Réforme des retraites Ils abattent leurs cartes

A la une de la Tribune des travailleurs du 25 septembre 2019

Depuis des mois, le gouvernement Macron-Philippe-Delevoye concocte sa réforme des retraites.

Il s’agit d’en finir avec les 42 régimes spéciaux et de mettre en place un système « universel » par points pour remettre en cause l’ensemble des droits collectifs.

Chaque jour, de nouvelles annonces montrent à quel point ce nouveau système est une entre- prise de liquidation de tout ce qui existe actuellement :

• La pension de réversion versée au conjoint survivant jusqu’à présent à partir de 55 ans ne serait plus versée qu’à partir de 62 ans (L’Opinion, 17 septembre 2019).

• Alors que Delevoye assure que 10 euros cotisés donneront un point qui rapportera 0,55 euros de retraite, des experts prouvent, chiffres à l’appui, que le rendement réel sera de 4,95 % et non de 5,5 % (groupe d’experts de l’Institut de la protection sociale, IPS).

• Il faudra allonger de deux ans l’âge moyen de départ à la retraite, qui devra passer de 63 à 65 ans, soit par relèvement de l’âge minimum, soit par l’instau- ration d’un âge pivot, soit par un allongement de la durée de cotisation (Jean Peyrelevade, ancien directeur de cabinet ministériel, Les Echos, 11 septembre).

C’est contre ces mesures et contre l’ensemble de la réforme des retraites du gouvernement que se mobilisent des centaines de milliers de travailleurs, en faisant grève et manifestant, les 13, 16, 19, 21 et 24 septembre.

Au centre de toutes les discussions, dans les entreprises, dans les manifestations : « Comment y arriver ? Il faut s’y mettre tous ensemble. On y travaille. »

Tel est l’objectif de la rencontre nationale des comités pour l’unité pour le retrait de la réforme des retraites du 12 octobre : combattre pour l’unité à tous les niveaux pour la grève générale pour le retrait de la réforme Macron-Delevoye, salariés du public ou du privé, syndiqués, non syndiqués.

Appel du IIIᵉ Congrès du POID « Un fait révoltant »

Nous, délégués au IIIe Congrès du Parti ouvrier indépendant démocratique, venus de 62 départements, nous voulons informer les travailleurs et les jeunes d’un fait révoltant dont nous avons discuté dans notre congrès. 

Au moment même où Macron réunit les élus et engage son prétendu « grand débat national », l’agence gouvernementale France Stratégie publie à la demande du gouvernement une note intitulée « Où réduire le poids de la dépense publique ? » *. 

Cette note dénonce les retraites et l’assurance maladie comme pesant le plus lourd dans les dépenses de l’État. 

Mensonge ! La Sécurité sociale, comme les régimes de retraite, ce n’est pas le budget de l’État, c’est le salaire différé des travailleurs, partie intégrante du salaire ouvrier ! 

Honte ! Cette note gouvernementale affirme en toutes lettres que les travailleurs, en France, bénéficient de pensions trop élevées et qu’ils sont beaucoup trop riches comparativement aux travailleurs des autres pays d’Europe. En fait, dans tous les pays les travailleurs sont confrontés aux mêmes attaques de l’Union européenne et des gouvernements à ses ordres. 

La note gouvernementale dénonce le fait que les travailleurs en France vivent trop longtemps à la retraite comparés à ceux des autres pays. L’objectif est clair : il faut que les travailleurs partent plus tard à la retraite avec des pensions amputées. Bref, que notre vie s’achève plus tôt qu’aujourd’hui et dans des conditions misérables. 

Voilà ce que Macron voudrait imposer en déchaînant une répression féroce contre les travailleurs et les jeunes et en voulant supprimer le droit de manifester. 

Voilà ce que Macron a mis au point pendant qu’il amuse la galerie avec son grand débat. 

Il faut faire cela, prétend-il, pour réduire les dépenses de l’État. Réduire les dépenses de l’État ? Et les 40 milliards d’euros versés aux patrons au titre du CICE prétendument pour créer des emplois et qui n’en ont jamais créé un seul ? Et les 57 milliards de dividendes versés aux actionnaires des 40 groupes du CAC 40 pour l’année dernière, produits de l’exploitation des travailleurs ? Et les 41 milliards d’intérêts de la dette versés aux grandes banques internationales ? 

Le « grand débat » n’est pas seulement un écran de fumée, c’est une mystification sur le fond : derrière le rideau du « grand débat » de nouveaux coups, les plus brutaux, se préparent contre les droits des travailleurs, coups auxquels Macron voudrait associer ceux qu’il appelle les « corps intermédiaires », les élus et les syndicats de travailleurs. 

C’est bien une politique de classe que Macron met en œuvre, la politique dictée par les banquiers, les capitalistes, les spéculateurs et l’Union européenne. 

À cette politique de classe, nous estimons urgent que s’oppose une autre politique de classe. Celle-ci se concentre dans un mot d’ordre très simple : « Ne touchez pas à nos régimes de retraite ! Retrait du projet de réforme du gouvernement ! ». Et aussi : retrait de toutes les contre-réformes qui frappent la SNCF, le droit du travail, les services publics et l’instruction publique. 

L’unité des travailleurs et de la jeunesse est indispensable. S’il s’agit de bloquer cette offensive du gouvernement, il n’y a pas trente-six façons : la grève générale ouvrière est le seul moyen pour défendre et préserver les intérêts du peuple travailleur face à une minorité de profiteurs et de spéculateurs qui n’ont d’autre préoccupation que de faire grossir leurs profits. 

On entend de toute part : il n’y a pas de perspective politique. Si, il y a une perspective politique. Chasser Macron, mais pas seulement : chasser la Ve République et ses institutions antidémocratiques, en finir avec les diktats de l’Union européenne, abroger ses traités et former un gouvernement ouvrier qui prenne les mesures indispensables de préservation du peuple travailleur. 

À cet effet, notre congrès a adopté un projet de programme d’action politique que nous soumettons à la discussion. Non seulement pour ses propositions concernant le gouvernement ouvrier, mais aussi pour ses propositions d’action : nous voulons aider à ouvrir la voie à l’action de millions et de millions d’hommes, de femmes, de jeunes, de toute la classe ouvrière rassemblée qui abattra cette politique de misère et de déchéance. 

Voici, résumées brièvement, les propositions de notre congrès. À ceux qui les partagent, nous proposons de travailler à une construction commune pour bâtir dans ce pays un parti ouvrier se situant sur le terrain de classe. 

À tous, nous faisons la proposition de venir en discuter dans les réunions publiques et assemblées que le POID organisera dans tous les départements de ce pays dans les prochaines semaines. 

* https://www.strategie.gouv.fr/publications/reduire-poids-de-depense-publique 

Adopté à l’unanimité 

Lisez toutes le compte-rendu du IIIe congrès du POID dans La Tribune des travailleurs.

Prenez contact avec le POID. 


Le tract que les militants du POID ont massivement diffusé dans les manifestations du 28 novembre

Le cortège du POID, dans la manifestation parisienne du samedi 28 novembre.

Prenez contact avec le POID.

Lisez son journal, La Tribune des travailleurs

Le POID sera présent samedi 28 novembre dans tous les rassemblements et manifestations convoqués, à Paris et en province, par la coordination « Stop Loi Sécurité Globale »

Au Trocadéro, à Paris, le 21 novembre 2020.

À tous les comités du POID 

À tous les adhérents 

Comme nous l’avons indiqué hier : le POID sera présent samedi 28 novembre dans tous les rassemblements et manifestations convoqués, à Paris et en province, par la coordination « Stop Loi Sécurité Globale ». 

Réunie hier soir, 25 novembre, la coordination « Stop Loi Sécurité Globale » – regroupant des syndicats, associations, collectifs, etc. – a informé de ce qu’à Paris, le préfet de police Lallement avait interdit la manifestation de République à Bastille « pour des raisons sanitaires », limitant son autorisation au rassemblement place de la République. La coordination a fait connaitre son intention de ne pas se rendre chez le Premier ministre, et de maintenir son appel à manifester, sur le parcours prévu*. 

Signalons que dans de nombreuses villes, des organisations syndicales appellent aux rassemblements, sur leur propre terrain, à l’instar de l’appel des Unions régionales d’Île de France de la CGT, de FO, de la FSU, de Solidaires, avec l’Unef et l’UNL, se prononçant « pour le retrait de la loi » et « pour défendre la liberté de manifester, la liberté d’informer et des services publics garants de toutes les libertés ». 

Dans ces manifestations et rassemblements politiques du 28 novembre, le POID sera donc présent avec ses drapeaux, y exprimera son exigence de retrait de la Loi de Sécurité globale, y distribuera son communiqué (envoyé dans les heures qui viennent) et y diffusera largement le n°266 de La Tribune des travailleurs titré : « Pour défendre les libertés, reconquérir la démocratie et les droits ouvriers : en finir avec la Ve République ! ». 

Nombreux sont les adhérents qui, avant même d’avoir reçu le journal de cette semaine, ont entendu et vu les informations concernant le projet de loi et répondent présents à l’appel à participer aux rassemblements dans les cortèges de leur parti. Il nous reste un jour et demi pour que tous soient sollicités. 

Montreuil, le 26 novembre, 16 heures 

*Vous trouverez en pièce jointe :

Parents, enseignants, jeunes : face aux tentatives de Blanquer d’opposer les uns aux autres, rassemblons-nous pour exiger un recrutement massif urgent pour sauver l’avenir des jeunes et protéger la santé de tous !

« Parents d’élèves, la grande inquiétude » titrait Le Parisien ce lundi 9 novembre.

Jour où, dans beaucoup de lycées et sur autorisation du ministre Blanquer, le « protocole sanitaire renforcé » se traduisait par l’expulsion des élèves de la moitié de leurs cours au nom de la lutte contre la propagation du virus.

Jour où, de fait, les inégalités devant l’accès à l’instruction ont explosé, puisque c’est lycée par lycée que se décide la mise en place d’un protocole, certains jeunes continuant à pouvoir suivre l’intégralité de leurs cours, d’autres étant interdits d’accès à leur lycée la moitié de la semaine. « On est super inquiets pour son avenir » explique une mère d’élève dans ce même journal qui se bat pour que sa fille puisse suivre tous ses cours, « car l’accès ne se fait plus de droit à l’université pour les bacheliers. Parcoursup ne fera pas de quartier ». Elle a raison d’être inquiète !

Tout comme les enseignants ont raison d’être inquiets pour leur santé et celles de leurs élèves, et d’exiger, dans les nombreuses assemblées générales qui se sont tenues depuis le 2 novembre, que toutes les mesures soient prises pour éviter la fermeture des établissements scolaires, que les dédoublements des classes soient mis en place pour permettre distanciation physique et limitation du « brassage ».

Est-il possible de dédoubler les classes sans qu’aucun élève ne perde une seule heure de cours ?

Non répond ce gouvernement qui, refusant de débloquer un seul centime, joue la division entre les parents et les enseignants en autorisant chaque lycée à s’organiser localement au mépris de toute égalité des droits.

Oui répondrait un gouvernement partant des intérêts de l’immense majorité et qui n’aurait pas d’autre souci que de préserver la jeune génération à la fois du naufrage scolaire et de la contamination par le virus. Il suffirait pour cela de mettre en place un plan de recrutement massif et immédiat d’enseignants (par le réemploi des contractuels aujourd’hui au chômage, ou l’appel à de jeunes étudiants prêts à enseigner, etc.), d’agents d’entretien pour nettoyer et désinfecter les locaux, et de tous les personnels nécessaires (surveillants, etc.). Il suffirait de réquisitionner tous les locaux vacants, installer tous les préfabriqués nécessaires pour créer les nouvelles classes permettant un dédoublement des effectifs sans, répétons-le, qu’aucun élève ne perde une seule heure de cours.

Et qu’on ne nous dise pas que c’est impossible ! Même les gouvernements italiens et espagnols ont pris des mesures dans ce sens, avec le recrutement de 40 000 enseignants depuis septembre dernier !

Il suffirait pour se faire de réquisitionner les 560 milliards d’euros offerts par le gouverne- ment aux banquiers et aux patrons et d’en utiliser une partie pour ce plan d’urgence !

Un tel plan d’urgence permettrait de préserver la santé de chacun et de maintenir une école qui instruit tous les jeunes à égalité.

Le gouvernement veut profiter de la crise sanitaire pour accentuer l’atomisation de l’école établissement par établissement et porter un coup supplémentaire au baccalauréat national. Face à cette offensive, pour le POID, il y a urgence que se forge l’unité des organisations des travailleurs et des jeunes autour d’un plan d’urgence de défense et de reconquête de l’école publique qui commencerait par :

• imposer ce plan de recrutement massif, ces dédoublements sans perte d’heures de cours pour les jeunes et permettant le respect des mesures sanitaires nécessaires ;

• abroger toutes les contre-réformes accentuant les inégalités, à commencer par la réforme du bac et la loi ORE instaurant la sélection à l’entrée à l’université !

Discutons en !


Lisez toutes les informations dans La Tribune des travailleurs concernant la situation dans les écoles et la responsabilité du gouvernement. Prenez contact avec le POID.

État d’urgence sanitaire, couvre-feu, reconfinement… Et pendant ce temps, aucun moyen supplémentaire pour les hôpitaux !

« Il faut s’attendre à des décisions difficiles », a prévenu Darmanin, ministre de l’Intérieur, interrogé, le 27 octobre, sur un possible reconfinement. 

Alors que le plan blanc* a été déclenché dans tous les hôpitaux, dans de nombreuses régions,
alors qu’en Île-de-France l’Agence régionale de santé (ARS) demande à tous les hôpitaux de déprogrammer toutes les activités chirurgicales (y compris ambulatoires) « dès lors qu’elles sont consommatrices de ressources humaines qui pourraient être utilement affectées dans les services de soins critiques et de médecine Covid »,
alors que plusieurs chefs de service de réanimation alertent sur la catastrophe qui arrive,
alors que les personnels sont au bord de la rupture… 

aucun moyen supplémentaire n’est affecté aux hôpitaux par le gouvernement Macron-Castex ! 

Pourtant, de l’argent, il y en a. Des centaines de milliards d’euros ont été offerts aux patrons depuis huit mois, argent utilisé pour organiser les plans de suppression d’emplois. 

Alors, oui, il faut réquisitionner cet argent ! 

Oui, il y a urgence à l’utiliser pour recruter massivement et former du personnel (agents de service hospitalier, aides-soignants, infirmières, médecins), tout de suite, dans les hôpitaux, pour augmenter réellement leurs salaires, pour créer les lits, notamment dans les services de réanimation. 

C’est la seule solution pour aujourd’hui contrer la seconde vague du Covid.
C’est la seule solution pour sauver des vies et éviter la catastrophe.

* Dispositif de crise qui permet à un hôpital de « mobiliser immédiatement les moyens de toute nature dont il dispose en cas d’afflux de patients ou de victimes ou pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle. » Ce qui aboutit à ce que de nombreux services soient privés de leurs moyens. 

AU CHAOS ORGANISÉ PAR LE GOUVERNEMENT, OPPOSONS UNE POLITIQUE OUVRIÈRE !

Invitation au meeting organisé le 7 novembre 2020 par le Parti ouvrier indépendant démocratique

La classe ouvrière est une, sans distinction d’origine, de couleur de peau, de croyance religieuse ou de non-croyance. Nous, Parti ouvrier indépendant démocratique, reconnaissons comme principale ligne de clivage dans la société celle qui oppose les classes sociales aux intérêts contradictoires.

Ainsi, depuis huit mois, avec l’épidémie du Covid, le gouvernement a accordé 560 milliards d’euros aux capitalistes qui multiplient les plans de licenciements et dont les profits battent des records. À l’autre bout de la société, l’absence criante de lits dans les hôpitaux, de services de réanimation, de personnels soignants va de pair avec le refus de tout plan de rattrapage scolaire pour les jeunes et la généralisation du chômage partiel et des licenciements, conduisant à un appauvrissement considérable des travailleurs et de leurs familles.

De tous temps, la classe des exploiteurs et ses gouvernements ont cherché à camoufler la réalité de cette société divisée en classes, en y opposant :
– l’union nationale qui prétend que toute la nation partagerait les mêmes intérêts sans distinction de classes ;
– la division entre communautés (de religion, d’origine…).

À l’union nationale et à la division communautariste nous opposons l’unité de la classe ouvrière sans distinction d’origine, de religion et de non-religion, de couleur de peau. Pour le POID, la religion doit rester affaire privée.

À Conflans-Sainte-Honorine, la barbarie s’est déchaînée avec l’assassinat d’un enseignant et, à travers lui, la volonté d’instaurer la terreur contre l’instruction publique, la laïcité et la République fondée sur l’égalité des droits des citoyens. Qu’une idéologie totalitaire revendiquant une motivation religieuse inspire un acte barbare, ce n’est malheureusement pas la première fois – l’histoire en témoigne – que la religion sert de prétexte à des massacres et à la barbarie, et cela quelle que soit la religion, à commencer par celle qui est majoritaire en France depuis plus de quinze siècles.

Le bureau national approuve le communiqué publié samedi 17 octobre, dans lequel « Le Parti ouvrier indépendant démocratique condamne l’ignoble assassinat de Conflans-Sainte-Honorine ». A la barbarie nous opposons l’unité de la classe ouvrière, l’égalité des droits des citoyens dans la république laïque.

D’aucune manière les travailleurs ne peuvent défendre ces principes et leurs droits en se rangeant derrière Macron et son gouvernement, qui, comme tous leurs prédécesseurs, s’attaquent à la laïcité et aux droits des travailleurs et de la jeunesse. D’aucune manière les travailleurs ne peuvent se ranger derrière ceux qui, sous couvert de lutte contre « l’islamisme radical » veulent stigmatiser une partie du peuple travailleur et de la jeunesse en fonction de son appartenance réelle ou supposée à une religion.

La classe ouvrière doit unir ses rangs indépendamment des opinions religieuses ou non religieuses des uns et des autres. Pas question de suivre Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure et les autres dirigeants « de gauche » qui mardi dernier, à l’Assemblée nationale se sont prononcés pour l’union nationale derrière Macron, comme ils l’avaient déjà fait le 19 mars en votant les 343 milliards donnés aux capitalistes pour les renflouer.

Non, l’heure n’est pas à se ranger derrière Macron. Face à la barbarie, il n’est de meilleur rempart que le mouvement ouvrier indépendant, uni dans la défense des intérêts des travailleurs et de la démocratie. L’heure est à rompre avec Macron, dont chaque discours attise les tensions en stigmatisant une partie de la population. L’urgence c’est une politique de rupture ouvrière : ce ne sont pas les profits qu’il faut sauver, mais les emplois, la santé, l’instruction publique. C’est à cela qu’il faut consacrer les immenses moyens financiers dégagés depuis huit mois.

Cette politique ouvrière, nous en rendrons compte dans le meeting du Parti ouvrier indépendant démocratique le 7 novembre prochain.

Toutes et tous au meeting
le samedi 7 novembre 14h30 !

Espace Charenton, 327 rue de Charenton, 75012 Paris

Montreuil, le 24 octobre 2020

Le bureau national du POID

Covid-19 : rien n’a été fait pour contrer la deuxième vague

Un cri d’alarme monte de tous les hôpitaux : « On n’est pas remis de la première vague du Covid-19, on n’est pas prêt pour la deuxième vague ».

Pourtant, huit mois se sont écoulés… Huit mois qui auraient pu être utilisés par un gouvernement soucieux de la santé de la population pour tirer les leçons de la première vague et par conséquent mettre en œuvre tous les moyens permettant de contrer une deuxième vague…

Huit mois … pendant lesquels il a fait exactement l’inverse ! Huit mois pendant lesquels il a préparé la catastrophe qui s’annonce !

Et maintenant, pour tenter de pallier l’incurie, Macron a décidé l’instauration d’un couvre-feu dans les zones où la circulation du virus est la plus forte.

C’est l’aveu de faillite d’un gouvernement coupable :

  • d’avoir affaibli le système hospitalier ;
  • d’avoir menti sur les masques ;
  • d’avoir facilité la circulation du virus ;
  • d’avoir rendu impossible le dépistage massif ;
  • de tout sacrifier aux intérêts des patrons.

D’urgence, il faut des lits, des personnels, des moyens pour les hôpitaux, des tests, des masques gratuits !

D’urgence, il faut réquisitionner les 560 milliards offerts aux patrons !

Rupture avec le gouvernement Macron et sa politique !

Tous au meeting du POID
Samedi 7 novembre 2020, à 14h30

Espace Charenton
(327, rue de Charenton, Paris 12e)

Lisez toutes les informations concernant la situation dans les hôpitaux et la responsabilité du gouvernement dans La Tribune des travailleurs.

Prenez contact avec le POID.

Le Parti ouvrier indépendant démocratique condamne l’ignoble assassinat de Conflans-Sainte-Honorine

Le Parti ouvrier indépendant démocratique condamne l’ignoble assassinat de Conflans-Sainte-Honorine.

Il salue la mémoire de l’enseignant mort pour avoir exercé sa mission d’instruction. Il adresse à sa famille et à ses proches ses sincères condoléances et les assure de sa solidarité.

Rien ne saurait justifier qu’un enseignant paie de sa vie la liberté pédagogique qui est la sienne d’enseigner les matières dont il a la responsabilité.

Ce nouveau pas franchi dans l’escalade de barbarie qui, depuis plusieurs années, frappe notre pays, suscite une large et légitime indignation. Des rassemblements spontanés ont eu lieu ce samedi 17 octobre. D’autres sont convoqués dans toute la France dimanche 18.

Les adhérents du Parti ouvrier indépendant démocratique participeront à ces rassemblements, répondant en particulier à l’appel de leurs organisations syndicales, conscients que le meilleur rempart de défense de la démocratie et des libertés, aujourd’hui comme hier, est celui dressé par le mouvement ouvrier.

Les adhérents du POID y participeront avec leurs collègues, travailleurs de toutes tendances et de toutes origines, avec les enseignants et les parents unis dans la défense des libertés et de la démocratie, unis contre la barbarie.

Ils n’y participeront pas aux côtés de Macron, Castex, Blanquer et autre Darmanin qui prétendent s’associer à cet hommage. Aucune union sacrée n’est possible avec Macron, dont le discours prononcé il y a une dizaine de jours à quelques kilomètres de Conflans Sainte Honorine, annonçait un projet de loi contre le prétendu séparatisme islamiste. Discours qui a contribué à attiser le climat de tension et de stigmatisation contre une partie de la population en fonction de ses origines et/ou de sa religion.

Aucune union sacrée avec Macron et Blanquer dont les contre-réformes et la politique de destruction des diplômes – dans la continuité des gouvernements précédents – ne cessent de saper l’unité de l’école publique et laïque, l’égalité des droits de la jeunesse devant l’instruction ! Aucune union sacrée avec Macron, Blanquer et autre Castex qui, s’appuyant sur le vote unanime du 19 mars à l’Assemblée nationale, déversent 560 milliards aux capitalistes qui licencient à tour de bras ; tandis que le pays s’apprête à subir une deuxième vague d’une pandémie catastrophique sans moyens supplémentaires et même avec moins de lits et de services de réanimation, puisque le gouvernement s’acharne à détruire les hôpitaux.

La défense de la démocratie, de la république et de la laïcité est inséparable de la reconquête d’une école et d’une république laïques garantissant des droits égaux à tous, et en particulier l’accès au diplôme et à la qualification pour tous les jeunes, quel que soit le quartier où ils vivent et quelle que soit leur origine. C’est la condition pour défendre réellement toutes les libertés : d’expression, d’enseignement, de croire ou de ne pas croire, de presse, d’organisation, de manifestation, d’action et de mobilisation.

Cela impose de combattre dans tous les domaines ceux qui portent une responsabilité écrasante dans la marche à la dislocation politique, sociale et économique du pays : Macron et son gouvernement.

Mise en place d’un « forfait urgences » Un scandale absolu !

Aux urgences de l’hôpital Tenon à Paris (20e), fin septembre

Depuis des années, les urgences sont saturées.

Les personnels ont fait grève à de nombreuses reprises, avec leurs syndicats, pour obtenir des postes et des moyens.

Macron et Véran ont trouvé une solution : dissuader les patients de venir aux urgences. Comment ? En les taxant !

A partir du 1er janvier 2021, si votre passage aux urgences n’est pas suivi d’une hospitalisation (80 % des cas, actuellement), vous payerez un « forfait urgences », dont le montant sera fixé plus tard, par décret.

Tous devront payer, y compris ceux qui étaient jusqu’à présent exonérés : les femmes enceintes, les malades chroniques et les invalides.

Votre bébé a de la fièvre. Vous êtes inquiets car la fièvre ne baisse pas depuis deux jours. Vous allez aux urgences ; votre enfant est examiné par un médecin ; fort heureusement, l’hospitalisation ne sera pas nécessaire… Eh bien, vous devrez payer !

Une ignominie !

Dans ces conditions, combien vont hésiter à se rendre aux urgences ?

Pendant ce temps-là, le gouvernement présente son budget pour 2021 : 100 milliards de plus pour les patrons !

Confiscation des 100 milliards (et des 460 milliards déjà distribués aux patrons et aux banquiers) et affectation de ces milliards aux hôpitaux et à l’ensemble des services publics !

L’accès aux urgences doit rester libre et gratuit !

Lisez toutes les informations concernant le forfait urgences et le budget 2021 dans La Tribune des travailleurs. Prenez contact avec le POID.

ADRESSE DU 4e CONGRÈS DU POID DES 26 ET 27 SEPTEMBRE 2020

À tous les travailleurs, aux militants, aux jeunes
À tous ceux qui refusent l’ordre existant
À tous ceux qui cherchent la voie du combat 

Dans les prochaines semaines, le gouvernement va faire ratifier par l’Assemblée nationale-croupion son fameux « plan de relance » annoncé à grand fracas de communication par le Premier ministre : 100 milliards pour les capitalistes, qui s’ajoutent aux 460 milliards déjà votés. 560 milliards en tout, l’équivalent de deux fois le budget prévisionnel annuel de la nation ! 

Les mêmes « plans de relance », déversant des centaines de milliards de dollars et d’euros, ont été adoptés dans la plupart des grands pays capitalistes. Jamais, dans l’histoire du système capitaliste, on n’avait vu la minorité exploiteuse accumuler autant de richesses et si vite entre ses mains : en une seule semaine fin août, les 500 milliardaires les plus riches du monde ont vu leurs revenus augmenter de 209 milliards de dollars (agence Bloomberg, 29 août 2020) ! 

Pourquoi pas 560 milliards pour sauver le peuple travailleur ? 

Les mots ont un sens : ils appellent cela « plan de relance » parce qu’il s’agit pour eux de relancer leur économie. Leur économie a pour fondement l’exploitation de la force de travail, elle repose sur la réalisation du profit. Toute production, même si elle est utile à la société, est décrétée inutile si elle ne dégage pas suffisamment de profit (qui enrichit les capitalistes). C’est pourquoi, en ce moment, nous assistons en France et dans le monde entier à une destruction massive de richesses, de moyens de production, d’usines, de machines et des emplois, donc de la force de travail. Il est officiellement question de centaines de millions de chômeurs supplémentaires à l’échelle de la planète. 

560 milliards d’euros ! À en croire les représentants du gouvernement et du patronat, il ne faudrait pas tout globaliser mais au contraire distinguer entre les prêts garantis par l’État, les subventions aux entreprises, les exonérations de « charges sociales » et d’impôts pour les patrons, le financement du chômage partiel… 

Le vote de l’Adresse aux travailleurs, jeunes, militants, à tous ceux qui refusent l’ordre existant.

À ces explications qui visent à les embrouiller, les travailleurs sont en droit de répondre : « Mesdames et Messieurs les ministres et les capitalistes, vous pouvez tourner les choses comme vous le voulez, la vérité reste que vous sortez 560 milliards d’euros pour que votre économie soit profitable. La vérité, c’est que, parmi les nombreuses entreprises qui ont bénéficié d’un prêt garanti par l’État mis en place par le vote unanime du 19 mars à l’Assemblée nationale, Renault a obtenu 5 milliards d’euros pour supprimer 4 600 emplois, Air France a obtenu 7 milliards d’euros pour licencier 7 500 travailleurs, et beaucoup d’autres encore. 

Et dans le même temps, vous enfoncez chaque jour davantage les travailleurs et les familles ouvrières. Vous faites payer les masques pour les enfants dans les écoles, vous imposez le chômage partiel de longue durée avec les pertes de salaire qu’il entraîne et vous encouragez vous-mêmes les plans de centaines de milliers de licenciements. 560 milliards pour aider les capitalistes ? Pourquoi pas 560 milliards pour sauver le peuple travailleur ? » 

Le vote du 19 mars a scellé une véritable union sacrée 

C’est la raison pour laquelle le POID considère comme un scandale du point de vue de la démocratie – c’est-à-dire de la loi de la majorité – le vote du 19 mars à l’Assemblée nationale, par lequel les députés de « gauche » ont voté à l’unanimité avec leurs collègues de droite et les macronistes en faveur de la première tranche – 343 milliards ! – d’aides aux patrons. Ce vote a scellé une véritable union sacrée dont le ciment est la « relance de l’économie » qui ne vise qu’à la relance du profit. 

La tribune du 4e congrès du POID

Nous affirmons au contraire que le premier devoir de la société, c’est de permettre à chacun de ses membres de vivre dignement de son travail. Pour cela, il faut qu’il y ait des emplois. Voilà pourquoi le maintien des emplois et l’interdiction des licenciements sont le premier acte non pas d’un plan de relance du profit mais d’un plan de réorganisation et de reconstruction de la société afin de garantir le droit de vivre de l’immense majorité. Un plan pour permettre aux travailleurs, y compris les couches les plus précaires (jeunes, migrants, mères de famille, etc.), de vivre dignement. 

Depuis plusieurs mois, des millions de manifestants contre le racisme aux États-Unis reprennent le mot d’ordre : « Black lives matter », « la vie des Noirs compte ». C’est une exigence vitale : la vie des Noirs compte, et dans le monde entier, la vie des travailleurs et des jeunes doit compter. 

Pour cela, dans notre pays, les 560 milliards doivent être confisqués et mobilisés pour l’emploi et les licenciements interdits. Répétons-le : c’est le point de départ de toute reconstruction de la société sur des bases conformes à la démocratie, c’est-à-dire aux intérêts de la majorité. 

Besoin d’écoles, d’universités, d’hôpitaux, de services publics… 

Qui osera dire que l’on n’a pas besoin de maintenir les emplois existants et d’en créer de nouveaux ? Prenons la question de la rentrée scolaire et universitaire. Douze millions d’élèves et deux millions d’étudiants sont rentrés sans qu’aucun 

moyen supplémentaire n’ait été dégagé pour faire face au retard scolaire accumulé, aucun enseignant recruté pour dédoubler les classes et permettre à la jeune génération de rattraper le temps perdu. Aucune mesure prise non plus pour aider les élèves en situation de handicap pour lesquels les milliers de familles attendent en cette rentrée une place en établissement ou structure adapté. Répondre à ces besoins exigerait l’embauche de dizaines de milliers d’enseignants supplémentaires et non de licencier des milliers de contractuels comme le fait le gouvernement. 

Et que dire de la protection sanitaire dans les établissements scolaires et universitaires ? Peut-on la garantir avec les effectifs actuels des personnels d’entretien des collèges, des lycées, des écoles, des universités ? Non ! Pour cela, l’embauche de dizaines de milliers de personnels d’entretien serait indispensable pour protéger les enfants, les étudiants et les enseignants. 

Quant à la pandémie… Au cours de notre congrès un travailleur hospitalier et militant syndical a témoigné : « Le Covid existe bien, il y a bien une deuxième pandémie qui arrive. La seule différence avec la première qui était montée tout de suite en flèche, c’est que celle-là est plus lente. Elle a commencé à ré-augmenter cet été, mais toutes les semaines les réanimations se remplissent et les hospitalisations conventionnelles aussi. Est-ce que l’hôpital est prêt ? Non. Est-ce que l’hôpital a pris des mesures après la première pandémie ? Non. Les directions ont continué à supprimer des lits. Et elles en suppriment encore, on met parfois des fauteuils à la place. » 

Cyniquement, après avoir fait applaudir les personnels soignants, après avoir été contraint par leur mobilisation à céder une augmentation de salaire substantielle, le gouvernement continue sa politique de casse. L’angoisse et la colère grandissent dans tout le pays face à la menace d’une vague pandémique contre laquelle rien n’est prêt ! 

Besoin d’écoles, d’universités, d’hôpitaux, de services publics, de moyens de transport : répondre à ces besoins exigerait de développer les secteurs du bâtiment et des travaux publics. 

Et que dire de la recherche ? Pour combattre le coronavirus, ne faudrait-il pas affecter les moyens nécessaires à l’embauche de chercheurs, à la recherche fondamentale pour accélérer la découverte d’un vaccin et d’un traitement efficace ? Et que dire du dépistage ? Le mois de mars avait été marqué par le scandale des masques inexistants. Ce mois de septembre est marqué par le scandale des moyens de dépistage dérisoires par rapport aux besoins, avec ces attentes de jours et de jours avant de pouvoir faire un test, et de jours et de jours encore pour en connaître le résultat ! 

Ne faudrait-il pas créer un réseau national de laboratoires permettant, sous le contrôle de l’État, un dépistage systématique comme cela s’est fait dans d’autres pays ? 

Ajoutons que le maintien des emplois et donc des salaires, c’est la reprise de la consommation et donc le maintien des emplois aussi dans tous les secteurs de production, des biens de consommation, dans la distribution, dans le commerce… 

Rupture Reconstruction Réorganisation 

Oui, nous sommes en droit d’affirmer que mobiliser ces 560 milliards pour le maintien et la création des emplois nécessaires permettrait le développement effectif d’une économie basée non sur la recherche du profit mais sur la réponse aux besoins fondamentaux du plus grand nombre. 

Cela exige une planification, non pas le plan décrété par Macron avec son haut-commissariat présidé par l’ex-ministre Bayrou et que certains à « gauche » croient utile d’applaudir bruyamment. Non, un plan qui passe par la nationalisation sans indemnité ni rachat de toute une série de secteurs de l’industrie, par la confiscation des 560 milliards, par la nationalisation des banques et la centralisation d’une banque unique au seul service de la reconstruction et de la réorganisation d’une économie au service de la population et par la renationalisation des services publics. 

Si on se place du point de vue de la classe ouvrière et de la démocratie, ce n’est pas de la relance de la vieille économie capitaliste spéculative et parasitaire dont le pays a besoin mais de trois «R»: 

Rupture avec ce système, Reconstruction d’une économie au service de la population, Réorganisation de la société pour la satisfaction des besoins humains. 

Pour cela, il est urgent de rompre avec la continuité des quarante dernières années, dont tous les gouvernements successifs, de « gauche » comme de droite, ont mené des politiques de privatisation, de destruction des services publics, de déréglementation et de réformes anti-ouvrières et antisociales, en tentant d’y associer les organisations syndicales ; continuité aussi de la mise en œuvre de la politique agricole commune européenne et de la soumission aux seuls intérêts de l’industrie agroalimentaire. Cette continuité doit être brisée. 

Et qu’on ne nous dise pas qu’il faut attendre l’élection présidentielle de 2022. D’abord parce que cela voudrait dire que d’ici là la situation continue à se dégrader, permettant aux patrons et au gouvernement de détruire encore plus d’emplois. 

Ensuite parce que l’élection tous les cinq ans d’un roi sans couronne, ce n’est pas la démocratie. La Ve République est chaque jour davantage un régime bonapartiste où tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du président au seul service des intérêts capitalistes, une monarchie de plus en plus autoritaire qui prend des mesures liberticides et répressives contre les droits démocratiques. 

C’est au peuple de définir ce que doivent être la forme et le contenu du pouvoir politique 

Pour le Parti ouvrier indépendant démocratique, l’issue ne viendra pas de l’élection présidentielle. C’est au peuple – c’est-à-dire à l’immense majorité constituée des travailleurs actifs et retraités et des jeunes – de définir ce que doivent être la forme et le contenu du pouvoir politique. Il faut abroger l’élection du président de la République au suffrage universel et en finir avec la concentration du pouvoir entre les mains d’un seul.

Une Assemblée constituante pourra le décider. Une assemblée de délégués élus et mandatés par le peuple travailleur prenant entre ses mains tous les pouvoirs, à commencer par celui d’abolir les institutions existantes et de briser le lien de subordination à l’Union européenne. 

Une telle Assemblée constituante représentative du peuple travailleur pourra décider que les 560 milliards garantissent l’emploi et les salaires. Une telle assemblée établissant la démocratie rendra possible la mise en place d’un authentique gouvernement des travailleurs par les travailleurs, pour les travailleurs, qui rompra définitivement avec les institutions de la Ve République et de l’Union européenne, pour l’Europe des travailleurs et de la démocratie. 

L’unité peut et doit se réaliser sur l’interdiction des licenciements 

Pour avancer dans cette direction, le POID invite travailleurs et militants à débattre de ses propositions.

Aucun doute n’est possible sur le fait que dans les semaines à venir les travailleurs vont être amenés à agir. Pour notre part, nous affirmons que l’unité peut et doit se réaliser sur l’interdiction des licenciements, point de départ de toute politique rompant avec les intérêts capitalistes et répondant au besoin de l’immense majorité.

Les positions du POID ne sont pas à prendre ou à laisser, nous les soumettons à la discussion et à la réflexion. 

Nous invitons les travailleurs, militants et jeunes, dans cette situation extraordinairement difficile (mais où, nous le savons, l’heure est plus que jamais au combat), à participer : 

– aux assemblées-débats publiques organisées dans tout le pays dans les prochaines semaines ;
au meeting central du 7 novembre à Paris. 

Ensemble, saisissons-nous de ces occasions pour répondre à la question : quelle reconstruction de ce pays dévasté, quelle réorganisation de la société répondront enfin aux besoins de la majorité et non pas aux exigences du profit capitaliste ? 


Adoptée à l’unanimité par le 4e Congrès du Parti ouvrier indépendant démocratique, le 27 septembre 2020. 

ADRESSE à tous les travailleurs, aux militants, aux jeunes, à tous ceux qui refusent l’ordre existant, à tous ceux qui cherchent la voie du combat

 

Camarades, 

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique s’est réuni ce samedi 5 septembre à trois semaines du IVᵉ congrès du parti. Le Premier ministre vient de présenter à grand fracas de communication son fameux « plan de relance » : 100 milliards pour les capitalistes, qui s’ajoutent aux 460 milliards déjà votés. 560 milliards en tout, l’équivalent de deux fois le budget de la nation ! 

Les mêmes « plans de relance », déversant des centaines de milliards de dollars et d’euros, ont été adoptés dans la plupart des grands pays capitalistes. Jamais dans l’histoire du système capitaliste, on n’avait vu la minorité exploiteuse accumuler autant de richesses et si vite entre ses mains : en une seule semaine fin août, les 500 milliardaires les plus riches du monde ont vu leurs revenus augmenter de 209 milliards de dollars (agence Bloomberg, 29 août 2020) ! 

Pourquoi pas 560 milliards
pour sauver le peuple travailleur ? 

Les mots ont un sens : ils appellent cela « plan de relance » parce qu’il s’agit pour eux de relancer leur économie. Leur économie a pour fondement l’exploitation de la force de travail, elle repose sur la réalisation du profit. Toute production, même si elle est utile à la société, est décrétée inutile si elle ne dégage pas du profit (qui enrichit les capitalistes). C’est pourquoi, en ce moment, nous assistons en France et dans le monde entier à une destruction massive de richesses, de moyens de production, d’usines, de machines et des emplois, donc de la force de travail. Il est officiellement question de centaines de millions de chômeurs supplémentaires à l’échelle de la planète. 

560 milliards d’euros ! À en croire les représentants du gouvernement et du patronat, il ne faudrait pas tout globaliser mais au contraire distinguer entre les prêts garantis par l’État, les subventions aux entreprises, les exonérations de « charges sociales» et d’impôts pour les patrons, le financement du chômage partiel… 

À ces explications qui visent à les embrouiller, les travailleurs sont en droit de répondre : « Messieurs les Ministres et les capitalistes, vous pouvez tourner les choses comme vous le voulez, la vérité reste que vous sortez 560 milliards d’euros pour que votre économie soit profitable. La vérité, c’est que parmi les nombreuses entreprises qui ont bénéficié d’un prêt garanti par l’État mis en place par le vote unanime du 19 mars à l’Assemblée nationale, Renault a obtenu 5 milliards d’euros pour supprimer 4 600 emplois, Air France a obtenu 7 milliards d’euros pour licencier 7 500 travailleurs, et beaucoup d’autres encore. 

Et dans le même temps, vous enfoncez chaque jour davantage les travailleurs et les familles ouvrières. Vous faites payer les masques pour les enfants dans les écoles, vous imposez le chômage partiel de longue durée avec les pertes de salaires qu’il entraîne et vous encouragez vous-mêmes les plans de centaines de milliers de licenciements. 560 milliards pour aider les capitalistes ? Pourquoi pas 560 milliards pour sauver le peuple travailleur ? » 

Le vote du 19 mars
a scellé une véritable union sacrée 

C’est la raison pour laquelle le POID considère comme un véritable scandale du point de vue de la démocratie – c’est-à-dire de la loi de la majorité – le vote du 19 mars à l’Assemblée nationale, par lequel les députés de « gauche » ont voté à l’unanimité avec leurs collègues de droite et les macronistes en faveur de la première tranche – 343 milliards ! – d’aides aux patrons. Ce vote a scellé une véritable union sacrée dont le ciment est la « relance de l’économie » qui doit passer par la relance du profit. 

Nous affirmons au contraire que le premier devoir de la société, c’est de permettre à chacun de ses membres de vivre dignement de son travail. Pour cela, il faut qu’il y ait du travail. Voilà pourquoi le maintien des emplois et l’interdiction des licenciements sont le premier acte non pas d’un plan de relance du profit mais d’un plan de réorganisation et de reconstruction de la société afin de garantir le droit de vivre de l’immense majorité. Un plan pour permettre aux travailleurs, y compris les couches les plus précaires (jeunes, migrants, mères de famille, etc.), de vivre dignement. 

Depuis plusieurs mois, des millions de manifestants contre le racisme aux États-Unis reprennent le mot d’ordre : « Black lives matter », « la vie des Noirs compte ». C’est une exigence vitale : la vie des Noirs compte, et dans le monde entier, la vie des travailleurs et des jeunes doit compter. 

Pour cela, dans notre pays, les 560 milliards doivent être confisqués et mobilisés pour l’emploi et les licenciements interdits. Répétons-le : c’est le point de départ de toute reconstruction de la société sur des bases conformes à la démocratie, c’est-à-dire aux intérêts de la majorité. 

Besoin d’écoles, d’hôpitaux, de services publics… 

Qui osera dire que l’on n’a pas besoin de maintenir les emplois existants et d’en créer de nouveaux ? Prenons la question de la rentrée scolaire. Douze millions d’élèves sont rentrés sans qu’aucun moyen supplémentaire n’ait été dégagé pour faire face au retard scolaire accumulé, aucun enseignant recruté pour dédoubler les classes et permettre à la jeune génération de rattraper le temps perdu. Répondre à ces besoins exigerait l’embauche de dizaines de milliers d’enseignants supplémentaires et non de licencier des milliers de contractuels comme le fait le gouvernement. 

Et que dire de la protection sanitaire dans les établissements scolaires ? Peut-on la garantir avec les effectifs actuels des personnels d’entretien des collèges, des lycées, des écoles ? Non ! Pour cela, l’embauche de dizaines de milliers de personnels d’entretien serait indispensable pour protéger les enfants et les enseignants. 

La pandémie justement: face au risque d’une deuxième vague, qui osera dire que le système hospitalier est prêt? Des services ont-ils été ouverts, des hôpitaux ont-ils été créés ? Non, au contraire ! Cyniquement, après avoir fait applaudir les personnels soignants, après avoir été contraint par leur mobilisation à céder une augmentation de salaire substantielle, le gouvernement continue à fermer hôpitaux entiers et services. 

Besoin d’écoles, d’hôpitaux, de services publics, de moyens de transport: répondre à ces besoins exigerait de développer les secteurs du bâtiment et des travaux publics. 

Et que dire de la recherche ? Pour combattre le coronavirus, ne faudrait-il pas affecter les moyens nécessaires à l’embauche de chercheurs, à la recherche fondamentale pour accélérer la découverte d’un vaccin et d’un traitement efficace ? Et que dire du dépistage ? Aujourd’hui encore, huit mois après le début de la pandémie, il est très difficile de se faire dépister. 

Ne faudrait-il pas créer un réseau national de laboratoires permettant, sous le contrôle de l’État, un dépistage systématique comme cela s’est fait dans d’autres pays ? 

Ajoutons que le maintien des emplois et donc des salaires, c’est la reprise de la consommation et donc le maintien des emplois aussi dans tous les secteurs de production, des biens de consommation, dans la distribution, dans le commerce… 

Rupture, Reconstruction, Réorganisation 

Oui, nous sommes en droit d’affirmer que mobiliser ces 560 milliards pour le maintien et la création des emplois nécessaires permettraient une « relance » effective d’une économie basée non sur la recherche du profit mais sur la réponse aux besoins fondamentaux du plus grand nombre. 

Cela exige une planification, non pas le plan décrété par Macron avec son haut-commissariat présidé par l’ex-ministre Bayrou et que certains à « gauche » croient utile d’applaudir bruyamment. Non, un plan qui passe par la nationalisation sans indemnité ni rachat de toute une série de secteurs de l’industrie, par la confiscation des 560 milliards, par la nationalisation des banques et la centralisation d’une banque unique au seul service de la reconstruction et de la réorganisation d’une économie au service de la population et par la renationalisation des services publics. 

Car si on se place du point de vue de la classe ouvrière et de la démocratie, ce n’est pas de la relance de la vieille économie capitaliste spéculative et parasitaire dont le pays a besoin mais de trois « R » : Rupture avec ce système, Reconstruction d’une économie au service de la population, Réorganisation de la société pour la satisfaction des besoins humains. 

Pour cela, il est urgent de rompre avec la continuité des quarante dernières années, dont tous les gouvernements successifs, de « gauche » comme de droite, ont mené des politiques de privatisation, de destruction des services publics, de déréglementation et de réformes anti-ouvrières et antisociales, en tentant d’y associer les organisations syndicales. Cette continuité doit être brisée. 

Et qu’on ne nous dise pas qu’il faut attendre l’élection présidentielle de 2022. D’abord parce que cela voudrait dire que d’ici là la situation continue à se dégrader, permettant aux patrons et au gouvernement de détruire encore plus d’emplois. 

C’est au peuple de définir
ce que doivent être la forme
et le contenu du pouvoir politique 

Ensuite parce que l’élection tous les cinq ans d’un roi sans couronne, ce n’est pas la démocratie. La Vᵉ République est chaque jour davantage un régime bonapartiste où tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du président au seul service des intérêts capitalistes, une monarchie de plus en plus autoritaire qui prend des mesures liberticides et répressives contre les droits démocratiques. 

Pour le Parti ouvrier indépendant démocratique, l’issue ne viendra pas de l’élection présidentielle. C’est au peuple de définir ce que doivent être la forme et le contenu du pouvoir politique. Il faut abroger l’élection du président de la République au suffrage universel. Une Assemblée constituante pourra le décider. Une assemblée de délégués élus et mandatés par le peuple travailleur prenant entre ses mains tous les pouvoirs, à commencer par celui d’abolir les institutions existantes et de briser le lien de subordination à l’Union européenne. 

Une telle Assemblée constituante représentative du peuple travailleur pourra décider que les 560 milliards garantissent l’emploi et les salaires. Une telle assemblée établissant la démocratie rendra possible la mise en place d’un authentique gouvernement des travailleurs par les travailleurs, pour les travailleurs, qui rompra définitivement avec les institutions de l’Union européenne et de la Vᵉ République. 

L’unité peut et doit se réaliser
sur l’interdiction des licenciements 

Pour avancer dans cette direction, le POID invite travailleurs et militants à débattre de ses propositions.

Aucun doute n’est possible sur le fait que dans les semaines à venir les travailleurs vont être amenés à agir. Pour notre part, nous affirmons que l’unité peut et doit se réaliser sur l’interdiction des licenciements, point de départ de toute politique rompant avec les intérêts capitalistes et répondant au besoin de l’immense majorité. 

Les positions du POID ne sont pas à prendre ou à laisser, nous les soumettons à la discussion et à la réflexion. 

Nous invitons les travailleurs, militants et jeunes, dans cette situation extraordinairement difficile (mais où, nous le savons, l’heure est plus que jamais au combat), à participer aux discussions dans le cadre des assemblées du POID préparatoires au congrès et, membres ou non du POID, à se saisir de cette occasion pour ensemble élaborer la réponse à la question : quelle reconstruction de ce pays dévasté, quelle réorganisation de la société qui répondent enfin aux besoins de la majorité et non pas aux exigences du profit capitaliste ? 

Adoptée à l’unanimité par le bureau national du POID le 5 septembre 2020.