, Macron et son entourage multiplient les appels à l’union nationale. Mais dans tout le pays se multiplient les grèves et les mouvements de lutte de classe, exprimant la colère qui monte contre l’application des ordonnances, contre les licenciements, contre l’irresponsabilité d’un gouvernement incapable d’assurer une protection sérieuse contre la pandémie et qui s’engage d’une manière non maîtrisée dans cette prétendue reprise du 11 mai. 

On ne peut marier l’eau et le feu. L’union nationale appelée de ses vœux par Macron et son entourage (et toute une série de forces politiques) n’est qu’un paravent derrière lequel le gouvernement déchaîne une offensive débridée contre les travailleurs, leurs droits et la jeunesse, pour leur faire payer les conséquences de leur crise. 

À la proposition d’un gouvernement d’union nationale, le Parti communiste français a répondu en proposant la création « d’un comité d’urgence nationale » dont L’Humanité (1) précise qu’il devrait associer « forces politiques, syndicales et patronales». De son côté, La France insoumise rejette la formation d’un gouvernement d’union nationale mais se prononce pour « l’unité d’action indispensable pour combattre l’épidémie » avec Macron et son gouvernement (2). 

Il faut dire les choses clairement : les intérêts des exploités et des opprimés sont contradictoires avec toute forme d’union nationale ou d’unité d’action avec Macron et son gouvernement. 

C’est la réquisition qui est nécessaire. Les 410milliards doivent aller non pas aux banques mais au peuple travailleur, pour l’emploi, la santé, l’école. La réquisition des 410 milliards et des avoirs des banques permettra de financer l’annulation des dettes des travailleurs, de leur loyer et de leurs charges diverses. La réquisition des entreprises qui prétendent continuer à imposer l’exploitation pour dégager des profits permettra d’interdire les licenciements. 

À l’union nationale peut et doit s’opposer l’unité ouvrière, l’unité des travailleurs et des organisations pour que soient prises les mesures d’urgence qu’appelle la situation. 

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique se félicite de l’écho remporté par la campagne pour la réquisition des 410 milliards. Il se félicite du succès du meeting du 10avril (par visioconférence) convoqué sur ce mot d’ordre. Il se félicite de l’augmentation du nombre d’abonnés à La Tribune des travailleurs et de voir nombre de travailleurs, jeunes et militants rejoindre notre parti depuis le début de la période de confinement. Tous ressentent la nécessité de regrouper les forces pour le combat, de regrouper les forces pour la réquisition de tous les moyens nécessaires au service du peuple travailleur et pas des banques. Le bureau national appelle à renforcer ce déploiement en particulier autour de La Tribune des travailleurs et à assurer le succès du meeting international du 1er Mai. 

Adopté à l’unanimité par le bureau national du 18 avril 2020, 18 heures 

(1) L’Humanité, 16 avril.
(2) Blog de Jean-Luc Mélenchon, 10 avril. 

Communiqué du POID

Faire la guerre à l’épidémie, s’en donner les moyens

Le 12 mars Macron, d’un ton solennel, en appelait à l’union sacrée contre le coronavirus. Huit jours plus tard, la pandémie se répand à une vitesse foudroyante. De cette expansion, ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé sont très largement responsables et coupables.

Le dramatique manque de masques, de tests de dépistage, de lits, de services de réanimation et de personnels soignants accuse ministres et présidents successifs de la Ve République. Ils avaient un milliard de masques et s’en sont débarrassés ; ils avaient les moyens de produire des tests et ne l’ont pas fait ; ils avaient des hôpitaux et des lits et les ont fermés ; ils avaient des personnels soignants et ont refusé d’entendre leurs revendications ; tout cela pour satisfaire aux exigences du profit capitaliste !

Macron prétend être en guerre contre l’épidémie. Mais à qui fait-il la guerre ? Alors qu’il menace de sanctions quiconque se soustraira au confinement, il multiplie les appels conjoints avec le Medef pour exiger que la « production » tourne et que, pour cela, les salariés travaillent sans protection !

À qui le gouvernement fait-il la guerre quand sa loi d’urgence sanitaire (qui vient d’être adoptée au Parlement) remet en cause les acquis sociaux et les droits des travailleurs, à commencer par ceux envoyés en première ligne : les personnels soignants ? Cette loi vise à réduire au silence les travailleurs qui, dans tout le pays, refusent que l’on joue avec leur vie et celle de leur famille et qui se battent pour obtenir des protections ou faire respecter leur droit de retrait, voire faire cesser la production. Comment comprendre qu’au Sénat comme à l’Assemblée nationale les dirigeants des partis de « gauche » ont félicité le gouvernement pour sa loi d’urgence sanitaire ?

Non, aucun accord n’est possible avec ce gouvernement Macron et le Medef, pour qui, épidémie ou pas, seuls comptent les intérêts des capitalistes et des banquiers !

Faire la guerre à l’épidémie est indispensable, mais cela exige de s’en donner les moyens.

Un gouvernement décidé à faire la guerre au coronavirus mettrait sous contrôle de l’État la totalité de l’appareil de production, pour le mobiliser dans la production de ce qui est indispensable pour protéger la population (masques, tests de dépistage, lits d’hôpital, etc.). Ainsi pourvu, il décréterait le dépistage systématique et la distribution gratuite de masques pour tous.

Un tel gouvernement ferait appel pour cela à la disponibilité et à la compétence des travailleurs organisés avec leurs syndicats, comme ceux de l’entreprise Luxfer (dans le Puy-de- Dôme, qui fabrique des bouteilles d’oxygène) que ses salariés proposent de faire redémarrer tout de suite, bien que l’actionnaire veuille la liquider.

Montreuil, le 21 mars 2020

Un gouvernement de guerre contre le coronavirus réquisitionnerait tous les locaux disponibles, les uns pour les transformer en hôpitaux d’urgence et en salles de réanimation, les autres pour y reloger les personnes sans domicile particulièrement en danger du fait de l’impossibilité de confinement.

Un gouvernement en guerre pour protéger la population garantirait le maintien des salaires, revenus, allocations, décrèterait le moratoire sur les loyers et les charges, et organiserait l’approvisionnement en denrées de base gratuites pour toutes les personnes en difficulté.

Un tel gouvernement devrait pour cela rompre avec les exigences des capitalistes et des multinationales. Ce ne pourrait être qu’un gouvernement de la majorité et non pas au service de la minorité d’exploiteurs et de profiteurs.

Pour répondre à l’urgence de sauvegarde de la population, il faudra bien, un peu plus tôt, un peu plus tard, chasser Macron, son gouvernement d’imposteurs et sa Ve République antidémocratique.

Le mouvement est déjà engagé, celui qui voit les travailleurs, en pleine crise du coronavirus, refuser de faire confiance à Macron, et commencer à prendre en main, sur les chantiers, dans les usines, dans les bureaux, dans les hôpitaux, leur propre défense qui est en même temps la défense de la population, faisant leurs, dans les faits, les paroles du chant des travailleurs du monde entier, L’Internationale : « Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ».

Le Parti ouvrier indépendant démocratique combat pour le gouvernement des travailleurs, gouvernement de la majorité au service de la majorité. Il se construit dans l’aide au combat concret de résistance des travailleurs pour leur survie.

En ces heures difficiles, il assure la publication chaque semaine de La Tribune des travailleurs vers laquelle convergent les témoignages, les comptes rendus, les commentaires des travailleurs et des militants de toutes tendances. Au service d’une seule cause : forger le bloc uni des travailleurs et de leurs organisations, classe contre classe, contre le Medef et le gouvernement Macron à son service.

Travailleurs, jeunes, l’heure des plus grands combats approche. Rejoignez le POID. Abonnez-vous à La Tribune des travailleurs.

Les secrétaires nationaux du POID

COMMUNIQUÉ DU POID Après l’allocution du 12 mars

Dans son allocution du 12 mars, le président de la République a rendu publiques des mesures destinées à faire face à une aggravation prochaine de l’épidémie de coronavirus, la plus spectaculaire étant la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités.

Il n’a en revanche apporté aucune réponse aux situations concrètes vécues par des millions de nos concitoyens. Il y a pénurie de masques, même pour les personnes reconnues atteintes de la maladie, même pour des soignants dans les hôpitaux et des personnels qui portent assistance aux malades. Il y a pénurie de tests. Il y a pénurie de lits et de services dans les hôpitaux et un manque criant de personnels soignants.

Fatalité ? Non : résultat de décennies d’étranglement de la santé publique et des hôpitaux, sacrifiés sur l’autel de l’austérité dictée par les traités européens et appliquée par tous les gouvernements, celui de Macron et de ses prédécesseurs.

De ce dénuement face à l’épidémie, et de ses conséquences possiblement dramatiques, ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé sont responsables et coupables.

Macron en a appelé à la « confiance ». Confiance ? Tout le monde sait que les chiffres sont manipulés, qui excluent des statistiques les malades atteints du coronavirus (ou leur conjoint) auxquels il est refusé de passer les tests, même quand ils présentent tous les symptômes de la maladie. Confiance dans ce régime de la Ve République ? Alors que des chercheurs ont révélé que leurs travaux engagés dès 2003 auraient permis d’identifier plus tôt les mécanismes du virus et donc de préparer les moyens de le combattre efficacement… Mais, austérité oblige, ces recherches ont été abandonnées. Confiance en Macron qui ose cyniquement faire l’éloge de notre système de santé, au moment même où sa contre-réforme des retraites démantèle la Sécurité sociale arrachée en 1945 par la mobilisation de millions de travailleurs ? Non, décidément : aucune confiance en ce gouvernement !

Macron en a appelé aussi à l’ « union sacrée », en raison du caractère exceptionnel de la situation.

Situation exceptionnelle ? Sans doute. Mais cet argument est bien utile quand il s’agit de remettre en cause, au nom du coronavirus, les statuts et les conditions de travail des personnels hospitaliers et des enseignants ou d’imposer le chômage partiel, voire la suppression des emplois ; bien utile aussi pour remettre en cause statuts et conventions collectives dans nombre d’entreprises, du public ou du privé.

Mais quand les organisations syndicales demandent, au nom de situation d’exception, la suspension des réformes en cours (en particulier celles des retraites et du baccalauréat) ou la non-application des nouvelles dispositions de l’assurance chômage qui restreignent les droits, là… pas de réponse !

Pire : Macron a ouvertement annoncé que son gouvernement profiterait des circonstances pour bouleverser l’organisation sociale du pays et accélérer la liquidation de ce qu’il appelle « le Vieux Monde » (c’est-à-dire les acquis sociaux et les garanties arrachés par la lutte de classe et le combat démocratique). Ainsi, la généra- lisation du télétravail obligatoire, « justifiée » par l’urgence et la gravité de la situation sanitaire, deviendrait ensuite permanente ! Il s’agit d’un véritable coup d’État antisocial et antidémocratique.

Il ne fait aucun doute que l’épidémie de coronavirus est d’une extrême gravité. Mais rien ne justifie que les conséquences en retombent sur les travailleurs et les jeunes. C’est pourtant ce qui se prépare. Le12 mars, la Bourse à Paris a connu un krach financier qui a battu tous les records. Durant la même journée, les 500 personnes les plus riches au monde ont vu leurs valeurs cotées en Bourse diminuer de 331 milliards de dollars, c’est-à-dire plus que le budget annuel de la France !

C’est le scénario de 2008 qui recommence, produit de l’impasse dans laquelle la crise du système capitaliste, fondé sur le régime de la propriété privée des moyens de production, entraîne l’humanité. Comme en 2008, la bulle spéculative artificiellement gonflée de capitaux largement fictifs (notamment grâce aux milliards déversés gratuitement par les banques centrales, dont la Banque centrale européenne) finit par éclater. Les travailleurs savent ce que va entraîner l’effondrement des cours de la Bourse. Ces montagnes de capitaux – largement fictifs – brusquement partis en fumée, les capitalistes du monde entier vont s’empresser de les récupérer sur le dos des travailleurs. Dans le contexte de récession mondiale qui commence, ils préparent d’ores et déjà des centaines de milliers, voire des millions, de licenciements dans le monde entier. En même temps, comme en 2008, ils chercheront à renflouer les banques en faillite avec les fonds publics dégagés par la destruction en masse des services publics.

Et c’est pour mettre en œuvre ces plans que Macron en appelle à l’union sacrée et invite les « partenaires sociaux », c’est-à-dire en premier lieu les organisations syndicales, à « faire bloc autour des mesures annoncées » ! En réalité, derrière les termes d’« union sacrée », de « bloc », d’« unité », se dessinent les coups les plus brutaux contre les plus démunis : les travailleurs, les jeunes, les personnes âgées, les mères de famille, les chômeurs.

Le discours de Macron est tout entier une déclaration de guerre anti-ouvrière.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas approuver Jean-Luc Mélenchon quand il déclare, après cette allocution : « L’heure n’est pas à la polémique, l’heure est à la solidarité. » Oui, l’heure est à la solidarité des travailleurs et des organisations ouvrières pour combattre ensemble le déferlement de destructions et de violences que le gouvernement déclenche. Mais l’heure n’est certainement pas à la solidarité avec le gouvernement qui a déclaré la guerre aux travailleurs et à la jeunesse. Dans le mouvement ouvrier, le mot d’ordre doit être : aucune confiance en ce gouvernement. Et aussi : unité des travailleurs et de leurs organisations pour imposer le véritable plan d’urgence et de sauvegarde qui passe par la mobilisation de tous les moyens financiers pour la production en masse de masques, tests et autre matériel indispensable, par la réouverture des lits et des services d’urgence et de réanimation, par l’interdiction pure et simple des licenciements et la garantie intégrale et illimitée de la compensation des pertes de salaire, et par le rétablissement des CHSCT et le respect de toutes les garanties collectives et des prérogatives des organisations syndicales, etc.

Dans de nombreuses entreprises, les travailleurs ont commencé à définir leurs revendications face à l’épidémie du coronavirus. Ils ont établi ce que sont leurs besoins urgents pour se prémunir. C’est la seule voie du combat efficace. Ils exigent des garanties. Ils le font en toute indépendance unis avec leurs organisations syndicales. Ils le font dans un rapport où ils mesurent – qu’il s’agisse du coronavirus ou de toute autre question – que ce sont bien des intérêts de classes qui sont en présence et qu’ils sont fondés à défendre leurs intérêts d’exploités et d’opprimés.

Il ne fait pas de doute que la période qui s’ouvre sera une période difficile. Tous les moyens vont être utilisés par ce gouvernement pour tenter de faire taire la voix de la classe ouvrière et contraindre les organisations à se ranger dans l’union sacrée. Il ne fait pas de doute que les conditions matérielles d’existence vont être dégradées et remises en cause et que le gouvernement tentera de remettre en cause l’exercice des libertés démocratiques, en particulier le droit de revendiquer, de s’organiser, de manifester.

La défense de la civilisation et des droits, tout comme la victoire contre l’épidémie ne viendront pas de l’union sacrée avec ceux qui ont tout fait et continuent de tout faire pour préserver leurs profits au mépris de la préparation des instruments nécessaires pour faire face à la pandémie. L’issue viendra, comme toujours, de l’action unie, résolue et indépendante des exploités et des opprimés. La classe ouvrière doit se défendre comme classe. C’est elle qui a arraché les acquis de la civilisation, c’est elle qui a arraché la Sécurité sociale, les services publics, l’instruction publique, c’est elle qui les défendra sur son terrain de classe.

Le Parti ouvrier indépendant démocratique, fidèle au mandat qu’il s’est fixé, mettra tout en œuvre pour aider à réaliser l’unité des rangs ouvriers pour défendre les droits et les garanties, repousser l’offensive destructrice en cours, et, finalement chasser Macron et sa politique. Au service de cette cause, La Tribune des travailleurs comme elle l’a toujours fait, ouvrira ses colonnes au libre débat entre travailleurs et militants engagés dans la lutte des classes.

Les secrétaires nationaux.