Réforme des retraites Ils abattent leurs cartes

A la une de la Tribune des travailleurs du 25 septembre 2019

Depuis des mois, le gouvernement Macron-Philippe-Delevoye concocte sa réforme des retraites.

Il s’agit d’en finir avec les 42 régimes spéciaux et de mettre en place un système « universel » par points pour remettre en cause l’ensemble des droits collectifs.

Chaque jour, de nouvelles annonces montrent à quel point ce nouveau système est une entre- prise de liquidation de tout ce qui existe actuellement :

• La pension de réversion versée au conjoint survivant jusqu’à présent à partir de 55 ans ne serait plus versée qu’à partir de 62 ans (L’Opinion, 17 septembre 2019).

• Alors que Delevoye assure que 10 euros cotisés donneront un point qui rapportera 0,55 euros de retraite, des experts prouvent, chiffres à l’appui, que le rendement réel sera de 4,95 % et non de 5,5 % (groupe d’experts de l’Institut de la protection sociale, IPS).

• Il faudra allonger de deux ans l’âge moyen de départ à la retraite, qui devra passer de 63 à 65 ans, soit par relèvement de l’âge minimum, soit par l’instau- ration d’un âge pivot, soit par un allongement de la durée de cotisation (Jean Peyrelevade, ancien directeur de cabinet ministériel, Les Echos, 11 septembre).

C’est contre ces mesures et contre l’ensemble de la réforme des retraites du gouvernement que se mobilisent des centaines de milliers de travailleurs, en faisant grève et manifestant, les 13, 16, 19, 21 et 24 septembre.

Au centre de toutes les discussions, dans les entreprises, dans les manifestations : « Comment y arriver ? Il faut s’y mettre tous ensemble. On y travaille. »

Tel est l’objectif de la rencontre nationale des comités pour l’unité pour le retrait de la réforme des retraites du 12 octobre : combattre pour l’unité à tous les niveaux pour la grève générale pour le retrait de la réforme Macron-Delevoye, salariés du public ou du privé, syndiqués, non syndiqués.

Appel du IIIᵉ Congrès du POID « Un fait révoltant »

Nous, délégués au IIIe Congrès du Parti ouvrier indépendant démocratique, venus de 62 départements, nous voulons informer les travailleurs et les jeunes d’un fait révoltant dont nous avons discuté dans notre congrès. 

Au moment même où Macron réunit les élus et engage son prétendu « grand débat national », l’agence gouvernementale France Stratégie publie à la demande du gouvernement une note intitulée « Où réduire le poids de la dépense publique ? » *. 

Cette note dénonce les retraites et l’assurance maladie comme pesant le plus lourd dans les dépenses de l’État. 

Mensonge ! La Sécurité sociale, comme les régimes de retraite, ce n’est pas le budget de l’État, c’est le salaire différé des travailleurs, partie intégrante du salaire ouvrier ! 

Honte ! Cette note gouvernementale affirme en toutes lettres que les travailleurs, en France, bénéficient de pensions trop élevées et qu’ils sont beaucoup trop riches comparativement aux travailleurs des autres pays d’Europe. En fait, dans tous les pays les travailleurs sont confrontés aux mêmes attaques de l’Union européenne et des gouvernements à ses ordres. 

La note gouvernementale dénonce le fait que les travailleurs en France vivent trop longtemps à la retraite comparés à ceux des autres pays. L’objectif est clair : il faut que les travailleurs partent plus tard à la retraite avec des pensions amputées. Bref, que notre vie s’achève plus tôt qu’aujourd’hui et dans des conditions misérables. 

Voilà ce que Macron voudrait imposer en déchaînant une répression féroce contre les travailleurs et les jeunes et en voulant supprimer le droit de manifester. 

Voilà ce que Macron a mis au point pendant qu’il amuse la galerie avec son grand débat. 

Il faut faire cela, prétend-il, pour réduire les dépenses de l’État. Réduire les dépenses de l’État ? Et les 40 milliards d’euros versés aux patrons au titre du CICE prétendument pour créer des emplois et qui n’en ont jamais créé un seul ? Et les 57 milliards de dividendes versés aux actionnaires des 40 groupes du CAC 40 pour l’année dernière, produits de l’exploitation des travailleurs ? Et les 41 milliards d’intérêts de la dette versés aux grandes banques internationales ? 

Le « grand débat » n’est pas seulement un écran de fumée, c’est une mystification sur le fond : derrière le rideau du « grand débat » de nouveaux coups, les plus brutaux, se préparent contre les droits des travailleurs, coups auxquels Macron voudrait associer ceux qu’il appelle les « corps intermédiaires », les élus et les syndicats de travailleurs. 

C’est bien une politique de classe que Macron met en œuvre, la politique dictée par les banquiers, les capitalistes, les spéculateurs et l’Union européenne. 

À cette politique de classe, nous estimons urgent que s’oppose une autre politique de classe. Celle-ci se concentre dans un mot d’ordre très simple : « Ne touchez pas à nos régimes de retraite ! Retrait du projet de réforme du gouvernement ! ». Et aussi : retrait de toutes les contre-réformes qui frappent la SNCF, le droit du travail, les services publics et l’instruction publique. 

L’unité des travailleurs et de la jeunesse est indispensable. S’il s’agit de bloquer cette offensive du gouvernement, il n’y a pas trente-six façons : la grève générale ouvrière est le seul moyen pour défendre et préserver les intérêts du peuple travailleur face à une minorité de profiteurs et de spéculateurs qui n’ont d’autre préoccupation que de faire grossir leurs profits. 

On entend de toute part : il n’y a pas de perspective politique. Si, il y a une perspective politique. Chasser Macron, mais pas seulement : chasser la Ve République et ses institutions antidémocratiques, en finir avec les diktats de l’Union européenne, abroger ses traités et former un gouvernement ouvrier qui prenne les mesures indispensables de préservation du peuple travailleur. 

À cet effet, notre congrès a adopté un projet de programme d’action politique que nous soumettons à la discussion. Non seulement pour ses propositions concernant le gouvernement ouvrier, mais aussi pour ses propositions d’action : nous voulons aider à ouvrir la voie à l’action de millions et de millions d’hommes, de femmes, de jeunes, de toute la classe ouvrière rassemblée qui abattra cette politique de misère et de déchéance. 

Voici, résumées brièvement, les propositions de notre congrès. À ceux qui les partagent, nous proposons de travailler à une construction commune pour bâtir dans ce pays un parti ouvrier se situant sur le terrain de classe. 

À tous, nous faisons la proposition de venir en discuter dans les réunions publiques et assemblées que le POID organisera dans tous les départements de ce pays dans les prochaines semaines. 

* https://www.strategie.gouv.fr/publications/reduire-poids-de-depense-publique 

Adopté à l’unanimité 

Lisez toutes le compte-rendu du IIIe congrès du POID dans La Tribune des travailleurs.

Prenez contact avec le POID. 


Fermeture des services d’urgences dans les hôpitaux Halte au désastre !

Fermeture des services d’urgences dans les hôpitaux
Halte au désastre !

Chaque jour, la liste des services d’urgences « en crise » s’allonge.
Cent trente services d’urgences (environ un sur six) seraient déjà contraints, aujourd’hui, à une fermeture partielle ou totale. Combien cet été ?

Des médecins urgentistes alertent :
• « La situation est catastrophique. Je n’accuse pas les personnels, mais les pouvoirs publics
qui veulent créer une situation de chaos pour fermer des structures (…). Nous allons avoir des décès inopinés et involontaires dans les structures. Cela va être renforcé par l’afflux massif de touristes dans des zones balnéaires où les hôpitaux ne fonctionnent plus, ou seulement avec des médecins intérimaires » (Patrick Pelloux, président du Syndicat des médecins urgentistes hospitaliers de France, Ouest France, 18 mai).
• « Nous craignons que ce système de régulation (par les fermetures ponctuelles des services des urgences) qui sert à réduire le nombre d’entrées de patients chaque jour s’inscrive dans la durée.
Cela ne touche plus seulement les petits hôpitaux et les zones rurales, mais aussi les grosses structures, un tiers des CHU est concerné. » (Docteur François Braun, chef du service des urgences à l’hôpital de Mercy, en Moselle, président de Samu-Urgences de France, France 3 Lorraine, 18 mai).

Combien de drames se dérouleront cet été qui, pourtant, pourraient être évités ?
Brigitte Bourguignon, nouvelle ministre de la Santé, a déclaré, lors de sa passation de pouvoir avec Olivier Véran, : « Ma feuille de route est claire, c’est celle du président. »
La feuille de route de Macron, on la connait ! Fermeture de milliers de lits, même pendant l’épidémie de Covid, fermeture des services d’urgences dans tout le pays entraînant le tri des malades, la déprogrammation de nombreuses interventions… et l’épuisement des personnels.
La seule « feuille de route » acceptable pour les soignants et les patients est celle qui permettrait :
• L’embauche massive et immédiate de dizaines de milliers de personnels, avec un salaire attractif.
• La réouverture de tous les lits et services fermés permettant un véritable accès aux soins pour tous.
C’est la « feuille de route » exigée par tous ceux qui manifestent aujourd’hui – soignants, élus, population – pour sauver des vies.
C’est celle que déciderait un gouvernement au seul service du peuple travailleur.

RASSEMBLONS-NOUS AU MEETING du POID, le SAMEDI 21 MAI 2022, À 14H30, ESPACE CHARENTON

Pour un gouvernement au service de la majorité Pour un gouvernement du peuple travailleur sans Macron ni patrons

Pour un gouvernement au service de la majorité
Pour un gouvernement du peuple travailleur
sans Macron ni patrons

Chaque jour qui passe, la situation des travailleurs, des jeunes et des familles se dégrade.
L’inflation mange le pouvoir d’achat.
La situation des hôpitaux devient dramatique faute de personnels et de services (fermés).
Des millions d’enfants et de jeunes sont condamnés à une scolarité par intermittence du fait du non-remplacement des enseignants malades.
Le nombre de familles mal logées ne cesse de grandir.
Au nom de la récession, les patrons accélèrent les plans de licenciement et le chômage partiel imposé.
Il faut prendre des mesures d’urgence ! Quel gouvernement osera les imposer ?
Quel gouvernement osera pour cela prendre l’argent là où il est : dans les 607 milliards d’euros de fonds publics offerts aux capitalistes (qui s’en servent pour licencier et spéculer) ; et dans les 160 milliards de profits des entreprises du CAC 40 en 2021 ?
Prenant les moyens là où ils sont, un gouvernement du peuple travailleur :
• imposera l’augmentation générale des salaires, des minima sociaux et des pensions
de 10 % pour rattraper l’inflation ;
• bloquera le prix des produits de première nécessité ;
• recrutera les 100 000 enseignants remplaçants nécessaires pour répondre aux besoins urgents ; il mettra en place les structures et les personnels spécialisés adaptés à la prise en charge des 400 000 enfants en situation de handicap ;
• recrutera les 200 000 personnels du secteur hospitalier et médico-social qui font défaut ;
• prendra toutes les mesures nécessaires pour le logement, les services publics…
Le coût de ces mesures ? 56 milliards d’euros pour les salaires du privé, 21 milliards pour les salaires du public, 20 milliards pour l’école, 10 milliards pour les hôpitaux. Soit un total de 107 mil- liards d’euros qu’un gouvernement décidé à sauver le peuple du désastre saura financer en confisquant les sommes nécessaires dans les 607 milliards offerts par l’État aux patrons, dans le budget de la guerre (50 milliards), dans les intérêts versés aux banques pour la dette (45 milliards) ou dans les 160 milliards de profits du CAC 40.
Ces revendications ne sortent pas de nulle part. Salaires, emplois, conditions de travail, école, santé, logement… ce sont les revendications pour lesquelles les travailleurs se mobilisent et font grève avec leurs syndicats depuis des mois.

L’heure est venue d’y répondre !

L’heure est venue d’un gouvernement qui prenne les mesures qui s’imposent !
La « Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) » constituée le 7 mai se fixe de gagner les élections législatives pour former un gouvernement qui mènera, affirme-t-elle, « une politique de rupture ». Très bien !
Mais en même temps, Jean-Luc Mélenchon s’engage à respecter les institutions de la Ve République en cohabitant avec Macron (ce qui revient à « gouverner » sous son contrôle).
Ces deux affirmations sont contradictoires.
Si un gouvernement, demain, décide de prendre tous les moyens pour répondre aux besoins urgents du peuple, nul doute que Macron ne le voudra pas, et que lui et les patrons s’y opposeront.
L’alternative est posée :
• ou bien gouverner pour la majorité qui vit de son travail, et alors il faut rompre avec Macron et les patrons ;
• ou bien se soumettre aux institutions et au président Macron, et donc à la minorité capitaliste qui vit de l’exploitation, et dont Macron est le porte-parole.
D’une manière ou d’une autre, par les élections, par l’action directe de millions et de millions, ou dans une combinaison des deux, les revendications devront être satisfaites.
Tel est le programme sur lequel se présentent les candidats du Parti ouvrier indépendant démocratique.
Pour un gouvernement du peuple travailleur sans Macron ni patrons, le POID appelle les travailleurs et les jeunes décidés à agir en ce sens à s’organiser avec lui.
Le bureau national, le 10 mai 2022

Ne touchez pas à nos retraites !

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Ne touchez pas à nos retraites !

Macron le martèle depuis des mois : il faudra travailler plus longtemps.
Il prévoit donc de repousser de 62 à 64 ans, puis à 65 ans, l’âge de départ à la retraite, avec ajout de 4 mois par an dès 2023 et jusqu’en 2032.
L’argument ?
Ce serait la seule manière de financer le système de retraite. C’est un mensonge : selon le Comité d’orientation des retraites lui-même (services du Premier ministre), l’équilibre financier du système n’est pas du tout menacé et son financement est assuré jusqu’en 2070 !
Quelles conséquences pour les travailleurs ?
Déjà aujourd’hui, quand les travailleurs qui atteignent l’âge de 62 ans n’ont pas la durée de cotisation pour partir (43 annuités), ils subissent une décote (diminution du montant de la pension).
Si on augmente le nombre d’annuités pour avoir droit à une retraite à taux plein, cela entraînera nécessairement une baisse très importante du nombre de travailleurs en capacité d’atteindre une retraite complète.
Ajoutons que le report de l’âge légal de départ à la retraite pénaliserait d’abord les travailleuses et les travailleurs les plus précaires.
« Une place importante pour la consultation »
Les « discussions » devraient débuter à l’automne prochain pour une adoption prévue début 2023. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a indiqué qu’il y aura « une place importante pour de la concertation »…
Une « concertation » dont le seul but serait d’associer les syndicats à un bouleversement général qui ferait disparaître tous les régimes existants, le régime général et les régimes spéciaux.
Que disent les syndicats ?
Hors de question de laisser le gouvernement repousser l’âge de départ à la retraite, déclarent les responsables de FO et de la CGT, qui évoquent des moyens de mobilisation pour empêcher cette nouvelle contre- réforme, y compris par la grève.
Conquis en 1945, le système des retraites n’a cessé, depuis sa création, de faire l’objet de nombreuses attaques, de la part du patronat et des gouvernements successifs : augmentation de la durée de cotisation, augmentation de l’âge légal de départ à la retraite, exonérations patronales, remise en cause des régimes spéciaux (qui améliorent le régime général), fiscalisation (passage de la cotisation sociale relevant de la Sécurité sociale à l’impôt relevant du budget de l’État) …
Des coups ont été portés. Mais grâce aux puissantes mobilisations des travailleurs contre toutes les contre- réformes, avec leurs organisations syndicales, le « système universel », liquidant de fait le régime général
et les régimes spéciaux et particuliers, n’a pas pu voir le jour.
Aujourd’hui, Macron s’y attelle à nouveau. Mais la lutte de classe n’a pas dit son dernier mot.

Blocage des prix ! Augmentation générale des salaires, des pensions et des minima sociaux !

Blocage des prix !
Augmentation générale des salaires,
des pensions et des minima sociaux !

Tous appelaient à voter Macron…
Pourtant, c’est l’abstention qui s’impose, la plus importante au second tour de l’élection présidentielle depuis 1969 (28 % d’abstention, soit 14 millions d’électeurs).
Une abstention très forte dans les villes et les quartiers populaires dont les habitants subissent de plein fouet la politique anti-ouvrière de Macron.
A cette abstention massive, il faut ajouter les 3 millions d’électeurs qui ont choisi de mettre un bulletin blanc ou nul dans l’urne. Au total, 35 % des inscrits n’ont pas exprimé leur suffrage.
A l’image de cet électeur qui a mis dans l’enveloppe glissée dans l’urne une liste de courses : « pâtes, riz, pain, raviolis, farine, sucre… », en face de laquelle il a écrit, souligné deux fois « TROP CHER ! »
Oui, trop chers, ces produits de première nécessité qui grèvent toujours plus le budget des familles ouvrières. Ainsi, les pâtes connaissent la plus forte hausse des prix (13,4 % en mars), devant les huiles (7,36 %), les farines (7,16 %), le café (4,5 %), le beurre (3,9 %) et les œufs (3,3 %).
Et cela pourrait se prolonger… avec, pour certains produits de base, une inflation à deux chiffres.
Et pendant ce temps-là, la rémunération des dirigeants des entreprises du CAC 40 a atteint 8,7 millions d’euros en moyenne en 2021, du jamais-vu, selon des données publiées le 20 avril.
Voilà le résultat de la politique anti-ouvrière de Macron (qui a aggravé encore celle de ses prédécesseurs).
Dans cette situation, des mesures d’urgence s’imposent, à commencer par le blocage des prix des produits de première nécessité, des carburants et de l’énergie et l’augmentation générale des salaires, des pensions et des minima sociaux.
De telles mesures impliquent de confisquer les 600 milliards que, durant deux ans, Macron et les députés ont offerts aux capitalistes.
Qui prendra de telles mesures, sinon un gouvernement au seul service des travailleurs et de leurs familles ?

MACRON MINORITAIRE, MACRON ILLÉGITIME !

MACRON MINORITAIRE, MACRON ILLÉGITIME !

Macron « élu » est minoritaire dans le pays.

Trois électeurs inscrits sur cinq ont refusé, ce 24 avril, de voter pour lui. Ils sont plus nombreux encore à rejeter sa politique, puisqu’une large partie de ses électeurs n’ont agi que pour barrer la route à l’extrême-droite.

Deux semaines plus tôt, au premier tour, Macron avait déjà été rejeté par 80 % des électeurs inscrits, particulièrement dans l’électorat ouvrier, populaire et jeune en conséquence de la politique anti-ouvrière, anti-sociale, anti-démocratique menée depuis cinq ans.

Son « élection » du 24 avril, Macron la doit :

  • aux institutions anti-démocratiques de la Ve République qui réduisent le droit de vote à la nomination de celui qui s’installe à l’Élysée pour y exercer tous les pouvoirs au service de la classe capitaliste ;
  • à l’appel de la plupart des dirigeants de gauche et de droite à voter pour lui, dans le prolongement du vote unanime des députés offrant le 19 mars 2020 343 milliards d’euros aux capitalistes ; et du vote des députés français de « gauche » au Parlement européen aux côtés de ceux de droite pour intensifier l’effort de guerre et pour en faire supporter les conséquences aux peuples.

Pour qui se place du point de vue de la démocratie, c’est-à-dire de la loi de la majorité, Macron est illégitime.

Le record d’abstention ce 24 avril indique que la majorité du peuple a refusé de voir dans le vote Macron la défense de la démocratie.

La défense de la démocratie ce sont les travailleurs et les jeunes qui s’organisent pour la défense de leurs droits et de leurs revendications.

Fragilisé par cette élection, Macron va, sans doute, en appeler aux organisations représentant les intérêts des travailleurs pour les associer aux plans exigés par les capitalistes, en particulier sur les retraites et le pouvoir d’achat.

À cela, les travailleurs et les jeunes opposeront leur action indépendante pour les revendications en particulier pour l’augmentation générale des salaires et des pensions et leur indexation sur l’inflation, le blocage de tous les prix des produits alimentaires de  première nécessité, de l’énergie, et des loyers, le rejet de toute réforme des retraites allongeant l’âge de départ. Et plus généralement, les revendications permettant de faire face aux besoins urgents en matière d’école, d’hôpitaux, de services publics.

La satisfaction de ces revendications supposera de ne pas craindre de puiser dans les plus de 600 milliards que, durant deux ans, Macron et les députés ont offerts aux capitalistes (qui n’ont jamais fait de profits aussi florissants) et de remettre en cause les budgets de guerre que le gouvernement aux ordres de l’Otan augmente constamment.

Au-delà, le triomphe de la démocratie exige d’en finir avec les gouvernements et les institutions au service de la petite minorité qui vit de l’exploitation du travail d’autrui. Le triomphe de la démocratie, c’est un gouvernement et des institutions de la majorité, celle qui n’a que son travail pour vivre. Pour permettre l’avènement d’un tel gouvernement, le POID vous appelle à rejoindre ses rangs.

Nos mots d’ordre sont clairs : unité des rangs ouvriers en toute indépendance de classe, aucun accommodement avec Macron, aucune union nationale, aucune cohabitation avec ce président minoritaire !

C’est ce que défendront les candidats du Parti ouvrier indépendant démocratique présents dans les élections législatives dans 115 circonscriptions du pays.

Montreuil, le 24 avril 2022, 21 h 30

À Jean-Luc Mélenchon et aux dirigeants de La France insoumise

Montreuil, le 21 avril 2022

À Jean-Luc Mélenchon et aux dirigeants de La France insoumise

Nous avons pris connaissance des lettres adressées par La France insoumise au Parti communiste français, à Europe Écologie-Les Verts et au NPA afin de jeter les bases d’un rassemblement pour les élections législatives. Cette lettre ne nous est pas destinée. C’est logique : vous connaissez notre désaccord sur le programme de l’Union populaire, qui doit constituer le socle de votre proposition de rassemblement (comme vous connaissez nos désaccords sur le vote unanime auquel les députés de La France insoumise ont participé le 19 mars 2020, accordant 343 milliards d’euros aux capitalistes et aux spéculateurs, et le vote des députés de La France insoumise au Parlement européen les 1er mars et 7 avril approuvant l’escalade militaire à l’est de l’Europe).

Le but du présent courrier n’est pas la recherche d’un accord en vue des prochaines législatives.

Pour autant, nous ne sommes pas indifférents à la discussion ouverte par vos courriers. Nous avons entendu Adrien Quatennens proposer « d’imposer une cohabitation » à Macron. Nous avons lu l’interview de Mathilde Panot déclarant : « Nous voulons être majoritaires pour gouverner le pays. Nous n’allons pas aux législatives pour avoir un maximum de députés mais pour appliquer notre programme l’Avenir en commun. » Nous avons entendu Jean-Luc Mélenchon déclarer : « Je demande aux Français de m’élire Premier ministre. Je leur demande pour m’élire Premier ministre d’élire une majorité de députés insoumis, insoumis et Union populaire. »

Dimanche 24 avril, la Vᵉ République sera dotée d’un nouveau président, à l’issue d’un second tour dans lequel, en conséquence de la division, ne figure aucun candidat revendiquant la défense des intérêts des travailleurs. Dans ce contexte, serait-il indifférent que le Premier ministre soit ou non Jean-Luc Mélenchon ?

La solution la plus favorable aux intérêts des travailleurs, c’est celle qui permettra qu’au moins un certain nombre de mesures soient prises dans le sens de leurs intérêts. Un gouvernement dirigé par La France insoumise, dans le contexte de la Vᵉ République, peut-il réaliser cela ? « Élisez-moi Premier ministre », propose Jean-Luc Mélenchon en direction des électeurs. Jean-Luc Mélenchon sait – et nous savons tous – que, sous la Vᵉ République (dont nous voulons tous l’abolition), c’est le président de la République qui est élu au suffrage universel et non le Premier ministre. Comme le veut la Constitution, c’est le président qui concentre entre ses mains l’essentiel des pouvoirs et qui nomme le Premier ministre dont les prérogatives sont constitutionnellement limitées. En un mot : le Premier ministre et son gouvernement sont sous la tutelle du président. Toutefois, nous comprenons qu’à travers cette formule Jean-Luc Mélenchon a voulu dire : « Nous revendiquons de gouverner sur notre programme. » Cette affirmation mérite d’être prise au sérieux. Le programme de La France insoumise n’est pas le nôtre. Mais il est certain que même un début de mise en œuvre de ce programme marquerait une différence par rapport à ce que ferait un autre gouvernement.

Par conséquent, notre préoccupation – partagée par un grand nombre de travailleurs, de militants, de jeunes de toutes tendances – peut être résumée ainsi : êtes-vous prêts à vous donner tous les moyens d’appliquer, ou à tout le moins de commencer à appliquer, ce programme qui est le vôtre ?

Dans la situation terrible qui frappe les travailleurs, les familles populaires et la jeunesse aujourd’hui, cela implique des mesures d’urgence. À commencer par le blocage total de tous les prix de produits de consommation courante, des carburants et des loyers face à une inflation qui galope et l’immédiat relèvement de tous les salaires, pensions et minima sociaux.

Face à l’imminence d’une rentrée scolaire catastrophique pour septembre 2022, cela suppose de dégager immédiatement tous les moyens de nomination des dizaines de milliers d’enseignants et de personnels de manière à rétablir les conditions d’une scolarisation normale de la jeune génération et d’abroger les contre- réformes destructrices du baccalauréat, de Parcoursup

Face à cet autre désastre que constitue la situation hospitalière, cela implique de dégager sans délai les moyens de l’embauche des 100 000 personnels soignants nécessaires, de rouvrir sans délai les lits et les services fermés dans les hôpitaux.

Urgence également à abroger les contre-réformes destructrices et, pour commencer, à préserver les régimes de retraite en s’opposant, a minima, à tout allongement de l’âge de départ à la retraite.

Pour cela, il ne faut pas hésiter à prendre les moyens nécessaires à ces mesures là où ils sont, en particulier parmi les centaines de milliards distribués aux capitalistes depuis deux ans au prétexte de la lutte contre la pandémie dont on sait l’usage qui en a été fait.

Urgence immédiate aussi la sortie de la France du commandement militaire de l’OTAN, dans un processus de dégagement de cette alliance militaire au service de l’impérialisme américain.

Toutes ces mesures sont présentes soit dans le programme de La France insoumise, soit dans les dernières propositions formulées par Jean-Luc Mélenchon ou d’autres dirigeants de votre mouvement. Notre démarche ne consiste donc pas à vous demander d’appliquer un autre programme que le vôtre. Mais il est important dans l’intérêt du peuple travailleur de savoir si vous comptez vous donner les moyens de mettre en œuvre sans délai votre programme.

C’est sur ce point que des équivoques doivent être levées. Nous avons entendu la revendication par Quatennens d’une cohabitation. L’histoire nous apprend ce que veut dire la cohabitation. Le seul gouvernement sous la Vᵉ République qui a vu un Premier ministre de gauche cohabiter avec un président de droite fut, de 1997 à 2002, le gouvernement Chirac-Jospin (qui comprenait de nombreux ministres socialistes, Verts, communistes…). C’est le premier gouvernement qui a appliqué le plan Juppé destructeur de la Sécurité sociale, contre lequel s’étaient dressés des millions de travailleurs en grève et en manifestation avec les syndicats un an plus tôt, un plan dont tous les dirigeants de gauche avaient juré qu’ils imposeraient le retrait. Ce gouvernement est entré aussi dans l’histoire pour être celui qui a le plus privatisé de toute la Vᵉ République. C’est aussi le gouvernement qui a décidé la participation de la France à l’intervention militaire de l’OTAN en Afghanistan. La cohabitation Chirac-Jospin, sur un plan constitutionnel, fut très respectueuse des règles de la Vᵉ République ; sur le plan social, économique, politique, elle a été marquée par une politique de régression qui n’a rien eu à envier à ce qu’aurait été une politique d’un gouvernement de droite.

La cohabitation implique de se subordonner et aux institutions de la Vᵉ République et à l’accord nécessaire avec un président élu sur un programme de régression sociale et qui compte bien veiller à son application. Ou bien votre intention est-elle, du point de vue de la démocratie dont vous vous réclamez, de considérer qu’ayant reçu un mandat majoritaire du peuple lors des élections législatives, vous avez le droit et le devoir de le mettre en œuvre ?

Dans ce cas, il est probable que le président élu sur un programme contradictoire tentera de s’y opposer en invoquant les règles de la Vᵉ République. Dans cette hypothèse, la question clé sera : qui dirige ?

Votre position sera-t-elle alors de rejeter ces diktats et d’engager immédiatement le processus de convocation de l’élection à une Assemblée constituante souveraine par laquelle le peuple définira le contenu social et les formes politiques d’une authentique démocratie, balayant la monarchie présidentialiste ? Si tel est le cas, vous serez amenés, nous en sommes convaincus, à en appeler à la mobilisation de millions et de millions de travailleurs et de jeunes pour permettre que la démocratie l’emporte sur toutes les résistances que la réaction ne manquera pas de dresser.

Nous sommes convaincus qu’alors les travailleurs et les jeunes se mobiliseront en ce sens. Soyez assurés que le Parti ouvrier indépendant démocratique, pour sa part, à la hauteur des moyens qui sont les siens, saura prendre sa part dans le combat pour imposer, sinon une rupture complète avec l’ordre capitaliste, au moins les premières mesures sur la voie de la rupture. Sans pour autant que nous renoncions à notre propre programme politique de combat pour un gouvernement des travailleurs et de la démocratie, pour le socialisme.

Nous voulons croire que vous clarifierez votre position sur cette question essentielle : ou bien cohabiter et de fait se soumettre aux règles de la Vᵉ République qui donnent la prééminence du pouvoir à un président et à la réaction capitaliste qui l’a porté au pouvoir ; ou bien assumer le mandat de la majorité, le mandat démocratique que vous sollicitez et ne pas hésiter pour appliquer votre propre politique à vous engager sur la voie de la rupture.

Notre démarche n’a aucun caractère polémique. Si une possibilité existe d’une amorce de rupture allant dans le sens des intérêts des travailleurs et de la jeunesse, d’un premier pas remettant en cause la continuité des gouvernements qui précèdent, sachez que le POID saura prendre ses responsabilités.

Nous serons attentifs à la réponse que vous voudrez bien apporter à ces questions.

Recevez, camarades, nos salutations fraternelles.

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant démocratique

Montreuil, le 21 avril 2022

« Un système de santé au bord de la rupture »

« Un système de santé au bord de la rupture »

La pénurie de personnels soignants « compromet la qualité des soins » et « contribue à la dégradation des conditions de travail », le temps d’accès aux soins trop long « conduit à des pertes de chance pour les patients ».

Qui porte cette grave accusation contre la dégradation du système de santé ?

C’est la très officielle Haute Autorité de santé qui, le 31 mars, a alerté, en conséquence, sur « l’urgence à agir face à un système de santé au bord de la rupture ».

Oui, un système au bord de la rupture quand :

  • des patients doivent rester plusieurs jours aux urgences, faute de place dans les services hospitaliers où ils devraient être redirigés (urgences de Limoges) ;
  • les personnels soignants doivent gérer 220 passages par jour, sept jours sur sept, contre 135 en moyenne les jours de semaine et 150 à 170 le week-end (urgences pédiatriques de Toulouse) ;
  • une dame âgée est retrouvée morte sur un des cinquante brancards qui se sont accumulés tout un week-end dans les couloirs du service (urgences d’Orléans).

Ce ne sont là que quelques exemples d’une situation dramatique pour les patients et les personnels, généralisée à tous les hôpitaux.

A qui la faute ? Les responsables sont ceux qui, au gouvernement – dans la continuité des politiques menées par les gouvernements successifs de droite et « de gauche » – continuent imperturbablement de fermer des lits et des services dans les hôpitaux.

Ces drames pourraient être évités si des personnels soignants étaient recrutés massivement, si leurs salaires étaient augmentés et leurs conditions de travail améliorées.

Pour le POID, ces mesures d’urgence nécessitent la confiscation des milliards offerts aux capitalistes depuis le début de la pandémie ainsi que ceux consacrés au budget militaire.

Au soir du premier tour

Un travailleur sur deux est « à cinq euros près » quand il fait les courses

Un travailleur sur deux
est « à cinq euros près »
quand il fait les courses

C’est la plus forte hausse des prix depuis près de quarante ans !
L’inflation a en effet bondi de 4,5 % sur un an en mars, soit le plus haut niveau depuis décembre 1985.
Aucun produit n’échappe à cette hausse vertigineuse, en particulier les produits indispensables aux familles ouvrières et populaires : produits alimentaires (+ 2,8 %) et en particulier produits frais (+ 7,2 % sur un an), gaz, électricité et carburants (+ 29 %).
Et ce n’est pas fini, nous annonce-t-on ! Un expert de la grande distribution estime que l’inflation alimentaire sera autour de 6 à 7 % d’ici au mois de juin (La Dépêche, 2 avril).
Pire encore, selon Les Echos (4 avril), la baisse du pouvoir d’achat des ménages pourrait atteindre un tel niveau qu’elle entraînerait une récession dès cet été.
Déjà, un travailleur sur deux se dit « à 5 euros près » au moment de faire ses courses (étude rendue publique par RMC le 4 avril). Et encore, c’est une moyenne, car la proportion est bien plus élevée chez les ménages les plus modestes (72 %).
On l’aura compris : pour le plus grand bonheur des industriels et distributeurs, c’est toujours le porte-monnaie des travailleurs et de leurs familles qui est ponctionné… Jusqu’à quand ?
Pour le POID, c’est avec cette politique qu’il faut rompre urgemment pour imposer notamment les mesures suivantes :
Blocage des prix !
Augmentation générale des salaires et des pensions !
Confiscation des centaines de milliards d’euros offerts aux capitalistes, pour les affecter aux services publics et aux besoins de la population !