Appel du IIIᵉ Congrès du POID « Un fait révoltant »

Nous, délégués au IIIe Congrès du Parti ouvrier indépendant démocratique, venus de 62 départements, nous voulons informer les travailleurs et les jeunes d’un fait révoltant dont nous avons discuté dans notre congrès. 

Au moment même où Macron réunit les élus et engage son prétendu « grand débat national », l’agence gouvernementale France Stratégie publie à la demande du gouvernement une note intitulée « Où réduire le poids de la dépense publique ? » *. 

Cette note dénonce les retraites et l’assurance maladie comme pesant le plus lourd dans les dépenses de l’État. 

Mensonge ! La Sécurité sociale, comme les régimes de retraite, ce n’est pas le budget de l’État, c’est le salaire différé des travailleurs, partie intégrante du salaire ouvrier ! 

Honte ! Cette note gouvernementale affirme en toutes lettres que les travailleurs, en France, bénéficient de pensions trop élevées et qu’ils sont beaucoup trop riches comparativement aux travailleurs des autres pays d’Europe. En fait, dans tous les pays les travailleurs sont confrontés aux mêmes attaques de l’Union européenne et des gouvernements à ses ordres. 

La note gouvernementale dénonce le fait que les travailleurs en France vivent trop longtemps à la retraite comparés à ceux des autres pays. L’objectif est clair : il faut que les travailleurs partent plus tard à la retraite avec des pensions amputées. Bref, que notre vie s’achève plus tôt qu’aujourd’hui et dans des conditions misérables. 

Voilà ce que Macron voudrait imposer en déchaînant une répression féroce contre les travailleurs et les jeunes et en voulant supprimer le droit de manifester. 

Voilà ce que Macron a mis au point pendant qu’il amuse la galerie avec son grand débat. 

Il faut faire cela, prétend-il, pour réduire les dépenses de l’État. Réduire les dépenses de l’État ? Et les 40 milliards d’euros versés aux patrons au titre du CICE prétendument pour créer des emplois et qui n’en ont jamais créé un seul ? Et les 57 milliards de dividendes versés aux actionnaires des 40 groupes du CAC 40 pour l’année dernière, produits de l’exploitation des travailleurs ? Et les 41 milliards d’intérêts de la dette versés aux grandes banques internationales ? 

Le « grand débat » n’est pas seulement un écran de fumée, c’est une mystification sur le fond : derrière le rideau du « grand débat » de nouveaux coups, les plus brutaux, se préparent contre les droits des travailleurs, coups auxquels Macron voudrait associer ceux qu’il appelle les « corps intermédiaires », les élus et les syndicats de travailleurs. 

C’est bien une politique de classe que Macron met en œuvre, la politique dictée par les banquiers, les capitalistes, les spéculateurs et l’Union européenne. 

À cette politique de classe, nous estimons urgent que s’oppose une autre politique de classe. Celle-ci se concentre dans un mot d’ordre très simple : « Ne touchez pas à nos régimes de retraite ! Retrait du projet de réforme du gouvernement ! ». Et aussi : retrait de toutes les contre-réformes qui frappent la SNCF, le droit du travail, les services publics et l’instruction publique. 

L’unité des travailleurs et de la jeunesse est indispensable. S’il s’agit de bloquer cette offensive du gouvernement, il n’y a pas trente-six façons : la grève générale ouvrière est le seul moyen pour défendre et préserver les intérêts du peuple travailleur face à une minorité de profiteurs et de spéculateurs qui n’ont d’autre préoccupation que de faire grossir leurs profits. 

On entend de toute part : il n’y a pas de perspective politique. Si, il y a une perspective politique. Chasser Macron, mais pas seulement : chasser la Ve République et ses institutions antidémocratiques, en finir avec les diktats de l’Union européenne, abroger ses traités et former un gouvernement ouvrier qui prenne les mesures indispensables de préservation du peuple travailleur. 

À cet effet, notre congrès a adopté un projet de programme d’action politique que nous soumettons à la discussion. Non seulement pour ses propositions concernant le gouvernement ouvrier, mais aussi pour ses propositions d’action : nous voulons aider à ouvrir la voie à l’action de millions et de millions d’hommes, de femmes, de jeunes, de toute la classe ouvrière rassemblée qui abattra cette politique de misère et de déchéance. 

Voici, résumées brièvement, les propositions de notre congrès. À ceux qui les partagent, nous proposons de travailler à une construction commune pour bâtir dans ce pays un parti ouvrier se situant sur le terrain de classe. 

À tous, nous faisons la proposition de venir en discuter dans les réunions publiques et assemblées que le POID organisera dans tous les départements de ce pays dans les prochaines semaines. 

* https://www.strategie.gouv.fr/publications/reduire-poids-de-depense-publique 

Adopté à l’unanimité 

Lisez toutes le compte-rendu du IIIe congrès du POID dans La Tribune des travailleurs.

Prenez contact avec le POID. 


Retrait du projet Macron-Delevoye contre nos retraites !


C’est le 18 juillet que le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, rendra son rapport et ses recommandations sur la réforme des retraites.

Il s’agit de mettre en place le système universel par points sur les décombres des 42 régimes de retraite existants et de tous les droits collectifs qui y sont attachés.

À cette réforme systémique (changement de système) de la retraite par points, Macron voulait ajouter une « réforme » paramétrique (on change les données permettant d’avoir droit à la retraite à taux plein) :

  • Ainsi, le 25 juin, on apprenait que le gouvernement voulait, dès l’automne, porter à 64 ans l’âge réel de départ à la retraite et pénaliser par une décote tous ceux qui voudraient partir à 62 ans, l’âge légal.
  • Le 2 juillet, on apprenait qu’il voulait aussi que le nombre d’annuités cotisées pour bénéficier d’une retraite à taux plein soit porté progressivement à 43 ans en 2025, et non 2035 comme prévu déjà par la loi inique de Marisol Touraine de 2014.

Ces deux mesures, qui frappent tous les salariés, devaient donc précéder la mise en œuvre de la réforme par points. Le gouvernement comptait utiliser la loi de financement de la Sécurité sociale en novembre pour les faire passer. 

Mais le 11 juillet, le gouvernement renonce. Le Monde indique : « Le haut-commissaire à la réforme, M. Delevoye (…), estimait que de tels dispositifs pouvaient provoquer une levée de boucliers. »

Car l’annonce du passage de l’âge de départ réel à la retraite à 64 ans a provoqué une indignation générale dans la population. 

Toutes les organisations syndicales ont immédiatement affirmé leur opposition. FO et la CGT appellent à la mobilisation en septembre. Même la CFDT, pourtant favorable à la retraite par points, a pris position contre. 

Mais Macron a un objectif qui ne varie pas : contraindre les salariés à travailler plus longtemps et réduire les pensions. 

Une conclusion s’impose donc : le regroupement des forces du camp des travailleurs pour aller unis au combat.

Unis sur un objectif : le retrait du projet Macron-Delevoye et le maintien des 42 régimes existants.

Unis sur les moyens : la grève jusqu’au retrait.

Lisez toutes les informations concernant la réforme des retraites dans La Tribune des travailleurs.

Prenez contact avec le POID.

Après General Electric, Conforama supprime 1 900 emplois IL FAUT BRISER CETTE SPIRALE INFERNALE !

La chaîne de magasins d’ameublement a attendu la veille des départs en vacances pour annoncer la suppression de 1 900 postes, soit 20 % des effectifs, avec 32 fermetures de magasins à la clé.

Une « hécatombe sociale », dénonce la CGT. FO parle de « massacre ».

Un délégué syndical raconte : « J’ai passé la nuit dernière au téléphone à annoncer la mauvaise nouvelle et je suis resté toute la matinée sur site. J’ai vu des collègues anéantis, certains ne pouvaient pas retenir leurs larmes. Parmi nous, il y a quelques couples, des mères seules, nous ne savons pas comment nous allons nous en sortir. »

Anéantis… mais déterminés à se battre pour préserver leur emploi.

Les salariés du Conforama de Vitry (Val-de-Marne) témoignent :

  • Il y a deux semaines, en comité central d’entreprise, on nous a dit que les résultats s’amélioraient. Et huit jours plus tard, c’est la catastrophe : fermeture complète de notre site de Vitry : 80 postes supprimés ! 63 millions au titre du CICE et 1 900 suppressions d’emplois : plus de 33 000 euros par licenciement ! 
  • En vendant ici les 14 000 m2, la direction compte faire la culbute. Le tram va arriver, les prix de l’immobilier s’envolent. Le groupe Steinhoff, ce sont des escrocs, leurs comptes sont truqués. Ils achètent et revendent des sociétés uniquement pour se faire du cash. Il y a aussi une logique antisyndicale : les sites de leur liste de fermetures sont tous des sites avec une implantation et une résistance syndicale.
  • Il faut voir que certains ont donné toute une vie à ce magasin. Parmi nous, il y a des mères célibataires, des collègues de plus de 50 ans. Que vont-ils devenir ? Les conditions de travail sont devenues de plus en plus difficiles, en particulier à cause des réductions de personnel. Par exemple, on était 18 au retrait des marchandises, on n’est plus que 8 pour une masse de travail plus importante !
  • On commence par un débrayage samedi 6 juillet dans tous les magasins de France avec la volonté de marquer le coup particulièrement dans les 32 centres de la liste noire. Nous sommes décidés à nous battre jusqu’au bout pour l’annulation du plan, pour le maintien de tous les emplois. Tous les syndicats sont unis là-dessus.

En s’engageant immédiatement dans la grève, les salariés de Conforama, dans toute la France, ont mis à l’ordre du jour l’action unie et efficace pour imposer : aucun licenciement, maintien de tous les emplois. Il n’y a pas d’autre voie.

Au-delà, la multiplication des plans de licenciements : Ford Blanquefort, General Electric, Arjowiggins, et maintenant Conforama… pose une question urgente : l’interdiction pure et simple des licenciements.


Lisez toutes les informations concernant le plan de licenciements chez Conforama dans La Tribune des travailleurs.

Prenez contact avec le POID.

Arrêt immédiat des poursuites judiciaires !

Communiqué du POID du 2 juillet 2019 – Le Parti ouvrier indépendant démocratique condamne fermement les poursuites judiciaires à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, Alexis Corbière, Bastien Lachaud, Bernard Pignerol et Muriel Rozenfeld, cités à comparaître devant le tribunal correctionnel de Bobigny en septembre prochain. Ils sont accusés d’avoir voulu empêcher les perquisitions inacceptables opérées le 16 octobre dernier au siège de La France insoumise et au domicile de plusieurs de ses responsables. De plus, ils disent avoir découvert cette convocation dans le magazine L’Express et n’avoir reçu aucune lettre de la justice.

En voulant judiciariser le débat politique, le pouvoir en place franchit un cran supplémentaire dans la dérive autoritaire et antidémocratique de la Vᵉ République.

Le POID exige l’arrêt immédiat des poursuites, le respect des libertés démocratiques et l’indépendance des partis et des organisations syndicales.